Chargement de lâatlas
Atlas Culinaire · Indonésie · Asie
Le taro bouilli puis pilé au mortier jusqu'à devenir dense et soyeux : le féculent qui nourrit la Papouasie avant que le riz n'arrive
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Ăpluchez les tubercules de taro sous un filet d'eau froide, ou avec des gants : la sĂšve du taro cru contient les mĂȘmes cristaux d'oxalate que ses feuilles et provoque une dĂ©mangeaison tenace sur la peau. Coupez la chair en gros cubes rĂ©guliers de quatre centimĂštres. La chair doit ĂȘtre blanche Ă violacĂ©e, ferme, sans zone grise ou molle qui trahirait un tubercule qui a tournĂ©.
Plongez les cubes dans une grande casserole d'eau froide salĂ©e et portez Ă Ă©bullition, puis laissez cuire Ă frĂ©missement vingt-cinq Ă trente minutes. Le taro est prĂȘt quand la lame d'un couteau entre sans la moindre rĂ©sistance et ressort nette. Contrairement Ă la pomme de terre, il ne se dĂ©lite pas : il reste dense et compact, c'est normal.
Pendant la cuisson du taro, faites chauffer doucement le lait de coco avec le sel et la feuille de pandan nouĂ©e, sans jamais le faire bouillir. Il doit ĂȘtre fumant au moment oĂč vous l'incorporerez. Un lait de coco froid versĂ© sur du taro brĂ»lant fait chuter la tempĂ©rature et bloque net le lissage de la purĂ©e.
Ăgouttez le taro et transfĂ©rez-le immĂ©diatement, encore brĂ»lant, dans un grand mortier de bois ou de pierre. Pilez avec rĂ©gularitĂ©, en tournant le mortier d'un quart de tour entre chaque frappe, jusqu'Ă obtenir une masse lisse, dense et sans morceau. C'est un travail de bras : comptez dix bonnes minutes. La texture cherchĂ©e est celle d'une purĂ©e de bĂ©bĂ© selon les descriptions natives â soyeuse, Ă©paisse, compacte.
Versez le lait de coco chaud en trois fois sur la purée, en continuant à piler ou en travaillant à la spatule. La masse s'assouplit et prend un brillant satiné. Ajustez la quantité selon l'école que vous suivez : plus généreuse sur la cÎte, plus sobre en montagne. Goûtez et salez ; n'ajoutez le sucre de palme que d'une cuillerée si vous y tenez, en gardant l'idée que le plat doit rester neutre.
Effilochez le poisson fumĂ© Ă la main en retirant les arĂȘtes, et faites-le tiĂ©dir quelques minutes Ă la poĂȘle sĂšche pour rĂ©veiller son fumĂ©. C'est lui qui apporte le sel, la fumĂ©e et la protĂ©ine dont la purĂ©e neutre a besoin. Sans un accompagnement salĂ© et fumĂ©, le keladi tumbuk n'est qu'un fĂ©culent â c'est l'assemblage qui fait le repas papou.
Dressez une belle quenelle ou un dĂŽme de keladi tumbuk au centre de l'assiette, disposez le poisson fumĂ© effilochĂ© d'un cĂŽtĂ©, la fougĂšre au lait de coco de l'autre, et une cuillerĂ©e de sambal en pointe. Servez chaud. On mange en prĂ©levant un peu de purĂ©e avec un peu de chaque accompagnement Ă chaque bouchĂ©e : neutre, fumĂ©, gras, piquant â c'est ce quatuor que cherchent les Papous.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Sourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier Ă cuisiner cette recette.
Vous l'avez testée ? Notez-la et partagez votre version : vous aidez l'Atlas à grandir.