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Atlas Culinaire · Panama · Amériques
Le plat national du Panama â bouillon profond de poule de patio (gallina criolla) mijotĂ©e 3h avec ñame, culantro tropical et achiote, fiertĂ© de la pĂ©ninsule d'Azuero. Le 'levantamuertos' (cure-gueule de bois) du dimanche matin.
Plat NATIONAL du Panama, reconnu par POPULATION (organisme Ă©tatique panamĂ©en, Ă©quivalent ICT/INTUR) comme l'icĂŽne culinaire absolue du pays. Distinct des sancochos dominicain (sancocho de 7 viandes), colombien (sancocho de gallina avec ñame mais sans culantro), Ă©quatorien, vĂ©nĂ©zuĂ©lien â le sancocho panamĂ©en a sa SIGNATURE non nĂ©gociable. Multiples controverses identitaires et techniques. (1) ORIGINE PĂNINSULE D'AZUERO : la pĂ©ninsule d'Azuero (provinces de Los Santos, Herrera, Veraguas) est considĂ©rĂ©e comme le berceau du sancocho panamĂ©en â rĂ©gion rurale du centre-sud du pays, terres d'Ă©levage de poules criollas et de cultures de ñame. La version azuĂ©rienne est reconnue comme la matrice. (2) GALLINA CRIOLLA OBLIGATOIRE : signature absolue. La 'gallina criolla' est la POULE DE PATIO (poule fermiĂšre Ă©levĂ©e en plein air, vie longue, chair ferme et goĂ»teuse) â pas un poulet de chair industriel. La poule criolla a 1+ ans d'Ăąge, sa chair est plus dure mais infiniment plus savoureuse, et elle exige une cuisson longue (3h+) pour s'attendrir. Avec un poulet industriel : sancocho fade et ratĂ©, hĂ©rĂ©sie panamĂ©enne. (3) CULANTRO (ERYNGIUM FOETIDUM) NON NĂGOCIABLE : herbe signature panamĂ©enne, Ă NE PAS confondre avec coriandre (Coriandrum sativum). Le culantro a des feuilles longues, dentĂ©es, parfum trĂšs puissant entre coriandre et cĂ©leri. Sans culantro : sancocho qui n'est pas panamĂ©en. Ă dĂ©faut : coriandre fraĂźche Ă 3 en quantitĂ©, mais pas Ă©quivalent. (4) ĂAME OBLIGATOIRE : le ñame (Dioscorea, igname tropicale) est LE tubercule du sancocho panamĂ©en. Pas la pomme de terre, pas le manioc â c'est le ñame qui doit dominer. Ă dĂ©faut : malanga ou yautĂa, mais le ñame est non nĂ©gociable. (5) ACHIOTE EN GRAINES : pour la couleur orange-or signature. (6) 'LEVANTAMUERTOS' = CURE-GUEULE : le sancocho est traditionnellement servi le DIMANCHE MATIN aprĂšs une nuit de fĂȘte (typiquement aprĂšs une soirĂ©e bien arrosĂ©e Ă la guarapo de caña ou seco panamĂ©en). SurnommĂ© 'levantamuertos' (lit. 'qui rĂ©veille les morts'), il revigore aprĂšs les excĂšs. Tradition panamĂ©enne ancrĂ©e. (7) SANCOCHO vs SANCOCHO 3 GOLPES : version panamĂ©enne classique = poule + ñame + culantro + achiote, point. DiffĂ©rent du sancocho dominicain qui inclut 7 viandes. (8) VARIANTES RĂGIONALES PA : Azuero (la matrice : poule + ñame + culantro), ChiriquĂ (avec maĂz et yuca en plus), Veraguas (avec costilla de res en plus), CĂŽte CaraĂŻbe Bocas del Toro (avec lait de coco et plantain, influence GarĂfuna). Mais la version 'officielle' = azuĂ©rienne. (9) RECORD GUINNESS 2003 : 2562 gallons dans une marmite de 1470 livres pour le centenaire du Panama (sĂ©paration de la Colombie en 1903). Battu plusieurs fois depuis. (10) SECRET DU BOUILLON : le bouillon doit ĂȘtre limpide, pas trouble. La poule cuite Ă frĂ©missement DOUX (jamais Ă gros bouillon), avec Ă©cumage rĂ©gulier. Sans cette technique : sancocho trouble et gras.
Servi traditionnellement avec un Seco Herrerano (eau-de-vie de canne panaméenne, distillée à Pesé depuis 1936, marque emblématique nationale) en chaser, ou un seco con leche (seco + lait, mélange dominical typique). En version sobre : un café noir panaméen de Boquete (région du Geisha, l'un des cafés les plus chers du monde), un agua de pipa (eau de coco fraßche), ou un chicheme (boisson froide sucrée à base de maïs blanc, lait, vanille, cannelle). BiÚre nationale : Atlas, Soberana, Balboa. Le sancocho se mange en grand bol creux avec une cuillÚre + une lame pour les morceaux.
