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Atlas Culinaire · Thaïlande · Nord (Lanna)
Le curry porc-tamarind du Nord — héritage birman, gingembre, ail mariné, plat de fête Lanna
L'origine birmane du Gaeng Hung Lay est codifiée par David Thompson (Thai Food p.462) et Naomi Duguid (Burma: Rivers of Flavor p.278) : le mot "hung lay" dérive du birman "hin lay" (ဟင်းလေး — "curry lourd / heavy curry"), apporté en Lanna par les caravanes Shan-Yunnan- Birmanes XVIIIe-XIXe siècles, période où le royaume Lanna était sous suzeraineté birmane (1579-1775). Distinction stricte avec les autres curries thaïs : Gaeng Hung Lay utilise EXCLUSIVEMENT des épices SÈCHES birmanes (curry powder masala, garam masala, cinq épices chinois) là où les curries thaïs (TH015 Massaman, TH017 Green Curry, TH011 Tom Kha) reposent sur des aromatiques fraîches. Pas de lait de coco non plus — le bouillon est une émulsion porc-eau-tamarind, plus proche du curry indien que du curry thaï. Servi avec RIZ LONG (Jasmine), pas khao niao (sticky rice) — autre marqueur d'altérité Lanna. Andy Ricker n'inclut pas le plat dans Pok Pok (estimant qu'il est trop régional Lanna), mais le décrit comme "le plat de fête de Mae Hong Son". Pailin Chongchitnant (Hot Thai Kitchen) note que l'AIL MARINÉ (kratiem dong) et le GINGEMBRE FRAIS en julienne sont les marqueurs absolus — sans, ce n'est plus un Hung Lay. Cuisson : 2 h 30 minimum à feu doux, c'est un plat de week-end ou de Songkran (Nouvel An Lanna).
Bière Singha glacée ou Chang. Vin rouge Pinot Noir (le tamarind et la cardamome appellent le fruit). Hors alcool : nam khing (gingembre chaud), nam manao.
Plat de fête signature Lanna, central au repas khan toke (banquet royal Chiang Mai), servi pour Songkran (Nouvel An Lanna avril) et fêtes des temples (Boon Khao Sak octobre). Naomi Duguid (Burma: Rivers of Flavor p.278) documente la version birmane originale 'hin lae' à Mandalay et Shan State, montrant le pont culinaire avec Mae Hong Son. Pailin Chongchitnant (Hot Thai Kitchen) tient sa recette de sa famille Mae Hong Son.
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Couper 1.2 kg de poitrine et 300 g d'épaule en cubes de 4 cm avec la couenne. Mélanger avec 30 ml de soja noire, 15 ml de nam pla, 20 g de curry powder. Frigo 2 h minimum (idéal une nuit).
Dans mortier, piler 8 piments séchés trempés avec 5 g de sel. Ajouter 30 g de galanga, 2 tiges de citronnelle, 30 g d'ail, 60 g d'échalotes et 10 g de kapi. Piler 15 min jusqu'à pâte fine.
Dans une cocotte à fond épais, chauffer 30 ml d'huile à feu moyen. Ajouter la pâte de curry et faire suer 5 min jusqu'à ce que l'huile remonte (signe d'arôme libéré). Ajouter le porc mariné, faire colorer 10 min sur toutes les faces.
Verser 800 ml d'eau chaude. Ajouter 60 g de pâte de tamarind et 30 g de sucre de palme. Porter à frémissement, couvrir partiellement et mijoter à feu DOUX 1 h. Le porc doit commencer à attendrir.
Ajouter 60 g de gingembre frais en julienne fine, 40 g d'ail mariné (kratiem dong), 60 g de cacahuètes grillées et 30 ml de nam pla. Continuer à mijoter feu doux 1 h supplémentaire à découvert pour réduire et concentrer.
À ce stade le porc doit être tendre à la fourchette, le bouillon réduit et nappant. Goûter : équilibre tamarind/sel/sucre/épices. Ajuster nam pla et tamarind par cuillerées.
Couvrir, laisser reposer hors feu 10 min : les saveurs s'équilibrent et le bouillon s'épaissit légèrement.
Servir bouillant dans une grande terrine. À côté : riz long jasmin (PAS sticky rice), bol de coriandre fraîche, gingembre supplémentaire en julienne, citron vert en quartiers. Tradition Lanna : avec sai ua (TH035) et nam phrik num (TH039).
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