Chargement de lâatlas
Atlas Culinaire · Saint-Martin · Amériques
Incontournable des tables antillaises, ce gratin transforme la discrÚte christophine en un plat réconfortant au parfum de muscade et de cive, servi dans ses propres coques comme un écrin végétal. à Saint-Martin, il accompagne aussi bien les grillades des lolos de Grand Case que les repas de famille du dimanche cÎté Marigot.
La christophine (Sechium edule), courge grimpante originaire de MĂ©so-AmĂ©rique, s'est rĂ©pandue dans toute la CaraĂŻbe crĂ©ole oĂč elle a pris le nom de christophine aux Antilles françaises, de chouchou Ă La RĂ©union et de mirliton en HaĂŻti. DiscrĂšte, gorgĂ©e d'eau, presque neutre, elle appelait une prĂ©paration qui la mette en valeur : le gratin, technique française transplantĂ©e aux Ăźles, l'a adoptĂ©e. La pulpe cuite est liĂ©e d'une bĂ©chamel muscadĂ©e, relevĂ©e de cive, d'ail et d'un piment antillais laissĂ© entier, puis servie dorĂ©e dans ses propres coques.
Avec ou sans fromage ni crÚme ? Le gratin de christophine nourrit un vrai débat entre écoles antillaises.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Cuisson de la christophine â Cuire les christophines entiĂšres en cocotte â Laver soigneusement les christophines. Les plonger entiĂšres dans une grande casserole d'eau bouillante salĂ©e (ou cuire 20 minutes Ă l'autocuiseur dĂšs la mise en pression). La cuisson Ă l'eau entiĂšre Ă©vite que la pulpe absorbe trop d'eau. VĂ©rifier la cuisson en piquant avec un couteau : il doit s'enfoncer sans rĂ©sistance, mais la christophine ne doit pas se dĂ©faire â elle doit rester ferme pour ĂȘtre facilement coupĂ©e en deux.
Le pourquoiCuire le légume entier, dans sa peau, limite la prise en eau : la chair reste dense et s'égouttera bien plus tard, tandis que la peau intacte se transformera en coque de service. On vise une chair fondante mais qui tient encore, pour pouvoir la fendre proprement en deux.
Extraction de la pulpe â Ăvider les christophines et rĂ©cupĂ©rer la pulpe â Laisser tiĂ©dir les christophines 10 minutes. Couper chaque christophine en deux dans le sens de la longueur. Retirer le noyau central filandreux avec la pointe d'un couteau. Creuser dĂ©licatement la pulpe avec une cuillĂšre Ă soupe en laissant environ 5 mm de chair sur la peau pour que les coques tiennent. RĂ©server les coques cĂŽtĂ© bombĂ© vers le haut sur une plaque. La pulpe doit ĂȘtre douce et translucide.
Le pourquoiOn laisse environ 5 mm de chair contre la peau pour que la coque reste rigide et serve d'écrin comestible. Le noyau central, filandreux, doit partir : cru comme cuit, il reste fibreux et gùcherait la texture soyeuse de la farce.
Ăgouttage de la pulpe â Ăgoutter et mouler la pulpe â Ă©tape clĂ© â Passer la pulpe au moulin Ă lĂ©gumes (grille fine) ou l'Ă©craser Ă la fourchette en purĂ©e grossiĂšre. TransfĂ©rer dans une passoire fine ou une Ă©tamine et laisser Ă©goutter 10 minutes minimum en pressant rĂ©guliĂšrement avec le dos d'une cuillĂšre. La christophine contient jusqu'Ă 90 % d'eau : si cette eau n'est pas extraite, elle va dĂ©tremper la bĂ©chamel et rendre le gratin aqueux. Garder l'eau de cuisson filtrĂ©e dans un bol â elle pourra ajuster la consistance finale si la bĂ©chamel devient trop Ă©paisse.
Le pourquoiLa christophine est gorgée d'eau (environ neuf dixiÚmes de son poids). Si cette eau n'est pas chassée, elle détrempe la béchamel à la cuisson : la sauce se dissocie et le gratin rend un jus au fond du plat.
SautĂ© d'aromates crĂ©oles â Faire suer les aromates au piment doux â Chauffer l'huile dans une poĂȘle Ă feu moyen. Ajouter les cives hachĂ©es, l'ail Ă©crasĂ© et le piment vĂ©gĂ©tarien entier (non percĂ© pour limiter le piquant). Faire revenir 3-4 minutes jusqu'Ă ce que les cives soient translucides et parfumĂ©es. Ajouter le persil hachĂ© hors du feu. Retirer le piment entier. Ce sautĂ© aromates crĂ©e la base gustative qui compense la discrĂ©tion naturelle de la christophine.
