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Atlas Culinaire · Malaisie · Asie
Trois bouchées souples et rebondissantes, une cuvette au centre, et le sel de la noix de coco fraîche qui vient couper le sucre de palme au dernier moment.
Le Kamus Dewan Edisi Keempat, consultable au portail PRPM du Dewan Bahasa dan Pustaka, distingue deux homonymes « lompang » — le premier signifie « kosong », vide, et désigne aussi une bulle ou un espace fin dans une cellule ; le second signifie « alat utk menumbuk beras dll ; ark lesung », l'instrument à piler le riz, c'est-à-dire le mortier.
Or c'est sous ce SECOND homonyme, celui du mortier, que le dictionnaire range le composé « kuih ~ », défini comme « sj kuih dibuat drpd tepung beras », et le Kamus Pelajar Edisi Kedua reproduit exactement le même classement.
La glose anglophone la plus répandue, reprise par l'article Wikipedia « Kuih kosui » et par le blog What To Cook Today, rattache au contraire le nom au creux central en traduisant « lompang » par « hollow » — donc au premier homonyme.
Autrement dit, le DBP nomme le gâteau d'après le RÉCIPIENT en forme de mortier dans lequel il cuit, tandis que l'usage courant le nomme d'après le CREUX qui se forme dedans, et aucune des deux lectures ne peut être écartée puisque le godet et sa cuvette ont la même silhouette.
La deuxième ligne de fracture est communautaire et porte sur la farine : Kenneth Goh (Guai Shu Shu, Singapour) écrit noir sur blanc que « most nonya recipes uses alkaline water, rice and tapioca flour where as Malay recipes uses kapur (edible calcium carbonate or chalk), rice and wheat flour », et les trois recettes malaises publiées par le portail malaisien Rona.my confirment ce second schéma en listant tepung gandum et air kapur là où les recettes nyonya ne mettent que du riz et du tapioca — ce que le papier de Kamaruzaman, Ab Karim, Che Ishak et Arshad dans le Journal of Ethnic Foods (2020) décrit comme la reformulation nyonya du kuih malais traditionnel.
Enfin, aucune fiche consacrée à ce kuih n'a été trouvée par recherche site-restreinte sur le registre patrimonial JKKN (site:pemetaanbudaya.jkkn.gov.my, requêtes « kuih kosui », « kuih lompang » et « kuih kaswi », le 4 août 2026) ; l'énumération locale de la catégorie Makanan Tradisional du portail ayant échoué au mot de contrôle « pasembor », aucune conclusion d'absence du registre n'est écrite ici.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Concassez les cylindres de gula melaka au couteau, versez-les dans une petite casserole avec les 250 ml d'eau, le sucre blanc et les deux feuilles de pandan nouées en boucle, et chauffez à feu doux en remuant jusqu'à dissolution complète. On travaille doux parce qu'on cherche une simple mise en solution, pas une cuisson de sucre — le sirop doit rester fluide comme de l'eau colorée, jamais nappant. Vous saurez que c'est le bon moment quand plus aucun grain ne crisse sous la cuillère, que la vapeur sent le caramel et l'herbe fraîche du pandan, et que la couleur est celle d'un thé très infusé. Passez ensuite le sirop au chinois fin — le sucre de palme artisanal contient toujours des fibres et des débris de moule qui feraient des points noirs dans le gâteau. Si le sirop a trop réduit et que vous récupérez moins de 250 ml, complétez à l'eau bouillante pour retrouver le volume exact, sinon tout le ratio liquide de la recette est faussé.
Le pourquoiLe saccharose se dissout intégralement bien avant l'ébullition ; passé 105 °C il commence à concentrer et à caraméliser, ce qui déplacerait l'équilibre eau-amidon et durcirait le gel final.
Délayez une demi-cuillère à café de kapur sirih, la chaux alimentaire vendue en pâte rosée ou blanche dans les épiceries asiatiques, dans 100 ml d'eau froide, remuez franchement puis laissez reposer un quart d'heure sans y toucher. La chaux est très peu soluble et seule la fraction dissoute nous intéresse — le dépôt blanc qui tombe au fond est de la chaux en suspension, âpre, crayeuse et absolument à laisser dans le verre. Au bout de quinze minutes vous voyez nettement deux couches, une eau limpide légèrement bleutée au-dessus et un sédiment opaque en dessous ; prélevez une cuillère à soupe du liquide clair, à la cuillère et non en versant. Goûtez une goutte du bout du doigt, elle doit être franchement savonneuse mais pas piquante. Si vous ne trouvez pas de kapur sirih, un quart de cuillère à café de bicarbonate de soude ou une demi cuillère à café d'eau alcaline chinoise donnent le même résultat — l'auteure du blog The Informal Chef, qui publie ce gâteau sous son nom chinois 香兰卡穗糕, explique avoir opéré exactement cette substitution faute de trouver de l'air kapur.
