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Atlas Culinaire · Suède · Europe
Le pain plat de l'archipel de Göteborg : mou, à peine sucré, piqué à la fourchette et cuit très vite — le compagnon obligé de la crevette et du homard de la côte ouest.
Autrement dit, le nom le plus connu est le plus local, et le nom local est le plus large — l'inverse de ce qu'on attendrait.
Le deuxième point est celui de l'ancienneté.
Le pain est cuit depuis des générations sur Hönö et les îles voisines, mais la version commerciale qui a fait sa notoriété nationale date de 1934, quand la maison Åkes Äkta Hönökakor s'est établie sur l'île — une entreprise familiale qui aujourd'hui produit à Torslanda et diffuse dans toute la Suède.
Un pain de tradition insulaire est donc devenu un produit de grande distribution en un peu moins d'un siècle.
Le troisième point est celui de la recette, et il est explicitement irrésolu : Västsverige indique que les familles gardent leurs propres recettes secrètes, variables d'une île à l'autre, et publie de son côté une recette de boulangerie aux proportions de fournil — dix kilos de farine, cinq litres d'eau tiède, un kilo et demi de malt, dix tasses de sucre, deux cuillerées à soupe de sel, dix sachets de levure — qui n'a rien d'une recette domestique.
Le quatrième point tient au four : la cuisson traditionnelle se fait au bois, ce qui donnait au pain un goût fumé que les fours domestiques ne reproduisent pas ; la tradition est restée assez vivante pour que des particuliers puissent aujourd'hui louer un four à Hönö.
Enfin, sur les farines, les sources natives s'accordent sur un mélange de seigle et de blé — le rågsikt suédois, seigle tamisé, avec du blé majoritaire — et sur le piquage avant cuisson, qui est le geste signature du pain.
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Faire fondre le beurre, y ajouter le lait et chauffer jusqu'à la température du doigt — trente-sept degrés environ. Émietter la levure dans un grand saladier, verser dessus une louche du liquide tiède et remuer jusqu'à dissolution complète, puis verser le reste avec le sirop et le sucre. Le liquide doit sentir la brioche crue avant toute farine. La cible est un mélange homogène, tiède au poignet, sans grumeau de levure. Si le liquide dépasse quarante-cinq degrés, le laisser redescendre : au-delà, la levure meurt et rien ne lèvera.
Le pourquoiSaccharomyces cerevisiae travaille de façon optimale entre vingt-cinq et trente-cinq degrés et meurt autour de cinquante ; le beurre fondu, souvent à soixante degrés, est la cause la plus fréquente de levures tuées avant d'avoir servi.
Ajouter le sel, la farine de seigle puis la farine de blé par petites quantités, et pétrir au moins dix minutes jusqu'à obtenir une pâte lisse, souple et à peine collante. Elle ne doit surtout pas être ferme : c'est une pâte destinée à être abaissée très fin, et une pâte sèche se déchirerait au rouleau. La cible est une boule qui se décolle des parois mais reste tendre sous la paume. Si elle colle aux mains, ajouter la farine par cuillerées et non par poignées — on en met toujours trop.
Le pourquoiLe pétrissage aligne et lie les protéines de gluten du blé en un réseau élastique, seul capable de supporter une abaisse à deux ou trois millimètres ; le seigle, pauvre en gluténine, n'y contribue presque pas.
Couvrir le saladier d'un film et d'un torchon et laisser lever à température ambiante trente à quarante-cinq minutes. La pâte doit gonfler d'un tiers environ, sans doubler. Elle se détend et quelques bulles affleurent. La cible est une pâte souple qui garde brièvement l'empreinte du doigt. Profiter de ce temps pour mettre le four et la plaque à chauffer, qui ont besoin d'un bon quart d'heure pour atteindre leur température réelle. Si la pâte s'est affaissée, c'est qu'elle a trop levé : la rabattre et la travailler immédiatement.
Le pourquoiLa fermentation produit du gaz carbonique qui détend le réseau de gluten et le rend extensible ; poussée trop loin, elle l'acidifie et le dégrade, et la pâte se déchire alors sous le rouleau.
Diviser la pâte en douze boules et abaisser chacune au rouleau en un disque de deux à trois millimètres, en tournant d'un quart de tour entre chaque passage pour obtenir un rond régulier. Piquer ensuite densément toute la surface à la fourchette ou au rouleau à picots : ce piquage est le geste signature du hönökaka, et les sources natives le donnent explicitement comme précédant la cuisson. La cible est un disque fin, régulier, entièrement criblé de piqûres. Si le disque se troue au rouleau, rassembler la pâte, la laisser reposer cinq minutes et recommencer — le gluten trop tendu se déchire, le repos le détend.
Le pourquoiLe piquage crée des points de fuite pour la vapeur générée en quelques secondes à haute température ; sans eux, cette vapeur s'accumule sous la surface et forme une seule grande cloque qui cuit inégalement et retombe en refroidissant.
Four à deux cent cinquante degrés avec la plaque chauffée à l'intérieur depuis un quart d'heure. Glisser un ou deux pains sur la plaque brûlante et cuire cinq à six minutes, jusqu'à ce que la surface soit dorée par endroits et que le pain ait légèrement gonflé, sans le laisser brunir uniformément. On ne le retourne pas. La cible est un pain souple, tacheté de doré, encore clair entre les taches. La cuisson traditionnelle se faisait au four à bois, ce qui donnait au pain un goût fumé qu'un four domestique ne reproduit pas. Si le pain brunit uniformément et durcit, la température est trop basse et la cuisson trop longue : monter le four plutôt que raccourcir le temps.
Le pourquoiÀ très haute température, l'eau contenue dans une pâte de deux millimètres se vaporise presque instantanément et fait gonfler le pain avant que la croûte ne se fixe ; à température modérée, l'eau s'évapore lentement par la surface et le pain sèche sans jamais gonfler.
Empiler chaque pain dès sa sortie du four sous un torchon propre, sur les précédents, et laisser refroidir ainsi. La vapeur retenue par le linge redistribue l'humidité dans toute la mie et donne au hönökaka sa souplesse — c'est ce geste, et non la recette, qui décide de la texture finale. La cible est un pain qui se plie en deux sans craquer. Les hönökakor se congèlent parfaitement par piles de quatre séparées de papier cuisson et retrouvent leur souplesse en dix minutes. Si un pain est déjà devenu craquant, il est irrécupérable comme pain mou.
Le pourquoiUn pain sortant du four contient encore de l'eau liée, très inégalement répartie entre un cœur humide et une surface sèche ; sous le torchon, cette eau ne s'échappe pas et rééquilibre les gradients, alors qu'à l'air libre elle s'évapore et l'amidon rétrograde en une structure rigide.
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Sourcer ou se taire
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