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Atlas Culinaire · Cameroun · Afrique
GĂąteau-pudding dorĂ© d'haricots cornilles Ă©crasĂ©s Ă l'huile de palme rouge, cuit vapeur dans des feuilles de bananier â patrimoine culturel immatĂ©riel du Cameroun (dĂ©cret 2021), texture entre flan et terrine, parfumĂ© piment et Ă©pinards, accompagne plantain bouilli ou manioc
Le **Koki** est-il un plat **BAMILEKE OUEST** ou un plat **PAN-CAMEROUNAIS** ? RĂ©ponse documentĂ©e. ORIGINE : selon Wikipedia EN sourcĂ©e sur le dĂ©cret du **MINISTĂRE DES ARTS ET DE LA CULTURE du 21 fĂ©vrier 2021** classant le koki au **patrimoine culturel immatĂ©riel national**, le plat est revendiquĂ© simultanĂ©ment par les peuples **MBO** (dĂ©partement du Moungo, Littoral), **BAZOU** et **BAFANG** (Sud-Ouest, zone bamileke), **MAKAA**, **BASSA** et **BANEN** (RĂ©gion du Centre/Ouest) â donc PAS un plat exclusivement bamileke, mais un patrimoine culinaire **TRANSETHNIQUE** des hauts-plateaux et des rĂ©gions Littoral/Sud-Ouest/Ouest. PremiĂšre controverse : **L'ĂTIQUETTE 'BAMILEKE'** vs rĂ©alitĂ© partagĂ©e â les Bazou (clan bamileke) ont créé le terme dĂ©rivĂ© **'KEKUA'**, ce qui ancre la version bamileke dans la mĂ©moire mais n'exclut pas les Mbo qui en revendiquent l'antĂ©rioritĂ©. DeuxiĂšme controverse : **KOKI vs MOIN-MOIN NIGĂRIAN** â confusion frĂ©quente, mais Wikipedia tranche : le koki camerounais est aux **HARICOTS CORNILLES (NIĂBĂ)** seuls, le moin-moin nigĂ©rian (Yoruba/Efik) utilise les mĂȘmes haricots MAIS y ajoute parfois Ćuf/poisson/crevettes â et SURTOUT il existe une version nigĂ©riane voisine **AU MAĂS FRAIS** (et non aux haricots) qui est le vrai cousin direct. TroisiĂšme controverse : **FEUILLES DE BANANIER OBLIGATOIRES** ? Tradition exclusive aux feuilles de bananier ou de macabo (cocoyam) selon Wikipedia ; les versions modernes utilisent papier sulfurisĂ© ou aluminium par dĂ©faut d'approvisionnement, MAIS le parfum vĂ©gĂ©tal du bananier brĂ»lĂ© sous la vapeur est **NON SUBSTITUABLE** au plan gustatif. QuatriĂšme controverse : **APPELLATION ANGLOPHONE 'KOKI BEANS'** â dans les RĂ©gions Sud-Ouest et Nord-Ouest anglophones (Bamenda, Buea), le plat est appelĂ© 'Koki Beans' pour diffĂ©rencier du 'Koki Corn' (version maĂŻs). CinquiĂšme controverse : **HUILE DE PALME ROUGE NON RAFFINĂE** = signature couleur dorĂ©e â l'huile de palme raffinĂ©e (jaune pĂąle, sans goĂ»t) donne un koki blafard et insipide ; les diasporas en France/Belgique trichent souvent par dĂ©faut d'approvisionnement.
Bil-bil (biĂšre de mil camerounaise) ou Guinness Cameroun fraĂźche â alternative non-alcoolisĂ©e : jus de bissap (hibiscus) frais ou eau de coco. Servir avec plantain mĂ»r bouilli ou manioc bouilli (water fufu).
Plat patrimonial du Cameroun, classĂ© **patrimoine culturel immatĂ©riel national** par dĂ©cret du MinistĂšre des Arts et de la Culture le **21 fĂ©vrier 2021**. PrĂ©sent sur tous les marchĂ©s et bord de routes des rĂ©gions Ouest, Littoral, Sud-Ouest, Centre â Bafoussam, Bandjoun, Douala, Buea, Bamenda, YaoundĂ©. Plat de cĂ©rĂ©monie (mariages, funĂ©railles bamileke), de marchĂ© et de petit-dĂ©jeuner protĂ©inĂ©. Diaspora active en France (Paris, Aubervilliers), Belgique (Matonge), Royaume-Uni â Ă©piceries africaines vendent haricots dĂ©cortiquĂ©s prĂȘts Ă blender. Cousin direct du moin-moin nigĂ©rian (haricots) et du koose ghanĂ©en (frit, pas vapeur).