Le pourquoiMonter le pH de la pâte fournit des ions hydroxyde qui déstabilisent les liaisons hydrogène entre les chaînes d'amidon, abaissent la température de gélatinisation, augmentent le gonflement des granules et la clarté de l'empois — d'où la translucidité et le rebond. L'alcalinité freine en outre la rétrogradation de l'amylose, ce qui explique que le kuih reste souple le lendemain au lieu de devenir crayeux.
Réunissez la farine de riz, la farine de tapioca et la pincée de sel dans un grand saladier, puis versez les 450 ml d'eau FROIDE en trois fois en fouettant à chaque ajout. On procède à froid parce que l'amidon ne gélatinise pas sous 60 °C — les grains se dispersent alors un par un au lieu de s'agglomérer. La pâte doit devenir parfaitement lisse, couleur crème, sans le moindre grumeau au fond, et couler du fouet en ruban qui disparaît aussitôt. Passez un doigt sur le dos d'une cuillère trempée dedans, la trace doit être franche et sans grain. Si des grumeaux subsistent malgré tout, passez l'ensemble au chinois plutôt que de fouetter plus fort, car au-delà d'une minute vous ne faites plus qu'incorporer de l'air qui deviendra des cratères en surface.
Le pourquoiSous 60 °C les granules d'amidon restent intacts et hydrophiles sans gonfler, ce qui permet une dispersion homogène impossible à obtenir dans l'eau chaude où la surface gélatinise avant que le cœur du grumeau soit mouillé.
Attendez que le sirop soit redescendu à peine tiède, autour de 40 à 50 °C, et versez-le en mince filet sur la pâte en fouettant sans arrêt, puis ajoutez la cuillère à soupe d'eau de chaux décantée. Le sirop doit être tiède et non chaud, sinon il pré-gélatinise localement l'amidon et la texture finale devient sableuse au lieu d'être lisse. Filtrez l'appareil complet au chinois dans un pichet à bec verseur, ce qui élimine d'un coup les dernières fibres de sucre de palme et les grumeaux résiduels, puis laissez reposer un quart d'heure pour que les granules finissent de s'hydrater et que les bulles remontent. L'appareil doit avoir la fluidité d'une crème liquide, une couleur d'acajou clair, et sentir le caramel et le pandan. Juste avant de remplir, refouettez impérativement le pichet pendant cinq secondes — riz et tapioca sédimentent en trois minutes et c'est la cause numéro un des kuih à fond dur et sommet mou.
Le pourquoiLe repos achève l'hydratation capillaire des granules d'amidon, ce qui homogénéise la gélatinisation à la vapeur ; les bulles d'air incorporées au fouettage, elles, remontent et éclatent au lieu d'aller former des cratères sous la surface du gâteau.
Disposez vos godets vides — petites coupelles en métal, ramequins ou tasses à thé chinoises en porcelaine de 40 à 50 ml — dans le panier vapeur, couvrez et laissez-les chauffer cinq minutes à pleine ébullition avant de les remplir. Un godet brûlant fait prendre la pâte instantanément contre ses parois, ce qui verrouille la répartition des farines au lieu de la laisser sédimenter pendant la montée en température. Vous entendez le bouillonnement franc du fond du cuiseur et la buée doit recouvrir entièrement l'intérieur des godets. Pamelia Chia, autrice singapourienne de la lettre Singapore Noodles, décrit ces moules comme des tasses à thé chinoises « thimble-sized », de la taille d'un dé à coudre — plus le godet est petit, plus la cuisson est rapide et régulière. Si vos godets sont en métal fin et rayé, passez au pinceau un voile d'huile neutre avant de les chauffer, mais évitez-le sur la porcelaine, où il empêcherait le gâteau d'adhérer assez pour se rétracter proprement.
Le pourquoiAu contact d'une paroi à 100 °C, la couche d'appareil en contact franchit immédiatement le seuil de gélatinisation et fige, formant une gaine qui immobilise les granules d'amidon encore en suspension au centre.
