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Atlas Culinaire · Indonésie · Asie
Coussins triangulaires de ketan compact et brillant, dĂ©ballĂ©s de leur feuille de bananier, nappĂ©s de sirop de sucre de palme sombre et poudres de coco fraĂźche â un gĂąteau de marchĂ© dont la texture collante symbolise, pour les Javanais, l'Ă©troitesse des liens de fraternite
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Laver le beras ketan Ă l'eau claire jusqu'Ă ce qu'elle sorte transparente, puis le faire tremper 1 Ă 2 heures. Pendant ce temps, prĂ©parer l'air kapur sirih : dĂ©layer une petite quantitĂ© de chaux Ă©teinte dans un verre d'eau, remuer, et laisser reposer jusqu'Ă ce que la chaux se dĂ©pose au fond. Ne prelever que l'eau claire du dessus. Ăgoutter le ketan, le mĂ©langer avec 1,5 c.Ă .s de cette eau de chaux claire et 1/2 c.Ă .c de sel. Le calcium va raffermir les grains Ă la cuisson et donner au lupis sa tenue et son brillant caractĂ©ristiques.
Passer chaque feuille de bananier quelques secondes au-dessus d'une flamme (ou l'exposer au soleil) jusqu'à ce qu'elle change légÚrement de teinte et devienne souple et brillante : c'est le layukan. Une feuille flétrie ne se déchire pas au pliage et devient étanche. Essuyer, puis découper des rectangles réguliers pour former les cornets.
Former un cornet en enroulant un coin de la feuille sur lui-mĂȘme pour obtenir une pointe fermee. Y dĂ©poser environ trois cuillĂšres Ă soupe de ketan (remplir aux deux tiers seulement â le riz gonfle Ă la cuisson), tasser lĂ©gĂšrement, puis rabattre la feuille pour fermer le triangle bien net. Ficeler serrĂ© avec de la ficelle ou une nervure de palme. RĂ©pĂ©ter pour tous les paquets. La rĂ©gularitĂ© du pliage donne la forme segitiga (triangle) emblĂ©matique.
Ranger les triangles dans un grand faitout, les couvrir entierement d'eau et porter à ébullition. Maintenir une ébullition constante 2 à 3 heures, les paquets toujours immerges. Compléter au fur et à mesure avec de l'eau déjà bouillante pour ne jamais casser la cuisson ni exposer les paquets à l'air. C'est cette cuisson longue et immergée qui transforme le ketan cru en une masse dense, translucide et compacte. En fin de cuisson, égoutter et laisser tiédir avant de déballer.
Mélanger la kelapa parut avec 1/4 c.à .c de sel et la passer 3-5 minutes à la vapeur ; réserver. Préparer le kuah : faire fondre gula merah et sucre blanc dans 200 ml d'eau avec le pandan nouée, laisser frémir jusqu'à un sirop épais et nappant, puis filtrer les impuretés du sucre de palme. Pour un sirop plus lié, délayer une pointe de maïzena dans un peu d'eau et l'incorporer en fin de cuisson.
DĂ©baller chaque triangle de sa feuille de bananier â le ketan doit se dĂ©tacher net, brillant et compact. Rouler le lupis dans la kelapa parut salĂ©e ou le poudrer gĂ©nĂ©reusement, puis le disposer sur une feuille de bananier fraĂźche ou un pincuk. Napper au dernier moment d'un filet abondant de kuah gula merah tiĂšde. Servir tiĂšde ou Ă tempĂ©rature ambiante, seul ou dans le trio cenil-lupis-getuk. Consommer dans la journĂ©e.
DĂ©guster le lupis avec ses compagnons de marchĂ© : sur la mĂȘme feuille de bananier, il forme souvent le trio cenil-lupis-getuk, trois textures et trois sucres de palme qui se rĂ©pondent. Le lupis se mange par petites bouchees, ketan dense et Ă peine salĂ©, coco fraĂźche gurih, sirop de palme sombre. Pour les Javanais, sa texture collante n'est pas anodine : elle dit la persaudaraan, l'Ă©troitesse des liens humains ; la feuille de bananier Ă©voque la prospĂ©ritĂ©, le riz blanc la puretĂ© du cĆur. Le lupis n'est pas qu'une douceur, c'est un objet de mĂ©moire et de convivialite du pasar.
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Sourcer ou se taire
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