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Atlas Culinaire · Chine · Asie
Le baozi à soupe qui n'utilise pas d'aspic — à Kaifeng le bouillon vient de la farce elle-même, et c'est un cuisinier de la République qui a tranché ce point contre tout le reste de la Chine
LA MÉTHODE DOMINANTE en Chine consiste à incorporer à la farce un aspic de couenne (皮冻) qui fond à la vapeur et devient bouillon : c'est ainsi que procède le xiaolongbao du Jiangnan, déjà en base sous `CN010`.
LA MÉTHODE DE KAIFENG a été fixée autrement, et par un homme daté : sous la République, le cuisinier 黄继善 réforme le baozi de la maison 第一楼 sur trois points simultanés.
Il abandonne le mélange d'un tiers de pâte levée et de deux tiers de pâte morte pour ne garder que le 死面, pâte non levée, travaillée selon un pétrissage dit des trois souple et trois ferme, ce qui donne une peau très fine, blanche comme le jade et translucide sans cesser d'être nerveuse.
Il retire de la farce la sauce sucrée et l'aspic de couenne, jugés écœurants, et les remplace par du cuisseau de porc battu à l'eau selon le procédé dit du 水馅, jusqu'à obtenir une farce fluide comme une bouillie.
Il remplace enfin le grand panier par un petit panier de quinze pièces, cuit à feu vif et porté à table dans son panier.
Le résultat est décrit par une formule que toutes les sources reprennent : soulevé il fait une lanterne, posé il fait un chrysanthème.
La conséquence pratique est nette : un 灌汤包 de Kaifeng dont la farce contient de l'aspic n'est pas une variante, c'est un retour à ce que la réforme avait précisément écarté.
Le savoir-faire est classé au patrimoine immatériel PROVINCIAL du Henan en 2007, et non au niveau national comme on le lit souvent.
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Mêler farine, sel et eau froide, puis pétrir longuement en alternant des phases où la pâte est détendue à l'eau et des phases où elle est raffermie par le travail, selon le principe dit des trois souple et trois ferme que les sources attribuent à la réforme de la maison 第一楼. La cible est une pâte lisse, dense et très extensible, qui s'étire sans se déchirer. Si elle se rétracte au moindre étirement, la laisser reposer sous linge un quart d'heure de plus avant de reprendre, plutôt que de forcer.
Le pourquoiUne pâte non levée tire toute sa tenue de son réseau de gluten. L'alternance de détente et de travail développe ce réseau tout en le relâchant par intervalles, ce qui permet d'atteindre une finesse impossible avec un pétrissage continu.
Hacher le porc au couteau, le saler puis incorporer l'eau glacée par petites doses en battant toujours dans le même sens, sans passer à la dose suivante tant que la précédente n'a pas disparu. La farce gonfle, blanchit et devient brillante ; à la fin, elle doit couler de la cuillère en ruban épais, exactement comme une bouillie. Ajouter alors les aromates et l'huile de sésame. Si l'eau stagne et refuse d'entrer, placer la farce vingt minutes au froid et reprendre : une farce réchauffée n'absorbe plus.
Le pourquoiLe sel solubilise les protéines myofibrillaires, qui forment un gel capable de piéger l'eau. C'est ce gel qui relâchera le liquide sous forme de bouillon à la vapeur — le mécanisme exact que l'aspic remplace ailleurs.
Placer la farce montée au froid au moins une demi-heure avant le façonnage. Une farce à température ambiante est trop coulante pour être portionnée proprement, et elle attaque la pâte pendant qu'on plisse. La cible est une farce ferme au repos mais qui redevient fluide dès qu'on la remue. Si le temps manque, opérer par petites quantités en gardant le reste au froid, plutôt que de travailler une masse entière qui se réchauffe pendant le service.
Le pourquoiLe gel protéique se raffermit à basse température et se relâche à la chaleur. Le froid transforme donc une farce liquide en matière portionnable sans rien retirer du liquide qu'elle contient.
Diviser la pâte en pâtons d'une quinzaine de grammes et abaisser chacun en disque fin, en gardant le centre légèrement plus épais que les bords. La peau doit être translucide sans être fragile. La cible est un disque qui supporte une cuillerée de farce liquide sans s'affaisser. Si la pâte colle au rouleau, la fariner très légèrement au pinceau plutôt qu'à la main, car un excès de farine empêchera les plis de souder.
Le pourquoiLe fond du baozi supporte tout le poids du bouillon pendant la cuisson et le transport ; les bords, eux, doivent souder finement pour que la vingtaine de plis reste lisible. Une épaisseur uniforme échoue sur l'un ou l'autre point.
Garnir chaque disque d'une cuillerée de farce froide et remonter la pâte en plis serrés, en tournant régulièrement, jusqu'à fermer au sommet. Les sources décrivent une vingtaine de plis, qui comptent autant pour l'aspect que pour la respiration de la pièce à la cuisson. La cible est un dôme régulier fermé sans excès de pâte au sommet. Si un bouchon de pâte se forme en haut, le pincer et l'ôter : cette masse crue reste pâteuse et gâche la bouchée.
Le pourquoiLes plis créent un chemin d'échappement contrôlé pour la vapeur interne. Trop peu de plis et la pièce éclate par son point faible ; trop de pâte au sommet et le centre reste cru quand le fond est cuit.
Poser les pièces espacées sur un chemisage dans un petit panier, sur une eau en pleine ébullition, et cuire à feu vif entre sept et huit minutes. La réforme de la maison 第一楼 a précisément consisté à passer du grand panier au petit panier de quinze pièces cuit rapidement, pour préserver le jus. La cible est une peau devenue translucide où le bouillon se devine en mouvement. Si les pièces collent au chemisage, huiler très légèrement la prochaine fois plutôt que d'arracher, ce qui perce le fond.
Le pourquoiUne cuisson vive et courte fait fondre le gel protéique en bouillon avant que la pâte n'ait le temps de se saturer d'humidité. Une cuisson longue et douce donne une peau molle qui cède sous le poids du liquide.
Le panier se porte tel quel sur la table, ce qui fait partie de la réforme et du nom même du plat en petit panier. Ne pas transvaser dans une assiette : le transfert perce les fonds et vide les pièces. La cible est une pièce qui arrive intacte et pleine devant le convive. Si une pièce s'est percée à la cuisson, la retirer discrètement plutôt que de la servir — un baozi vide est un baozi manqué.
Le pourquoiLe fond d'un 灌汤包 cuit est saturé et ne pèse presque rien en résistance ; toute manipulation à la pince ou à la spatule le perce. Le service au panier n'est pas un décor, c'est une contrainte technique.
L'usage de Kaifeng, décrit par les sources locales, veut qu'on morde d'abord une petite ouverture dans la peau, qu'on boive le bouillon, puis qu'on avale la pièce entière. Cette séquence n'est pas un folklore : elle évite la brûlure et permet de percevoir séparément le bouillon et la finesse de la peau. La cible est un jus franchement chaud et clair. Si le jus manque, la farce n'avait pas absorbé assez d'eau — c'est le point à corriger, avant même la pâte.
Le pourquoiLe bouillon interne sort de la vapeur à une température supérieure à celle de la peau et brûle instantanément le palais. Le percement est le seul moyen de le laisser tomber de quelques degrés sans que la pièce refroidisse.
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Sourcer ou se taire
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