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Atlas Culinaire · Îles Salomon · Océanie
Dans le nord de Malaita, chez les To'abaita, Baeggu, Baelelea et Lau, le kata marque le temps de la récolte des noix ngali (Canarium indicum) — noyaux longuement décortiqués puis pilés et mêlés au taro rôti et écrasé, une préparation documentée dans les années 1970 par le chercheur Ian Frazer comme rythmée par des chants de travail collectifs.
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Récolter les noix ngali en pleine saison, puis les casser une à une pour en extraire le noyau — un travail long et minutieux, traditionnellement réalisé en groupe et accompagné de chants de travail dans le nord de Malaita. Vérifier soigneusement chaque noyau pour retirer tout fragment de coquille dure résiduel. Cette étape collective marque le début véritable de la préparation du kata.
Rôtir le taro épluché, idéalement au four de pierres (motu), jusqu'à ce qu'il soit tendre à cœur et légèrement doré en surface. Cette cuisson lente développe un goût plus rond et une note fumée que ne donnerait pas une simple cuisson à l'eau bouillante. Vérifier la cuisson en piquant au centre des morceaux les plus épais.
Piler les noyaux de ngali décortiqués jusqu'à obtenir une pâte grasse et homogène, à l'aide d'un mortier en bois ou d'une pierre plate. La richesse naturelle en huile de la noix ngali — près de 70% de son poids — facilite ce pilage et donne rapidement une texture onctueuse. Travailler par petites quantités pour un pilage plus régulier.
Écraser le taro rôti encore chaud dans un grand récipient en bois, jusqu'à obtenir une pulpe lisse sans morceaux fermes. Travailler le taro chaud plutôt que refroidi facilite grandement cette étape et donne une texture plus homogène au mélange final. Réserver la pulpe écrasée.
Incorporer la pâte de noix ngali à la pulpe de taro écrasée, en travaillant le mélange jusqu'à obtenir une masse homogène et brillante. Ajuster la texture avec un peu de lait de coco si le mélange semble trop sec ou compact. Saler légèrement selon le goût.
Façonner le kata en portions individuelles à la main, ou le présenter en un grand récipient commun selon l'usage de la saison de récolte. Ce pudding se consomme traditionnellement tiède, en marque de fin de la période de décorticage collectif. Il constitue autant un mets festif qu'un objet de troc lors des échanges communautaires.
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