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Atlas Culinaire · Pérou · Amériques
Le flanchet longuement mijoté puis saisi jusqu'au croustillant, gloire fondante-craquante des picanterías d'Arequipa.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Rincez le flanchet, épongez-le et retirez l'excès de gras nerveux sans dénuder la fine membrane qui deviendra croustillante. Un morceau bien paré cuit régulièrement et se taille net après cuisson. Visez une pièce d'un seul tenant, souple sous le doigt ; si elle est très épaisse, entaillez-la pour qu'elle cuise à cœur. Attention : une malaya trop dégraissée perdra son fondant, gardez une part de gras.
Plongez la malaya dans l'eau avec oignon, carotte, céleri, ail, grains de poivre et gros sel, portez à petits frémissements et laissez cuire 1h30 à 2h. C'est la première des deux cuissons : elle attendrit le collagène et parfume la chair. L'eau doit à peine trembler, jamais bouillir à gros bouillons. La viande est prête quand une pointe de couteau entre sans résistance ; à l'autocuiseur, comptez environ 45 min.
Sortez la malaya du bouillon, laissez-la tiédir puis épongez-la soigneusement — une surface sèche est la condition d'une bonne croûte. Taillez-la en 4 portions généreuses, dans le sens qui garde la fibre courte, et réservez à découvert. Une viande encore ruisselante fera exploser l'huile et cuira à la vapeur au lieu de dorer. Séchez, séchez encore : c'est le geste qui décide du croustillant.
Mélangez ají panca, ail moulu, cumin, origan, sel et poivre en pâte souple et enrobez-en chaque portion. Laissez macérer au moins 1h, idéalement plusieurs heures au frais. L'ají panca colore, parfume et prépare la croûte acajou ; massez bien pour que la pâte entre dans les fibres ouvertes par la cuisson. Pressé, 30 min suffisent mais le goût sera plus plat.
Chauffez l'huile abondante jusqu'à ce qu'un test grésille vif, déposez les portions sans les entasser et sans les remuer, 3 à 4 min par face. C'est la seconde cuisson, celle qui croustille : la croûte doit se former avant qu'on retourne. Retournez une seule fois puis dorez l'autre face. Trop tiède, la viande boit l'huile ; trop chaude, l'ají panca brûle et amertume.
Faites bouillir le mote jusqu'à tendreté et sancochez les pommes de terre, puis dorez ces dernières à la poêle, éventuellement dans un peu de jus de macération. Ce sont les deux féculents obligés de l'assiette de picantería : le mote apporte le mâché doux, les papas le croustillant doré. Salez les papas à la sortie. Un mote pas assez cuit reste farineux et dur.
Émincez très finement l'oignon rouge, dégorgez-le à l'eau salée, essorez, puis mélangez avec la tomate en dés, les lanières d'ají amarillo, le persil ciselé, le jus de citron vert, sel et poivre — juste avant de servir. La sarza tranche le gras par son acidité et son croquant frais : elle doit rester vive, jamais fondue. Dressez-la au dernier moment ; préparée trop tôt, elle rend son eau et s'affadit.
Posez les portions de malaya bien dorées, flanquées du mote, des papas doradas et d'un tas de sarza criolla, arroz blanc en option. Servez aussitôt, tant que la croûte croustille : c'est l'assiette-signature de la picantería, fondante dessous et croustillante dessus. Un trait de citron réveille l'ensemble. Attendre fait ramollir la croûte à la vapeur de la viande.
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Sourcer ou se taire
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