Le pourquoiLa christophine est neutre : c'est le fond de cive, d'ail et de persil qui lui donne son épine dorsale gustative. Le piment antillais laissé entier et non percé ne parfume que par sa peau, sans libérer son feu.
BĂ©chamel crĂ©ole â PrĂ©parer la bĂ©chamel Ă la muscade â Faire fondre le beurre dans une casserole Ă feu moyen. Ajouter la farine d'un coup et mĂ©langer immĂ©diatement au fouet pour former un roux blond. Retirer du feu. Verser le lait froid en une seule fois et fouetter vigoureusement pour Ă©viter les grumeaux. Remettre sur feu doux en remuant constamment jusqu'Ă Ă©paississement (5-8 minutes). Assaisonner avec la muscade fraĂźchement rĂąpĂ©e, le sel et le poivre. La bĂ©chamel doit ĂȘtre Ă©paisse â elle se dĂ©tend au contact de la pulpe humide.
Le pourquoiLa béchamel est le liant du gratin. On la veut volontairement épaisse, car la pulpe encore humide va la détendre au mélange : une sauce déjà molle donnerait une farce coulante.
Assemblage de la farce â MĂ©langer pulpe, aromates, bĂ©chamel et oeufs â Dans un saladier, mĂ©langer la pulpe de christophine Ă©gouttĂ©e avec le sautĂ© d'aromates. Ajouter les oeufs battus en omelette (si utilisĂ©s) et mĂ©langer. Incorporer la bĂ©chamel tiĂšde en plusieurs fois en remuant pour homogĂ©nĂ©iser. La prĂ©paration finale doit avoir la consistance d'une purĂ©e crĂ©meuse â ni trop liquide (elle coulerait hors des coques), ni trop ferme. Rectifier l'assaisonnement en sel, poivre et muscade.
Le pourquoiL'objectif est une purĂ©e crĂ©meuse qui se tient : ni trop liquide (elle coulerait des coques), ni trop ferme (elle sĂ©cherait). Les Ćufs battus, facultatifs, apportent une liaison plus ferme Ă la cuisson, dans l'esprit guadeloupĂ©en.
Gratinage â Farcir les coques et gratiner au four â PrĂ©chauffer le four Ă 200°C (chaleur tournante). Disposer les coques de christophine dans un plat Ă gratin lĂ©gĂšrement beurrĂ©. Remplir chaque coque gĂ©nĂ©reusement avec la farce en dĂŽme lĂ©ger. MĂ©langer le gruyĂšre rĂąpĂ© avec la chapelure et saupoudrer uniformĂ©ment sur les coques. DĂ©poser quelques petits dĂ©s de beurre. Enfourner 15-20 minutes jusqu'Ă ce que le dessus soit bien dorĂ© et croustillant. En fin de cuisson, passer 2-3 minutes sous le grill pour un gratin bien colorĂ©.
Le pourquoiLa chaleur vive et le mélange fromage-chapelure déclenchent la réaction de Maillard : c'est elle qui crée la croûte dorée et croustillante, contraste indispensable à la douceur de la farce. Un coup de grill finit la couleur.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
â Cette recette n'a jamais Ă©tĂ© testĂ©e par la communautĂ©. Soyez le premier Ă fermer la couronne.
La version martiniquaise du mĂȘme plat, souvent montĂ©e Ă la bĂ©chamel sans fromage ni crĂšme (Ă©cole Sweet Kwisine) : c'est la variante insulaire directe du gratin saint-martinois, avec les mĂȘmes aromates crĂ©oles.
Voir la recette âMĂȘme lĂ©gume (la christophine s'appelle chouchou Ă La RĂ©union), mĂȘme technique de gratin Ă la bĂ©chamel crĂ©ole : c'est le cousin de l'ocĂ©an Indien du gratin antillais, preuve de la circulation d'un mĂȘme plat d'Ăźle en Ăźle.
Pas encore dans l'AtlasLa variante guadeloupĂ©enne qui ajoute deux Ćufs battus Ă la farce pour une liaison plus ferme, quand la version saint-martinoise s'appuie surtout sur la bĂ©chamel et le gratinage.
Pas encore dans l'AtlasEn HaĂŻti la christophine se nomme mirliton ; le gratin de mirliton reprend le mĂȘme principe (pulpe cuite, liaison crĂ©meuse, gratinage), variante haĂŻtienne d'une mĂȘme famille crĂ©ole caribĂ©enne.
Pas encore dans l'AtlasSourcer ou se taire
â COURONNE â PAGE MAĂTRESSE · or en attente du test
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier Ă cuisiner cette recette.