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Atlas Culinaire · Turquie · Istanbul & cuisine ottomane
Le pilaf de farce des cuisines ottomanes — abats de poulet, pignons grillés, raisins de Corinthe, cannelle et piment de Jamaïque
Plat strictement palatial documenté par les archives de Topkapı Sarayı Müzesi (topkapisarayi.gov.tr — section cuisines impériales) : İç Pilav signifie littéralement 'pilaf intérieur' car servait à FARCIR poulets, dindes ou agneaux entiers lors des banquets ottomans. Le débat tranché par Ayla Algar (Classical Turkish Cooking, HarperCollins 1991, p.137) et corroboré par Engin Akin (A Time of Honey) : la version palatiale CANONIQUE inclut OBLIGATOIREMENT 4 ingrédients-signatures : (1) abats de poulet — foie + gésier finement coupés, (2) pignons de pin grillés à blanc dans le beurre, (3) raisins de Corinthe trempés à l'eau tiède, (4) double épice cannelle-bahar (piment de Jamaïque) — c'est cette quaternité aromatique qui SIGNE le plat. Les versions modernes 'street' qui omettent les abats ou remplacent le riz baldo par du basmati ne sont PAS du İç Pilav authentique. Erreur fatale documentée par Musa Dağdeviren (The Turkish Cookbook) : faire revenir les pignons trop longtemps — ils brunissent en 30 secondes et passent au noir-amer en 60 secondes. Tradition palatiale décrite dans le recensement gastronomique du palais établi par Süleyman le Magnifique (XVIᵉ siècle), aujourd'hui plat de cérémonie pour mariages bourgeois et iftar Ramadan haut de gamme à Istanbul.
Şıra (jus de raisin frais non fermenté) ou Ayran salé. Pour version palatiale festive : compote d'abricots secs (kayısı hoşafı) en parallèle. Türk Kahvesi en clôture obligatoire. Possible Rakı pour adultes en version mezze.
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Verser le riz dans un saladier, couvrir d'eau tiède et frotter doucement avec les doigts pour libérer l'amidon. Égoutter, recommencer 4 à 5 fois jusqu'à ce que l'eau reste claire. Couvrir d'eau tiède additionnée d'une cuillère à soupe de sel et laisser tremper 30 minutes — étape canonique des pilavs turcs documentée par Topkapı Sarayı archives. Égoutter avant cuisson.
Pendant le trempage du riz : couper les foies de volaille en dés de 5 mm après les avoir éveinés (retirer les filaments blanchâtres). Couper les gésiers déjà cuits en petits dés. Faire tremper les raisins de Corinthe dans 10 cl d'eau tiède additionnée d'une cuillère à café de sucre — 15 minutes minimum, ils doivent gonfler. Réserver les pignons à part.
Dans une grande casserole à fond épais, faire fondre les 80 g de beurre clarifié à feu moyen. Quand le beurre frémit, ajouter les pignons de pin et les remuer constamment 2 à 3 minutes — surveillance critique : ils passent de blanc à doré clair, puis doré soutenu, puis noir en 30 secondes de plus. Sortir les pignons à l'écumoire dès la couleur dorée idéale, réserver. Garder le beurre parfumé dans la casserole.
Dans le beurre parfumé restant, ajouter l'oignon haché et le faire fondre à feu moyen 7 à 8 minutes — il doit devenir translucide-doré, jamais brun caramélisé. Ajouter ensuite les dés de foies crus et les dés de gésiers cuits. Saisir 4 minutes en remuant, jusqu'à ce que les foies soient cuits à l'extérieur mais encore rosés à cœur. Le mélange devient parfumé, lustré.
Ajouter les épices palatiales : cannelle, piment de Jamaïque (yenibahar), poivre noir. Mélanger 30 secondes pour libérer les arômes dans le beurre chaud. Réincorporer les pignons grillés réservés et les raisins de Corinthe gonflés (égouttés). Saler. Le mélange dégage maintenant un parfum complexe sucré-épicé qui signe le plat.
Égoutter parfaitement le riz trempé. L'ajouter dans la casserole sur le mélange aromatique. Mélanger délicatement à la spatule en bois pour enrober chaque grain de beurre parfumé — environ 2 minutes à feu moyen. Le riz devient légèrement translucide-nacré : c'est le signe qu'il est prêt à recevoir le bouillon. NE PAS SUR-MÉLANGER (les grains se cassent).
Verser le bouillon de volaille CHAUD (pas bouillant — environ 80°C) sur le côté de la casserole en filet doux pour ne pas perturber le riz. Porter à frémissement. Couvrir et baisser à feu très doux. Cuire 18 à 20 minutes sans jamais soulever le couvercle — c'est la règle d'or des pilavs ottomans. Couper le feu à la fin du temps.
Étape NON négociable. Couper le feu, ouvrir le couvercle 5 secondes pour évacuer la vapeur excessive. Couvrir IMMÉDIATEMENT la casserole d'un torchon propre tendu, puis remettre le couvercle dessus (le torchon absorbe l'humidité résiduelle). Laisser reposer 10 minutes sans toucher. Le riz finit de gonfler en grain détaché-translucide, c'est la 'chaleur du pilav' (pilavın demlenmesi). Aérer délicatement à la fourchette, parsemer de persil et aneth hachés. Servir aussitôt.
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Sourcer ou se taire
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