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Atlas Culinaire · Panama · Amériques
Le pain frit du matin panaméen : une pâte simple de farine étirée en disque puis plongée dans l'huile, qui gonfle en une galette dorée, croustillante dehors et moelleuse dedans. On la mange avec fromage, saucisse guisada ou bistec encebollado.
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Dans un grand saladier, mélange la farine, la levure chimique, le sel et le sucre, puis ajoute le beurre coupé en morceaux et sable l'ensemble du bout des doigts. Tu frottes farine et beurre jusqu'à obtenir une texture de sable grossier ou de chapelure : ce geste enrobe les grains de farine de matière grasse et c'est ce qui donnera à la hojaldra son moelleux et son léger feuilletage interne à la friture. Travaille assez vite pour ne pas réchauffer le beurre, qui doit rester en petites particules réparties. La cible, c'est un mélange homogène, sec et sableux, sans gros morceaux de beurre visibles. Si ta cuisine est chaude et que le beurre fond et graisse la pâte, place le saladier dix minutes au frais avant de continuer. Bien répartir la levure chimique dans la farine est essentiel pour un gonflement régulier.
Verse l'eau tiède (ou le lait pour plus de moelleux) petit à petit en mélangeant à la main ou à la spatule, jusqu'à ce que la pâte se rassemble en boule. N'ajoute pas tout le liquide d'un coup : selon l'humidité de ta farine tu en utiliseras un peu plus ou un peu moins, tu cherches une pâte souple, lisse et homogène, ni collante ni sèche. Pétris brièvement, juste assez pour que la pâte devienne élastique et se décolle des parois du bol — un excès de pétrissage durcirait la galette finale. La cible, c'est une boule lisse et soyeuse qui rebondit légèrement sous le doigt. Si la pâte colle trop aux mains, ajoute une cuillère de farine ; si elle est sèche et se fissure, quelques gouttes d'eau suffisent à la rattraper. Forme une belle boule régulière avant le repos.
Couvre le saladier d'un linge propre ou d'un film et laisse reposer la pâte au moins trente minutes à température ambiante, ou mieux toute une nuit au réfrigérateur comme le veut la tradition panaméenne. Ce repos est loin d'être facultatif : il détend le réseau de gluten formé au pétrissage, et une pâte détendue s'étire sans se rétracter et gonfle bien mieux à la friture. Tu sentiras la différence au moment d'étaler — une pâte reposée se laisse abaisser docilement, tandis qu'une pâte travaillée à chaud résiste et se contracte. La cible, c'est une pâte assouplie, légèrement plus détendue au toucher. Si tu es pressé, trente minutes au minimum sauvent l'affaire, mais ne saute jamais complètement cette étape. Sortie du froid, laisse-la tempérer dix minutes avant de l'étirer pour qu'elle redevienne malléable.
Divise la pâte reposée en boules de la taille d'une balle de golf, puis abaisse chaque boule au rouleau (ou étire-la à la main) en un disque d'environ quinze centimètres de diamètre et trois à quatre millimètres d'épaisseur. Vise une épaisseur régulière : trop épaisse, la hojaldra restera crue et pâteuse au centre ; trop fine, elle ne gonflera pas et deviendra cassante. Beaucoup de Panaméens pratiquent une petite entaille au couteau au centre du disque, qui aide la vapeur à s'échapper et la galette à gonfler joliment sans éclater. La cible, c'est un disque souple, régulier, légèrement farineux pour ne pas coller. Travaille sur un plan fariné. Si la pâte se rétracte quand tu l'étires, c'est qu'elle a besoin d'un peu plus de repos : laisse-la deux minutes et reprends, elle cédera.
Fais chauffer l'huile dans une poêle profonde à environ 180 °C : pour vérifier, jette une miette de pâte, elle doit remonter aussitôt en grésillant et dorer sans brunir trop vite. Plonge un disque à la fois et, dès qu'il touche l'huile chaude, regarde-le gonfler et former des cloques dorées — c'est la vapeur d'eau emprisonnée qui fait lever la pâte, le spectacle réjouissant de la hojaldra réussie. Laisse dorer une minute environ d'un côté, puis retourne avec une écumoire et dore l'autre face jusqu'à une belle couleur ambrée uniforme. Veille à ce que la galette soit bien immergée pour une cuisson régulière. La cible, c'est une hojaldra gonflée, dorée, croustillante dehors et moelleuse dedans. Si elle dore trop vite en restant crue au centre, baisse le feu ; si elle reste pâle et grasse, c'est que l'huile n'est pas assez chaude, remonte la température.
Sors la hojaldra dorée à l'écumoire et dépose-la sur du papier absorbant pour évacuer l'excès d'huile : bien égouttée, elle reste croustillante et légère au lieu de devenir lourde et grasse. C'est ici que se joue la version, salée ou sucrée : pour la version sucrée du petit-déjeuner ou du goûter des enfants, saupoudre-la de sucre tant qu'elle est chaude et brillante, le sucre adhère mieux ; pour la version salée, laisse-la nature, prête à recevoir fromage et guisos. La cible, c'est une galette dorée, sèche au toucher en surface, qui craque légèrement quand on la rompt et révèle une mie moelleuse. Sers-la sans tarder, la hojaldra est meilleure tiède et fraîchement frite. Si tu dois en faire une grande quantité, garde les premières au chaud dans un four à 80 °C sur une grille, sans les empiler pour qu'elles ne ramollissent pas.
Sers les hojaldras chaudes, au cœur du petit-déjeuner panaméen, accompagnées de queso blanco, de saucisse guisada, de bistec encebollado, de foie aux oignons ou simplement saupoudrées de sucre. C'est le pain frit du matin par excellence, qu'on retrouve dans tous les foyers et toutes les fondas du pays, du dimanche en famille au déjeuner de semaine sur le pouce. Dans la province de Colón, demande-les sous le nom de « harinas », c'est le même pain. Leur force, c'est ce contraste entre la croûte dorée croustillante et l'intérieur moelleux qui éponge à merveille un guiso bien en sauce. Présente-les empilées dans un panier garni d'un linge pour les garder chaudes. Surtout, frire et servir dans la foulée : une hojaldra qui attend perd son croustillant, c'est le pain de la dernière minute.
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Sourcer ou se taire
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