Chargement de l'atlas
Atlas Culinaire · Aruba · Amériques
Le plat de pĂȘcheur aruban â poisson blanc bouilli puis Ă©miettĂ©, sautĂ© au beurre avec roucou (annatto), oignon, poivron, cĂ©leri et basilic frais, servi sur funchi ou pan bati
Le **keri keri** (aussi Ă©crit *karikari* ou *kerikeri*) est-il un plat **amĂ©rindien arawak** authentiquement prĂ©colombien ou une recette **crĂ©ole post-coloniale** colorĂ©e au roucou importĂ© ? Le dĂ©bat divise les guides culinaires arubans. Plusieurs sources touristiques (atastefortravel.ca, wheninaruba.com) le prĂ©sentent comme « un dĂ©licieux ragoĂ»t aruban aux racines dans l'hĂ©ritage indigĂšne arawak de l'Ăźle », ce qui flatte le rĂ©cit identitaire d'une cuisine antĂ©rieure Ă la colonisation hollandaise. Mais cette filiation arawak reste **non documentĂ©e par les historiens** : le **roucou (annatto, *Bixa orellana*)** qui donne sa couleur orange signature est bien un colorant amĂ©rindien d'AmĂ©rique du Sud, mais le **beurre/margarine** de la cuisson, le **basilic** et le **poivron** trahissent une recette mĂ©tissĂ©e bien plus tardive. Point tranchĂ© par la fiche officielle de **Visit Aruba** (visitaruba.com/aruba-recipes/keri-keri, guide touristique national) : « la recette traditionnelle de Kerikeri ou Karikari demande d'utiliser de la **viande de requin** et c'est considĂ©rĂ© comme un mets de choix » â le requin (souvent requin-citron ou tope local) est la chair historique du plat, le poisson blanc ferme n'Ă©tant qu'un substitut moderne accessible. Le keri keri est donc plus honnĂȘtement dĂ©crit comme un **plat de pĂȘcheur** : une façon Ă©conome d'accommoder les prises du jour ou les restes de poisson bouilli, sautĂ© au roucou pour la couleur et la conservation, servi avec un fĂ©culent local (funchi de maĂŻs ou pan bati). Sa diffusion suit les communautĂ©s de pĂȘche d'Aruba et de la diaspora ABC, pas une lignĂ©e arawak attestĂ©e.
Awa di lamunchi (limonade au citron vert local) â Balashi (biĂšre nationale aruban) â Jus de tamarin glacĂ© â eau de coco
Le keri keri est un classique domestique et de pĂȘcheur aruban, plutĂŽt qu'un plat de restaurant gastronomique. PrĂ©sent sur les tables familiales des communautĂ©s de pĂȘche et dans la cuisine de rĂ©cupĂ©ration (accommoder les prises de second choix ou les restes de poisson bouilli), il incarne l'Ă©conomie de la cuisine insulaire ABC (Aruba/Bonaire/Curaçao). Servi avec funchi ou pan bati, il figure parmi les plats listĂ©s dans les guides « must-try » d'Aruba (A Taste for Travel, When in Aruba). Note 8/10 â emblĂ©matique de l'identitĂ© culinaire de pĂȘche mais moins ubiquitaire que le pastechi ou le funchi du quotidien.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Porter 1 litre d'eau avec 1 c.Ă .s. de sel Ă frĂ©missement dans une casserole large. Y dĂ©poser les filets de poisson blanc. Pocher Ă petits frĂ©missements 15 Ă 20 minutes, jusqu'Ă ce que la chair soit opaque et se dĂ©tache facilement Ă la fourchette. Ne pas laisser bouillir Ă gros bouillons, ce qui dessĂšcherait et dĂ©ferait la chair trop brutalement. Ăgoutter en rĂ©servant 2 Ă 3 c.Ă .s. d'eau de cuisson.
Laisser tiĂ©dir le poisson quelques minutes pour pouvoir le manipuler. L'effeuiller Ă la fourchette en petits flocons, en retirant SOIGNEUSEMENT la moindre arĂȘte et la peau. C'est l'Ă©tape de vigilance du plat â un keri keri se mange sans surprise sous la dent. RĂ©server la chair Ă©miettĂ©e dans un bol.
Dans une grande poĂȘle, faire fondre le beurre (ou la margarine traditionnelle) Ă feu moyen. Ajouter l'oignon, le poivron vert et le cĂ©leri en petits dĂ©s. Faire suer 3 Ă 5 minutes en remuant, jusqu'Ă ce que les lĂ©gumes soient tendres et translucides sans colorer. La base aromatique doit rester douce, jamais brunie. C'est le socle parfumĂ© du plat.
Baisser le feu au minimum. Ajouter le poisson Ă©miettĂ© dans la poĂȘle et mĂ©langer dĂ©licatement avec les lĂ©gumes. Cuire 5 minutes Ă feu doux en remuant de temps en temps, sans Ă©craser les flocons. Si la masse paraĂźt sĂšche, ajouter 1 Ă 2 c.Ă .s. de l'eau de pochage rĂ©servĂ©e. Le mĂ©lange doit rester moelleux et nappant, pas dessĂ©chĂ©.
Incorporer le roucou (annatto en poudre) et le poivre noir, mĂ©langer 1 minute pour teinter uniformĂ©ment la masse d'un orange chaud. GoĂ»ter et ajuster le sel. Couper le feu et ajouter le basilic frais ciselĂ© hors du feu, en mĂ©langeant dĂ©licatement. Le roucou tardif garde sa couleur vive et le basilic son parfum â deux gestes de fin de cuisson non nĂ©gociables.
Servir le keri keri tiĂšde ou Ă tempĂ©rature ambiante (jamais brĂ»lant), dressĂ© sur un funchi crĂ©meux (polenta de maĂŻs aruban) ou Ă cĂŽtĂ© d'un pan bati chaud. Accompagner de quartiers de citron vert Ă presser Ă table. C'est le dĂ©jeuner classique du pĂȘcheur aruban : une portion gĂ©nĂ©reuse de poisson colorĂ© et parfumĂ©, un fĂ©culent local doux, une pointe d'aciditĂ© fraĂźche.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Sourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier Ă cuisiner cette recette.
Vous l'avez testée ? Notez-la et partagez votre version : vous aidez l'Atlas à grandir.