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Atlas Culinaire · Venezuela · Amériques
Un café noir volontairement léger, obtenu en réduisant la dose de mouture ou en allongeant d'eau chaude, filtré à la chaussette de tissu : la boisson de café du Venezuela
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Rincez le colador de tela Ă l'eau claire bouillante et jamais au savon : le tissu absorbe les dĂ©tergents et les restitue dans le cafĂ© pendant des semaines. Un colador bien entretenu se garde humide au rĂ©frigĂ©rateur entre deux usages, ce qui l'empĂȘche de retenir des huiles rances. C'est un ustensile vivant, entretenu comme une thĂ©iĂšre chinoise.
Mesurez la mouture en dosant volontairement LĂGER : trente grammes pour neuf cents millilitres d'eau, lĂ oĂč un negrito en demanderait le double. C'est exactement ce que disent les sources : le guayoyo s'obtient en rĂ©duisant la quantitĂ© de cafĂ© par rapport Ă l'eau. Ce n'est pas un cafĂ© ratĂ©, c'est un cafĂ© conçu lĂ©ger pour ĂȘtre bu toute la journĂ©e.
Portez l'eau à frémissement, puis coupez le feu et attendez trente à quarante secondes qu'elle retombe autour de 92-94 °C. Une eau bouillante versée sur la mouture la brûle et extrait des composés amers. C'est vrai de toutes les méthodes d'infusion, et particuliÚrement du guayoyo dont la légÚreté rend chaque défaut plus perceptible.
Versez d'abord un peu d'eau chaude au CENTRE de la mouture, juste de quoi l'humecter, et laissez gonfler trente secondes. La mouture bombe et libĂšre du gaz carbonique : c'est la floraison. Sans elle, le gaz repousse l'eau et l'extraction devient irrĂ©guliĂšre â certains grains sur-extraits, d'autres pas du tout.
Versez le reste de l'eau en filet, en décrivant une spirale du centre vers les bords, sans jamais verser directement sur le tissu. Comptez deux à trois minutes pour tout l'écoulement. Un versement trop rapide fait déborder et lessive la mouture au lieu de l'infuser ; un versement trop lent sur-extrait et amertume.
GoĂ»tez : si le guayoyo vous paraĂźt encore trop chargĂ©, allongez-le d'un peu d'eau chaude â c'est l'autre mĂ©thode explicitement documentĂ©e pour obtenir un guayoyo, celle qui consiste Ă ajouter davantage d'eau chaude une fois le cafĂ© prĂȘt. Les deux voies sont lĂ©gitimes et les cafĂ©s vĂ©nĂ©zuĂ©liens pratiquent l'une comme l'autre. Vous saurez que c'est fait quand le cafĂ© est limpide, ambrĂ© foncĂ©, et laisse voir le fond de la tasse. Le piĂšge Ă cette Ă©tape reste toujours le mĂȘme : allonger Ă l'eau froide : la boisson refroidit et perd ses arĂŽmes volatils.
Sucrez au sucre ou au papelĂłn si vous le souhaitez : un guayoyo se boit sucrĂ© ou non selon les rĂ©gions et les personnes, et personne ne s'en formalise. SucrĂ© au papelĂłn, il porte d'ailleurs un autre nom â **aguarapao** â ce qui montre Ă quel point le vocabulaire vĂ©nĂ©zuĂ©lien du cafĂ© est prĂ©cis. Vous saurez que c'est fait quand le sucre est dissous et le cafĂ© reste limpide. Le piĂšge Ă cette Ă©tape reste toujours le mĂȘme : croire qu'un guayoyo sucrĂ© au papelĂłn s'appelle encore guayoyo : c'est un aguarapao.
Servez brĂ»lant, dans une tasse ou un petit verre, Ă toute heure de la journĂ©e â c'est la boisson de cafĂ© du Venezuela, celle qu'on boit du matin au soir avec une arepa, une empanada ou rien du tout. Le vocabulaire compte : demandez un guayoyo si vous le voulez lĂ©ger, un negrito s'il vous le faut fort, un cerrero s'il vous le faut double et amer. Vous saurez que c'est fait quand le cafĂ© est chaud, limpide et lĂ©ger, et l'on peut en boire plusieurs. Le piĂšge Ă cette Ă©tape reste toujours le mĂȘme : commander « un cafĂ© » : on vous demandera aussitĂŽt lequel, et il y en a vingt.
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Sourcer ou se taire
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