10/10 â plat NATIONAL OFFICIEL du Panama, reconnu par POPULATION (Autoridad de Turismo de PanamĂĄ, ATP) comme l'icĂŽne culinaire absolue du pays. Tradition stricte du dimanche matin et du 'levantamuertos' (cure-gueule de bois). Star absolue de la FĂȘte de la Mejorana Ă La Villa de Los Santos (23-27 septembre, plus grande fĂȘte folklorique panamĂ©enne, peninsule d'Azuero), des Carnavals de Las Tablas (fĂ©vrier), des Fiestas Patrias (3 novembre, indĂ©pendance de la Colombie 1903). Restaurants emblĂ©matiques : Donde Jose (Panama City), Las Tinajas (Panama City), El CaserĂłn (Las Tablas), La PulperĂa de Los Santos (Azuero), Manolo Caracol (Casco Viejo). PrĂ©sent dans Anthony Bourdain Parts Unknown Panama (2014), Netflix Street Food LatinoamĂ©rica.
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geste sacrĂ© panamĂ©en â Rincer la poule Ă l'eau froide. La dĂ©poser en morceaux dans une grande marmite. Recouvrir de 3 l d'eau FROIDE (jamais bouillante). Ajouter l'oignon en quartiers (peau comprise â donne couleur). Porter LENTEMENT Ă frĂ©missement Ă feu moyen-doux (env. 20 min). Quand la mousse grise commence Ă monter, Ă©cumer dĂ©licatement avec une louche.
Une fois à frémissement DOUX (petits bouillons en surface, pas de gros bouillon), couvrir partiellement (laisser un coin ouvert pour évaporation). Cuire 2 HEURES en écumant la mousse grise toutes les 15 min pendant la 1Úre heure (impuretés des os). Le niveau d'eau doit baisser légÚrement, le bouillon devenir doré.
Ă©tape signature â Ă 2h de cuisson, ajouter le culantro (rĂ©server 1/3 pour finition), l'ail si utilisĂ©, l'ajĂ chombo, l'origan. Pour la couleur : faire infuser Ă part 1 c.Ă .s. d'achiote en graines dans 100 ml d'eau bouillante 5 min, filtrer (eau orange flamme), verser dans le bouillon. Saler gĂ©nĂ©reusement (env. 1 c.Ă .s.). Continuer 30 min de plus.
Ăplucher le ñame avec un couteau (peau brune Ă©paisse, geste prĂ©cis car le ñame irrite la peau crue â gants conseillĂ©s ou rincer souvent). Couper en gros morceaux de 5 cm. Ajouter au bouillon. Si version ChiriquĂ : ajouter aussi l'otoe et le maĂŻs en rondelles. Cuire 30-40 min de plus Ă frĂ©missement doux â le ñame devient tendre et fondant, le bouillon Ă©paissit lĂ©gĂšrement par les amidons libĂ©rĂ©s.
GoĂ»ter le bouillon : il doit ĂȘtre PROFOND, dorĂ©-orangĂ©, lĂ©gĂšrement nappant, parfumĂ© au culantro. Ajuster sel gĂ©nĂ©reusement (souvent il manque 1 c.Ă .c.), poivre. Si trop liquide : prolonger 10 min Ă dĂ©couvert pour concentrer. Si pas assez colorĂ© : ajouter 1 c.Ă .c. d'huile achiotada. VĂ©rifier que la poule s'effiloche Ă la fourchette â sinon prolonger 15 min.
Couper le feu. Ajouter le culantro restant (1/3) ciselĂ© fin par-dessus. Couvrir, laisser reposer 5-10 min â les arĂŽmes verts du culantro se diffusent dans la chaleur rĂ©siduelle, le bouillon prend toute sa profondeur aromatique. Retirer l'oignon en quartiers et l'ajĂ chombo entier.
geste dimanche matin â Dans des bols creux profonds, dĂ©poser 1-2 morceaux de poule, 2-3 morceaux de ñame, et verser 2 louches de bouillon dorĂ©-orangĂ©. Garnir d'1 c.Ă .s. de culantro frais ciselĂ©. Servir Ă part : un bol de riz blanc cuit (chacun se sert), un quartier de citron vert (Ă presser Ă la demande), une coupelle d'ajĂ chombo en vinaigre pour les amateurs de piquant. Tradition : on sert d'abord le bouillon avec quelques morceaux, puis on revient pour la 'segunda' (deuxiĂšme louche).
Si servi en cure-gueule de bois (tradition panaméenne du dimanche matin aprÚs la noche del såbado) : préparer la veille, réchauffer doucement le matin (sans bouillir, juste tiédir). Servir avec un grand verre d'eau froide. Vertus revigorantes du bouillon de poule + chaleur + sel + culantro = recette ancestrale anti-mauvaise gueule. Surnommé aussi 'el viagrito panameño'.
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