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Atlas Culinaire · Guinée · Fouta Djallon
L'âme blanche du Fouta Djallon — perles de maïs roulées à la main, vapeur deux fois, noyées de lait caillé glacé sucré au miel de Mamou : le plat sans lequel aucune cérémonie peule ne se conçoit.
Plat-totem de la culture peule (Fulɓe) du Fouta Djallon, partagé avec Sénégal, Mali, Burkina, Cameroun et Tchad — mais la version guinéenne a ses spécificités revendiquées. (1) NOM : 'Latchiri' (orthographe française dominante) / 'Lakiri' (variante phonétique TikTok jeune génération) / 'Lacciri' (orthographe pulaar académique) — désigne le couscous de maïs cuit vapeur. 'Kossam' (variantes : Kossan, Kossom, Kosam) = lait caillé fermenté. Source : Roots Magazine, article référence sur l'art culinaire peulh, et Wikipedia FR Cuisine guinéenne. (2) MAÏS vs MIL — débat fondamental : la version GUINÉENNE moderne utilise le maïs (kaba), introduit par les Portugais au XVIᵉ siècle puis adopté massivement au Fouta Djallon. La version MALIENNE / SÉNÉGALAISE plus ancienne utilise le mil (thiéré au Sénégal). Les anciens du Fouta affirment que le 'vrai' Latchiri était autrefois au mil — la bascule au maïs date des années 1950-60 (rendements plus élevés en zone montagneuse humide). (3) STATUT CÉRÉMONIEL ABSOLU : 'aucune cérémonie majeure en Guinée — baptêmes, mariages, sacrifices, rituels de veuvage — ne se tient sans Latchiri Kossam' (Saveurs du Pays, fiche produit Bissi Guinée). Servi obligatoirement à la circoncision, au 7ᵉ jour du nouveau-né (denabo), au mariage (futahoore), aux funérailles (Sadaqa, le 3ᵉ et 40ᵉ jours). Refuser un Latchiri Kossam offert est une grave offense au Fouta. (4) ROULAGE À LA MAIN : la technique traditionnelle du roulage des grains de semoule humide entre les paumes (gestes circulaires lents) s'apprend dès 7-8 ans chez les filles peules. Les grains doivent atteindre la taille d'une tête d'épingle (1-2 mm), réguliers. La machine industrielle moderne donne des grains plus gros et moins moelleux : les puristes refusent. (5) DOUBLE VAPEUR : le Latchiri se cuit OBLIGATOIREMENT en deux passages vapeur (15 min + 20 min) avec hydratation salée intermédiaire — sans cette technique, les grains restent durs au cœur. C'est la signature peule, distincte du couscous nord-africain (3 vapeurs minimum) et du couscous sénégalais (1 vapeur unique). (6) KOSSAM — LAIT CAILLÉ : traditionnellement obtenu en laissant tourner le lait de vache zébu peul (race Ndama) dans une calebasse en bois (horde) pendant 12-24 h à température ambiante (28-32°C), avec ajout d'un peu de kossam précédent comme starter. Aujourd'hui, le yaourt nature brassé ou le 'lait caillé' du commerce remplace souvent — perte de complexité. (7) SUCRE / MIEL : la version urbaine sucre au sucre cristallisé. La version Fouta authentique sucre au miel de Mamou (apiculture traditionnelle) ou au sucre de canne brut. Certains familles ajoutent quelques gouttes de jus de tamarin pour acidifier. (8) MOMENT DE SERVICE : se déguste FROID au goûter de l'après-midi (15h-17h en saison chaude), JAMAIS chaud — le couscous chaud + lait caillé froid est une hérésie selon le chef Aïssatou Bah de Conakry.
Servi seul comme plat-dessert complet. Boisson d'accompagnement traditionnelle : eau fraîche citronnée, jus de bouye (jus de pulpe de baobab) ou Gnamakoudji léger pour les adultes. À la cérémonie : précédé de bouillie de riz (Sariye) et suivi de fruits frais (mangue, banane plantain en saison). Version moderne fusion : avec une touche de fleur d'oranger et raisins secs (influence maghrébine récente).
