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Atlas Culinaire · Panama · Amériques
L'accompagnement roi du Panama : des rondelles épaisses de plantain vert frites une premiÚre fois, aplaties à la presse, trempées dans une eau d'ail salée, puis refrites jusqu'à devenir des galettes dorées et croustillantes.
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Commence par peler les plantains verts, ce qui n'a rien d'Ă©vident car contrairement Ă la banane mĂ»re leur peau adhĂšre fortement Ă la chair : entaille la peau dans la longueur avec la pointe d'un couteau sur toute la longueur, puis dĂ©colle-la par bandes en t'aidant du pouce. Une fois pelĂ©, coupe chaque plantain en tronçons Ă©pais de deux Ă trois centimĂštres â c'est l'Ă©paisseur clĂ©, car des rondelles trop fines se dĂ©feraient Ă l'aplatissage et des trop Ă©paisses ne cuiraient pas Ă cĆur. Tu cherches des morceaux trapus, bien rĂ©guliers, qui tiendront la double cuisson. La chair doit ĂȘtre ferme, presque dure, et d'un blanc crĂšme : c'est la garantie d'un plantain assez vert. Si ta lame colle Ă cause de la sĂšve, frotte-la avec un peu d'huile. Et si la peau rĂ©siste vraiment, fais tremper les tronçons entiers cinq minutes dans l'eau tiĂšde, ça facilite le dĂ©collage.
Fais chauffer l'huile dans une poĂȘle profonde Ă feu moyen, autour de 160-170 °C : Ă cette tempĂ©rature modĂ©rĂ©e tu cuis le plantain Ă cĆur sans le colorer trop vite. Plonge les tronçons et laisse-les frire en les retournant rĂ©guliĂšrement jusqu'Ă ce qu'ils prennent une couleur dorĂ©e claire Ă l'extĂ©rieur et que la chair s'attendrisse, environ trois Ă quatre minutes. On ne cherche pas encore le croustillant ici, juste Ă cuire et ramollir l'intĂ©rieur pour pouvoir l'aplatir : un plantain encore dur se fendrait sous la presse. Tu sauras qu'ils sont prĂȘts quand une fourchette s'enfonce sans rĂ©sistance dans la chair. Ăgoutte-les sur du papier absorbant. Si l'huile est trop chaude et qu'ils brunissent en surface alors qu'ils sont encore durs dedans, baisse le feu, c'est qu'il faut leur laisser le temps de cuire doucement.
Sors les tronçons prĂ©cuits encore chauds et aplatis-les un par un, soit avec une presse Ă patacones (tostonera), soit avec le fond d'un verre ou d'une assiette : presse fermement jusqu'Ă obtenir des galettes d'environ un demi-centimĂštre d'Ă©paisseur. C'est tout l'intĂ©rĂȘt du geste â on augmente la surface de contact avec l'huile pour maximiser le croustillant Ă la seconde friture, tout en gardant un cĆur moelleux. Travaille tant que c'est chaud, car un tronçon refroidi devient cassant et se brise au lieu de s'aplatir en disque rĂ©gulier. La cible, c'est une galette ronde, homogĂšne, sans trou ni fissure majeure. Si ta presse colle, glisse une feuille de papier cuisson ou un sachet plastique entre le plantain et le fond du verre. Et si une galette se fend un peu sur les bords, pas de panique, elle tiendra quand mĂȘme Ă la friture.
PrĂ©pare un bol d'eau tiĂšde dans laquelle tu Ă©crases l'ail et dissous le sel, puis trempe rapidement chaque galette aplatie dans ce bain avant de bien l'Ă©goutter. Ce geste, signature panamĂ©enne, fait deux choses : il assaisonne le cĆur du patacĂłn en profondeur, et l'humiditĂ© piĂ©gĂ©e se transformera en vapeur Ă la seconde friture pour un intĂ©rieur tendre sous une croĂ»te ultra-croustillante. Ne laisse pas tremper trop longtemps, un aller-retour suffit, sinon le plantain se gorge d'eau et Ă©clabousse dangereusement dans l'huile. Ăgoutte soigneusement sur du papier avant de refrire : de l'eau rĂ©siduelle en surface provoque des projections brĂ»lantes. La cible, c'est une galette humide Ă cĆur mais sĂšche en surface. Si tu sautes cette Ă©tape, tes patacones seront corrects mais moins croustillants et plus fades au centre.
Remonte l'huile plus haut cette fois, autour de 180-190 °C, et replonge les galettes Ă©gouttĂ©es : le choc thermique Ă©levĂ© est ce qui crĂ©e la croĂ»te dorĂ©e et croustillante. Laisse-les frire deux Ă trois minutes en les retournant une fois, jusqu'Ă ce qu'elles soient bien dorĂ©es, fermes et qu'elles grĂ©sillent franchement. L'oreille te guide autant que l'Ćil : un grĂ©sillement vif et rĂ©gulier signale que l'eau de surface est partie et que la croĂ»te se forme. La cible, c'est un patacĂłn dorĂ© uniforme, croquant au toucher, qui sonne creux quand tu le tapotes. Ăgoutte sur papier absorbant et sale aussitĂŽt Ă la sortie pendant qu'ils sont brillants de gras, le sel adhĂšre mieux. S'ils ne croustillent pas assez, c'est souvent que l'huile n'Ă©tait pas assez chaude ou qu'ils Ă©taient mal Ă©gouttĂ©s : un petit tour supplĂ©mentaire dans l'huile bien chaude rattrape le coup.
Sers les patacones immĂ©diatement, encore chauds et croustillants, salĂ©s Ă la sortie de l'huile : c'est l'accompagnement universel du Panama, posĂ© Ă cĂŽtĂ© d'un poisson frit, d'un poulet en sauce, de la ropa vieja ou de fruits de mer. Dans leur version street food, on les prĂ©sente plus grands et garnis de salade rĂąpĂ©e, de fromage blanc, de jambon ou de pernil pour en faire un plat Ă part entiĂšre. Leur force, c'est ce contraste entre la croĂ»te dorĂ©e qui craque sous la dent et le cĆur tendre lĂ©gĂšrement parfumĂ© Ă l'ail. PrĂ©sente-les en pile gĂ©nĂ©reuse avec une petite sauce Ă cĂŽtĂ©. Surtout ne les prĂ©pare pas trop Ă l'avance : un patacĂłn qui attend ramollit et perd toute sa magie, on les frit au dernier moment.
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Sourcer ou se taire
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