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Atlas Culinaire · Indonésie · Asie
Les buccins de mer (Laevistrombus canarium) brossĂ©s vivants puis simplement bouillis au gingembre et Ă la citronnelle, dont on extrait la chair tendre au cure-dent pour la tremper dans un sambal piment-lime-terasi â mollusque-emblĂšme de Tanjung Pinang, mangĂ© Ă la main et partagĂ© au centre de la table
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PrĂ©paration â Brosser et dĂ©gorger les gonggong vivants â Brosser une Ă une les coquilles Ă la brosse dure sous l'eau courante pour ĂŽter algues et vase, sans laisser les buccins tremper pendant le brossage (ils mourraient et s'abĂźmeraient). Les mettre ensuite Ă dĂ©gorger plusieurs heures, idĂ©alement une nuit, dans de l'eau salĂ©e, le temps qu'ils recrachent le sable logĂ© dans la coquille. C'est le geste qui distingue un gonggong net d'un gonggong graveleux dĂ©sagrĂ©able sous la dent.
PrĂ©paration â Rebouillir une premiĂšre fois â Plonger les gonggong dĂ©gorgĂ©s dans une grande casserole d'eau bouillante non salĂ©e, laisser frĂ©mir 2-3 minutes puis jeter cette premiĂšre eau avec son Ă©cume. Ce rebouillage chasse les derniĂšres impuretĂ©s et le mucus, et donne un bouillon final propre. Rincer rapidement les coquilles.
Cuisson â Bouillir aux aromates â Porter 2 litres d'eau fraĂźche Ă Ă©bullition avec le gingembre Ă©crasĂ©, la citronnelle, la feuille de salam et le sel. Y plonger les gonggong et laisser cuire SANS autre assaisonnement 10 Ă 15 minutes, pas davantage : la chair doit rester kenyal (Ă©lastique, comme du calmar), jamais caoutchouteuse. Les aromates tuent l'iode trop fort sans masquer le goĂ»t propre du buccin, qui se dĂ©guste presque nu.
Sambal â TorrĂ©fier la terasi â Si l'on utilise de la terasi, la torrĂ©fier Ă sec dans une petite poĂȘle (ou enveloppĂ©e d'aluminium) 1-2 minutes jusqu'Ă parfum noisettĂ©. Crue, elle est Ăącre et dĂ©gage une odeur ammoniaquĂ©e ; grillĂ©e, elle libĂšre l'umami profond qui signe le sambal melayu des Ăźles Riau.
Sambal â Piler le sambal asam â Piler au cobek (mortier) les piments oiseaux, les piments rouges et l'ail en pĂąte grumeleuse, puis incorporer la terasi grillĂ©e, le sel et le sucre. DĂ©tendre au dernier moment avec le jus de citron vert pour l'aciditĂ© « asam » vive qui rĂ©veille le buccin. GoĂ»ter et ajuster : il faut du feu, de l'acide et juste assez de sucre pour lier.
Finition â Ăgoutter et dresser â Ăgoutter les gonggong et les prĂ©senter brĂ»lants dans un grand plat ou un panier, coquilles vers le haut, avec le sambal asam dans une coupelle Ă part et un cure-dent (ou une petite fourchette) par convive. Ă Tanjung Pinang, on pose le plat au centre de la table pour le partage.
DĂ©gustation â Extraire, tremper, partager â Piquer la chair dans la coquille avec le cure-dent et la tirer en tournant doucement pour l'extraire entiĂšre, opercule compris (qu'on Ă©carte). Tremper aussitĂŽt la chair Ă©lastique dans le sambal asam et dĂ©guster Ă la main. Le rituel â extraire, tremper, recommencer â est aussi essentiel au plat que le buccin lui-mĂȘme.
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