10/10 — plat-totem absolu de la culture peule (Fulɓe) du Fouta Djallon, présent à 100% des cérémonies familiales (baptêmes 7ᵉ jour, mariages, funérailles, Sadaqa, Tabaski). Vendu en sachets pré-roulés 'Bissi Guinée' (référence en Guinée et diaspora) et 'Welia' (export France/Belgique). Plat de la diaspora guinéenne à Paris (boutiques rue de Strasbourg, marché Château Rouge), Bruxelles (Matonge), New York (Bronx). Documenté dans Roots Magazine sous la plume d'auteurs peuls comme article de référence sur l'art culinaire peulh. Servi quotidiennement dans les familles peules urbaines de Conakry (quartier Lambanyi).
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Dans un grand saladier rond, verser les 400 g de semoule de maïs. Saupoudrer 1/2 c.à.c. de sel fin. Verser progressivement l'eau tiède (250 ml) en pluie tout en mélangeant à la main, doigts écartés en râteau, pour humidifier uniformément. La semoule doit être HUMIDE mais pas mouillée — texture de sable mouillé qui s'agglomère légèrement quand on serre dans la paume.
Avec les paumes légèrement humidifiées, prendre une petite poignée de semoule humide et la rouler entre les deux paumes en cercles lents (30 sec par poignée). La semoule s'agglomère en petites perles régulières de 1-2 mm — taille d'une tête d'épingle. Tamiser au-dessus d'un grand plat à travers une passoire à gros trous : les perles correctes passent, les agglomérats trop gros à reformer ou écraser. Continuer jusqu'à épuisement. Réserver 30 min à l'air libre pour stabiliser.
Verser les perles roulées dans un couscoussier ou une étamine doublée tendue sur une marmite d'eau bouillante (l'étamine doit être au-dessus de l'eau, pas dans). Couvrir d'un couvercle. Cuire à la vapeur 15 minutes à feu moyen-vif (la vapeur doit traverser fortement). Au bout de 15 min, vérifier : la vapeur doit transpirer à travers les grains. Verser dans un grand plat à fond plat (gasra), étaler.
Sur le couscous étalé, asperger uniformément les 100 ml d'eau salée tiède (1 g de sel dissous), en mélangeant délicatement à la fourchette ou avec deux cuillères en bois — geste de soulèvement, pas écrasement. Les grains doivent regagner du moelleux sans s'agglomérer. Laisser reposer 5 min : l'eau pénètre les grains et les attendrit pour la deuxième vapeur.
Remettre le couscous hydraté dans le couscoussier (ou re-tendu dans l'étamine). Couvrir, cuire à la vapeur 20 minutes à feu moyen. La vapeur doit ressortir abondamment du couvercle. Goûter en fin de cuisson : un grain doit être TENDRE, MOELLEUX, légèrement gonflé, jamais croquant au cœur. Si encore croquant : prolonger 5 min. Verser dans le grand plat, étaler.
Étaler les perles cuites en couche fine (max 3 cm) sur le grand plat. Laisser refroidir à température ambiante 30 minutes (par grand soleil) ou 20 min au réfrigérateur. Le couscous doit atteindre 18-20°C — TIÈDE PASSÉ AU FROID. Aérer à la fourchette de temps en temps pour empêcher l'agglomération. Cette étape est non négociable : verser le lait caillé sur du couscous chaud le coagule.
Dans un saladier propre, fouetter le Kossam (ou yaourt grec) avec le lait entier (100 ml) au fouet pour obtenir une consistance lisse, fluide, ni trop épaisse ni trop liquide — comme une crème anglaise légère. Ajouter le sucre roux (4 c.à.s.) ou le miel de Mamou en filet, le sucre vanillé, et l'eau de fleur d'oranger si version moderne. Goûter, ajuster sucre selon préférence (Fouta tradition = peu sucré, urbain Conakry = plus sucré).
Dans une grande calebasse traditionnelle ou des bols individuels en céramique épaisse, déposer un fond de couscous froid (environ 200 g par portion). Verser généreusement le Kossam sucré par-dessus jusqu'à submerger le couscous (environ 100 ml par portion). Parsemer des raisins secs réhydratés. Mélanger délicatement à la cuillère bois pour que chaque grain s'imprègne. Servir IMMÉDIATEMENT — dégustation sous 10 min avant que le couscous absorbe trop de lait.
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