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Rincer les haricots cornilles secs deux fois Ă l'eau claire. Les couvrir de 2 litres d'eau froide et laisser tremper 4 Ă 12 heures (idĂ©al : la veille au soir). Ăgoutter, puis frotter Ă©nergiquement entre les paumes au fond d'un grand saladier rempli d'eau pour dĂ©coller les peaux noires. Les peaux flottent â les Ă©cumer Ă la passoire fine. RĂ©pĂ©ter 3-4 cycles jusqu'Ă haricots blanc-crĂšme intĂ©gralement pelĂ©s.
DĂ©couper les feuilles de bananier en rectangles d'environ 25Ă30 cm en retirant la nervure centrale rigide. Passer chaque feuille **2-3 secondes cĂŽtĂ© brillant au-dessus d'une flamme directe** (gaz ou bougie en dĂ©pannage) jusqu'Ă ce que la chlorophylle vire vert sombre brillant et que la feuille devienne souple. Essuyer avec un linge humide.
Dans un blender puissant, mixer par fournĂ©es les haricots pelĂ©s avec l'oignon, le piment habanero, l'ail (si utilisĂ©) et 600 ml d'eau froide. Travailler par lots de 2-3 louches pour Ă©viter de surcharger le moteur. Obtenir une **purĂ©e lisse et homogĂšne**, jamais granuleuse â la texture finale du koki dĂ©pend de cette finesse. Verser dans un grand saladier.
Fouetter vigoureusement la pĂąte au fouet manuel pendant **10 minutes pleines** comme une mayonnaise. Le mĂ©lange double de volume, blanchit lĂ©gĂšrement, devient mousseux. C'est l'Ă©tape **non nĂ©gociable** qui donne au koki sa texture aĂ©rienne flan-soufflĂ© â sans cette aĂ©ration mĂ©canique, le koki sort dense et caoutchouteux.
Dans une petite casserole, chauffer l'huile de palme rouge Ă feu doux **1 minute jusqu'au tout premier frĂ©missement**, JAMAIS jusqu'Ă fumĂ©e. L'huile doit rester rouge orangĂ©e vive â si elle pĂąlit (jaune), elle est ruinĂ©e. Verser tiĂšde sur la pĂąte d'haricots fouettĂ©e tout en continuant Ă fouetter pour intĂ©grer l'huile sans casser la mousse.
Ajouter le sel, les cubes Maggi Ă©miettĂ©s (ou bouillon en poudre), bien fouetter 1 minute. GoĂ»ter â la pĂąte crue doit ĂȘtre franchement salĂ©e (la vapeur diluera). Hacher grossiĂšrement les Ă©pinards et les **plier dĂ©licatement Ă la spatule** (pas au fouet) pour les rĂ©partir sans casser la mousse. La pĂąte est prĂȘte.
Sur le plan de travail, superposer une feuille d'aluminium (extérieur) puis une feuille de bananier (intérieur). Déposer une grosse louche de pùte (environ 1 tasse / 250 ml) au centre. Ramener les 4 coins de la feuille de bananier vers le haut pour former une **bourse fermée**. Replier l'aluminium par-dessus pour étanchéifier. Répéter avec les 8 paquets.
Tapisser le fond d'un grand faitout de feuilles de bananier ou de tiges de bananier (ou d'un panier vapeur surĂ©levĂ©). Ajouter 2 litres d'eau bouillante sans toucher les paquets. Disposer les paquets de koki debout serrĂ©s. Couvrir hermĂ©tiquement (papier alu sous le couvercle si nĂ©cessaire). Cuire Ă feu moyen-doux **1h30 minimum**, en rĂ©ajustant l'eau toutes les 30 minutes â le faitout ne doit jamais s'assĂ©cher.
Sortir les paquets, laisser **reposer 5 minutes** (la pĂąte se raffermit). Ouvrir l'aluminium puis dĂ©rouler la feuille de bananier â le koki se prĂ©sente comme un flan dorĂ© marbrĂ© de vert, parfumĂ©. Servir immĂ©diatement, accompagnĂ© de plantain mĂ»r bouilli ou de manioc bouilli (water fufu). Le koki tiĂ©di est dĂ©licieux le lendemain en sandwich avec pain camerounais.
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