vers 3 000 av. J.-C.
Culture du maïs par les peuples autochtones
Les recherches archéologiques menées au Panama, notamment dans la région de Los Santos, attestent de la culture du maïs et du manioc dès le IIIe millénaire avant notre ère. Ces populations précolombiennes développèrent des pratiques agricoles sophistiquées, consommant également des fruits tropicaux, du gibier et des poissons, fondant ainsi les bases d'une cuisine ancrée dans la biodiversité tropicale.
début XVIe siècle
Contact espagnol et premiers échanges alimentaires
L'arrivée de Rodrigo de Bastidas en 1501, suivie de la fondation de Santa María la Antigua del Darién en 1510 par Vasco Núñez de Balboa, marque le début des transferts alimentaires entre Europe et Amérique centrale. Les Espagnols introduisirent le riz, la canne à sucre et les bovins, tandis qu'ils adoptèrent le maïs, le manioc et la patate douce autochtones, amorçant le métissage culinaire caractéristique de la cuisine panaméenne.
milieu XVIIe siècle
Influence africaine via la traite négrière
Le Panama, nœud stratégique du commerce colonial espagnol, vit transiter et s'établir de nombreux esclaves africains dès le XVIIe siècle, notamment dans les provinces du Darién et de Colón. Ces populations introduisirent l'igname, le gombo, le dendê et des techniques de cuisson en mijotage, dont l'héritage persiste dans la cuisine afro-coloniale et afro-antillaise panaméenne contemporaine.
milieu XIXe siècle
Ruée vers l'or et brassage culinaire transpacifique
La construction du chemin de fer transisamique (1850-1855) et la ruée vers l'or californienne attirèrent au Panama des milliers de travailleurs venus de Chine, de Jamaïque, d'Europe et d'Amérique du Nord. Cette confluence de populations introduisit de nouvelles techniques et ingrédients — notamment la cuisine sino-panaméenne avec le riz cantonais et la sauce soja — enrichissant durablement le répertoire culinaire national.
début XXe siècle
Canal de Panama et cosmopolitisme gastronomique
L'inauguration du Canal de Panama en 1914 consolida le statut du pays comme carrefour mondial, favorisant l'installation de communautés antillaises, grecques, libanaises et nord-américaines qui apportèrent leurs traditions culinaires propres. Cette diversité est aujourd'hui visible dans la cuisine panaméenne, qui intègre le ceviche d'inspiration péruvienne, les empanadas, et une culture des marchés urbains reflétant ce métissage exceptionnel.