Refouettez le pichet une dernière fois puis remplissez chaque godet brûlant aux trois quarts, en laissant trois à quatre millimètres sous le bord — c'est cette marge qui permettra à la cuvette centrale de se lire, un godet rempli à ras donne un dôme plat et sans caractère. Essuyez immédiatement les coulures sur les bords, tendez un torchon propre sous le couvercle du cuiseur pour intercepter la condensation, et laissez cuire douze à quinze minutes à vapeur vive pour des godets de 45 ml. Vous verrez la surface passer du brun opaque et mat au brun brillant et légèrement translucide, signe que la gélatinisation est complète de part en part. Le gâteau doit trembler en bloc quand vous secouez délicatement la grille, et un cure-dent planté au centre doit ressortir propre. Si le centre reste laiteux au bout de quinze minutes, ce sont vos godets qui sont trop profonds — prolongez de trois minutes plutôt que de monter le feu, qui ne ferait que projeter de l'eau bouillante dans les coupelles.
Le pourquoiLa vapeur saturée transmet sa chaleur latente à l'appareil sans l'agiter ni le dessécher ; les granules d'amidon gonflent, absorbent l'eau et libèrent l'amylose qui construit le réseau du gel.
Sortez les godets du cuiseur avec une pince, posez-les sur une grille et laissez-les refroidir complètement sans y toucher, au moins une demi-heure. C'est en refroidissant, et seulement en refroidissant, que le réseau d'amidon se resserre, expulse un peu d'eau et fait s'affaisser le centre, gélatinisé en dernier — la cuvette caractéristique qui vaut au gâteau son nom malais de kuih lompang apparaît sous vos yeux en quelques minutes. Les godets en métal, meilleurs conducteurs, donnent un creux plus net et plus profond que la porcelaine, qui rend une surface presque plate. Le kuih est prêt à démouler quand il s'est visiblement rétracté des parois, qu'il est froid au toucher, et qu'un quart de tour de la pointe d'un couteau suffit à le décoller d'un seul tenant. Si vous le forcez encore tiède, il se déchire en deux et laisse sa base collée au fond du godet — dans ce cas, remettez les autres godets vingt minutes au frais avant de réessayer.
Le pourquoiLe gel d'amidon se contracte en se refroidissant, phénomène de synérèse, et la zone la plus tardivement gélatinisée, c'est-à-dire le centre du godet, est celle qui se rétracte le plus — d'où l'affaissement en cuvette plutôt qu'un retrait uniforme.
Mélangez la noix de coco fraîchement râpée avec la demi-cuillère à café de sel fin, déposez la feuille de pandan au milieu, et passez le tout dix minutes à la vapeur vive, exactement comme le recommandent Kitchen Tigress et le portail malaisien Rona.my, qui parle d'« isi kelapa parut bergaram yang sudah dikukus terlebih dahulu ». Cette vapeur n'est pas décorative — la coco fraîche fermente et rancit en quelques heures sous les tropiques, et le passage à la vapeur la pasteurise, fixe le sel sur la fibre et l'assouplit. Vous devez obtenir une coco brillante, chaude, gonflée, qui sent le lait frais et jamais l'aigre. Retirez la feuille de pandan, étalez la coco sur une assiette et laissez-la tiédir à découvert pour qu'elle ne continue pas à cuire dans sa propre vapeur. Si votre coco est déshydratée, réhydratez-la d'abord dix minutes dans un peu d'eau tiède salée, sinon elle ressortira de la vapeur aussi sèche qu'elle y est entrée.
Le pourquoiLa chaleur humide inactive les lipases de la chair de coco, responsables du rancissement hydrolytique qui donne ce goût savonneux caractéristique au bout de quelques heures.
Roulez chaque kuih démoulé dans la noix de coco salée juste avant de passer à table, en pressant légèrement pour que la chair adhère aux flancs et se loge dans la cuvette centrale. Ce dernier-moment n'est pas négociable — c'est tout l'équilibre du gâteau qui repose sur le contraste entre le sucre de palme du cœur et le sel gras de l'enrobage, et ce contraste s'efface dès que l'humidité migre de l'un vers l'autre. Un kuih correctement enrobé est mat de coco sur toute sa surface, souple sous le doigt, et rebondit légèrement quand on le presse. Servez-le à température ambiante, jamais froid du réfrigérateur, avec un thé sans sucre. Si vous devez transporter les gâteaux, emportez la coco à part dans une boîte séparée et n'enrobez qu'à l'arrivée.
Le pourquoiEntre un gel d'amidon très hydraté et une chair de coco poreuse, l'eau migre par différence d'activité de l'eau ; en quelques dizaines de minutes la coco s'imbibe et le gâteau se dessèche en surface.
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Sourcer ou se taire
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