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Atlas Culinaire · Jordanie · Asie
Une crème de lait venue, dit la légende, d'une tribu du Turkestan installée au Levant au sixième siècle — et arrosée, contre toute attente, de beurre clarifié brûlant.
Deuxième point de composition, la même source précise que le lait employé est celui des chèvres baladi locales ou des brebis awassi, ce qui donne une crème bien plus riche et plus typée qu'un lait de vache, et que l'épaississant est l'amidon.
Troisième point, et c'est ce qui déroute le plus : le dessert est servi avec un filet de samneh baladiah fondue, du beurre clarifié versé sur une crème sucrée, association qui n'existe dans presque aucune tradition sucrée occidentale et qui est ici constitutive du plat.
Réserve d'honnêteté : la légende de la tribu Hayatleh est rapportée comme telle par la source institutionnelle, sur le mode du récit d'origine, et ne constitue pas une attestation historique.
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Rincer la casserole à l'eau froide et la vider sans l'essuyer avant d'y verser le lait. Ce vieux geste de laiterie laisse un film d'eau qui s'interpose entre le lait et le métal et réduit considérablement le risque d'attachement au fond. Le fond doit rester humide. Employer une casserole à fond épais.
Le pourquoiLe film d'eau retarde le contact direct des protéines lactiques avec le métal chaud.
Prélever un verre de lait froid, y délayer entièrement l'amidon de maïs jusqu'à disparition de tout grumeau, puis réserver. L'amidon ne se disperse qu'à froid : versé sec dans un liquide chaud, il gélatinise instantanément en surface et forme des billes dures indélébiles. Le mélange doit être parfaitement lisse et blanc. Le remuer à nouveau juste avant emploi, l'amidon se dépose.
Le pourquoiL'amidon ne s'hydrate uniformément qu'en dessous de sa température de gélatinisation.
Verser le reste du lait et le sucre dans la casserole et chauffer à feu moyen doux en remuant, jusqu'à ce que le lait soit chaud sans bouillir. Le sucre doit être entièrement dissous avant l'arrivée de l'amidon. Le lait doit fumer légèrement sans frémir. Ne pas le quitter des yeux.
Le pourquoiUn sucre dissous à l'avance ne gêne pas la gélatinisation de l'amidon.
Verser le mélange d'amidon dans le lait chaud en fouettant énergiquement, puis continuer de fouetter sans interruption jusqu'à ce que la préparation épaississe et commence à frémir, environ cinq à huit minutes. Le fouet est indispensable au moment de la liaison : un simple remuage laisse des grumeaux. La crème doit napper franchement le fouet. Poursuivre deux minutes après l'épaississement pour cuire l'amidon.
Le pourquoiL'amidon doit être porté à sa température de gélatinisation complète pour perdre son goût cru.
Retirer du feu et incorporer l'eau de rose et éventuellement le mastic pilé, en fouettant. L'eau de rose est volatile : ajoutée pendant la cuisson, elle s'évapore et il n'en reste presque rien. La crème doit embaumer la rose sans agressivité. Doser prudemment, l'eau de rose vire vite au savonneux.
Le pourquoiLes composés aromatiques floraux sont volatils et se dissipent à la chaleur.
Verser la crème brûlante dans un plat ou des coupes individuelles, lisser la surface et laisser refroidir à température ambiante avant de réserver au frais au moins trois heures. La haitaleih doit prendre une consistance gélatineuse ferme, décrite comme telle par la source institutionnelle. Elle doit se tenir à la cuillère. Filmer au contact pour éviter la peau.
Le pourquoiLe refroidissement achève la rétrogradation de l'amidon et donne la texture gélatineuse.
Au moment de servir, couvrir généreusement de pistaches, d'amandes et de noix concassées et saupoudrer de cannelle. La garniture aux fruits secs est explicitement décrite par la source et apporte le seul croquant d'un dessert entièrement fondant. Elle doit couvrir toute la surface. L'ajouter au dernier moment pour qu'elle reste croquante.
Le pourquoiLes fruits secs se réhydratent au contact de la crème et perdent leur croquant.
Faire fondre la samneh baladiah et la verser en filet sur le dessert froid, juste avant de servir. Ce geste déroute systématiquement — du beurre clarifié sur une crème sucrée — mais il est explicitement documenté comme constitutif du plat par la source institutionnelle, et le contraste entre la crème froide et le beurre chaud aux herbes sauvages est ce qui rend cette haitaleih jordanienne et non un simple flan. Le filet doit être visible en surface. Servir immédiatement après.
Le pourquoiLe contraste entre la crème froide et le corps gras chaud et parfumé structure le dessert.
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