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Atlas Culinaire · Indonésie · Asie
Le grand plateau peranakan du 15e jour de l'An chinois, oĂč le yuanxiao chinois devient lontong javanais nappĂ© d'opor dorĂ©
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Rincez le riz, roulez-le serrĂ© dans les feuilles de bananier passĂ©es Ă la flamme, en cylindres bien tassĂ©s fermĂ©s Ă l'agrafe de cure-dents, puis immergez-les dans l'eau bouillante salĂ©e deux heures durant : le riz doit gonfler jusqu'Ă remplir toute la feuille et devenir compact comme une gomme dense. On sait que c'est ratĂ© si l'on sent encore des grains distincts au toucher, signe d'un emballage trop lĂąche ou d'une cuisson Ă©courtĂ©e. Si un lontong reste mou en son cĆur, replongez-le : mieux vaut trop cuit que grumeleux, car un lontong friable s'effondrera sous l'opor.
Faites durcir les Ćufs, fĂȘlez dĂ©licatement leur coquille sans la retirer, puis laissez-les frĂ©mir une heure dans un bain de pelures d'oignon, de thĂ© noir, de feuilles de salam et de sel : le tanin s'infiltre par les craquelures et dessine une rĂ©sille brune sur le blanc. La couleur doit virer au brun acajou marbrĂ©, avec un parfum boisĂ© et lĂ©gĂšrement fumĂ©. Si la marbrure reste pĂąle, prolongez le frĂ©missement et laissez refroidir les Ćufs dans leur bain toute la nuit pour intensifier la teinte.
Pilez ou mixez Ă©chalotes, ail, curcuma, coriandre, cumin et une pincĂ©e de poivre en une pĂąte lisse, puis faites-la revenir Ă feu moyen dans un filet d'huile avec galanga, citronnelle et feuilles jusqu'Ă ce qu'elle embaume et fonce d'un ton : l'odeur Ăącre du cru doit cĂ©der Ă un parfum grillĂ© et sucrĂ©. La pĂąte est prĂȘte quand l'huile perle en surface et que la couleur passe du jaune vif Ă l'ocre profond. Si ça accroche et brunit trop vite, baissez le feu et ajoutez une louche d'eau pour dĂ©glacer sans brĂ»ler les Ă©pices.
Ajoutez le poulet Ă la pĂąte, saisissez-le pour l'enrober, versez le lait de coco et laissez frĂ©mir tout doucement sans jamais bouillir fort, en remuant rĂ©guliĂšrement, jusqu'Ă ce que la chair se dĂ©tache de l'os et que la sauce nappe la cuillĂšre : le bouillon doit rester jaune d'or, satinĂ© et lĂ©gĂšrement Ă©paissi. On sent le poulet prĂȘt quand un pilon cĂšde sans rĂ©sistance et que la coco a rĂ©duit d'un tiers. Si la sauce menace de trancher et de laisser flotter l'huile, retirez du feu, fouettez vivement et rabaissez la flamme au minimum.
En parallĂšle, mijotez les lĂ©gumes (chayotte, haricots, aubergine) dans un lait de coco Ă©picĂ© plus lĂ©ger pour le sayur lodeh, et faites revenir le foie coupĂ© en dĂ©s dans une pĂąte de piment sucrĂ©e-salĂ©e pour le sambal goreng ati : le lodeh doit rester en bouillon clair oĂč les lĂ©gumes gardent du mordant, tandis que le foie devient tendre et laquĂ©. Les lĂ©gumes sont prĂȘts quand ils cĂšdent sous la dent sans se dĂ©liter. Si le foie durcit, c'est qu'il a trop cuit : sortez-le dĂšs qu'il perd sa teinte rosĂ©e Ă cĆur.
Grillez Ă sec le soja jaune et les crevettes sĂ©chĂ©es jusqu'Ă ce qu'ils dorent et embaument, puis broyez-les en poudre grossiĂšre parfumĂ©e : le mĂ©lange doit sentir la noisette torrĂ©fiĂ©e et l'iode, avec une couleur beige dorĂ©. La poudre est prĂȘte quand elle s'effrite entre les doigts sans humiditĂ© rĂ©siduelle. Si elle s'agglomĂšre, c'est que le soja n'Ă©tait pas assez sec : repassez-le Ă la poĂȘle avant de piler.
Tranchez les lontong en rondelles Ă©paisses, disposez-les au centre de l'assiette, nappez gĂ©nĂ©reusement d'opor ayam, ajoutez Ă cĂŽtĂ© le sayur lodeh, le sambal goreng ati, un telur pindang coupĂ© en deux, une cuillĂšre d'acar et quelques kerupuk : l'assiette doit ĂȘtre un camaĂŻeu de jaune d'or, de brun marbrĂ© et de rouge. On vise le contraste des textures â le lontong dense, la sauce onctueuse, l'acar croquant. Si l'assiette paraĂźt noyĂ©e, dressez la sauce en filet plutĂŽt qu'en flaque pour garder chaque composant lisible.
Juste avant d'apporter Ă table, saupoudrez gĂ©nĂ©reusement le koya sur l'ensemble et ajoutez une pointe de sambal : la poudre doit neiger sur la sauce dorĂ©e et libĂ©rer aussitĂŽt son parfum de crevette grillĂ©e. Le plat est rĂ©ussi quand la premiĂšre bouchĂ©e mĂȘle le crĂ©meux de l'opor, le grillĂ© du koya et l'aciditĂ© de l'acar. Si le koya est ajoutĂ© trop tĂŽt, il s'humidifie et perd son croquant : c'est un geste de derniĂšre seconde.
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Sourcer ou se taire
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