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Atlas Culinaire · Pérou · Amériques
La glace orange d'Iquitos tirée du fruit du moriche, tournée à la main dans un seau sur glace et sel depuis 1940.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Plongez les aguaje dans une eau Ă environ 50 °C, feu coupĂ©, et laissez-les tremper couverts trente Ă soixante minutes. Cette chaleur douce dissout l'huile du fruit et attendrit les Ă©cailles sans dĂ©naturer ni la couleur ni le goĂ»t â c'est le geste que toute la selva pratique pour « madurar » le fruit. La peau Ă©cailleuse doit se soulever facilement sous la pression du pouce. Surtout, ne portez jamais l'eau Ă Ă©bullition : un aguaje Ă©bouillantĂ© vire Ă l'amer et sa belle robe orange se ternit.
Massez et grattez chaque fruit Ă la cuillĂšre pour dĂ©tacher la masa orange de l'Ă©caille, en jetant le noyau et les peaux. Le massage libĂšre la pulpe huileuse sans arracher les fibres dures qui la rendraient rĂȘche. Vous obtenez une masse Ă©paisse, homogĂšne et d'un orange intense. Prenez le temps de bien racler jusqu'Ă la peau : c'est lĂ que se concentre le parfum rĂ©sineux caractĂ©ristique de l'aguaje.
Mixez la masa avec un peu d'eau tiÚde jusqu'à obtenir une purée parfaitement lisse. On casse ainsi les derniÚres fibres pour que la glace fonde en bouche au lieu d'accrocher. La purée doit napper la cuillÚre sans grumeaux. Allez doucement sur l'eau : trop diluée, la base donnera une glace glaçonneuse plutÎt que crémeuse.
Faites fondre le sucre dans l'eau pour un sirop lĂ©ger, puis, hors Ă©bullition et Ă feu doux, dissolvez-y la gĂ©latine prĂ©alablement hydratĂ©e. La gĂ©latine capte l'eau libre et empĂȘche la formation de gros cristaux : c'est l'astuce qui remplace la sorbetiĂšre. Le sirop doit rester clair et la gĂ©latine totalement fondue, sans filament. Ne laissez jamais bouillir : au-delĂ d'un certain point, la gĂ©latine perd son pouvoir gĂ©lifiant et la glace deviendra granuleuse.
Fouettez le lait évaporé, la crÚme et la vanille, incorporez la purée d'aguaje, puis versez le sirop gélatiné tiÚde en filet sans cesser de mélanger. L'émulsion du gras et du sucre est ce qui donnera le foisonnement crémeux de la glace. Le mélange doit rester homogÚne et d'un orange soutenu. Attention à ne pas verser un sirop trop chaud d'un seul coup : il ferait cailler la crÚme en grumeaux gélatineux.
Versez la base dans un bac et placez au congĂ©lateur ; sans sorbetiĂšre, sortez-la et battez-la vigoureusement toutes les trente Ă quarante minutes, trois Ă quatre fois. Chaque battage incorpore de l'air et fracture les cristaux naissants â c'est exactement ce que Don Bensho obtient en faisant tourner son seau dans la glace et le sel. La masse doit pĂąlir, gonfler et devenir mousseuse. Oublier ces battages, c'est se retrouver avec un bloc dur et cristallin au lieu d'une glace onctueuse.
AprĂšs le dernier battage, laissez la glace prendre au moins trois Ă quatre heures pour qu'elle se stabilise Ă la texture d'une boule. Ce repos final fige l'ensemble et permet de bouler proprement. La glace est prĂȘte quand elle se prĂ©lĂšve Ă la cuillĂšre sans couler ni rĂ©sister comme un bloc. Si elle est encore molle, prolongez simplement la prise ; si elle est trop dure, laissez-la cinq minutes Ă tempĂ©rature avant de servir.
Boulez la glace bien froide, en cĂŽne ou en gobelet comme au chariot d'Iquitos, et servez sans attendre. L'aguaje s'oxydant vite, ce helado se dĂ©guste dans la journĂ©e de sa fabrication, quand son parfum rĂ©sineux-carottĂ© est Ă son apogĂ©e. La boule doit ĂȘtre d'un orange franc, Ă peine fondante en surface. Ne gardez pas une masa fraĂźche plus de vingt-quatre heures : elle s'oxyde et tourne Ă l'amer, comme le rappelle l'IIAP.
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Sourcer ou se taire
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