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Atlas Culinaire · Corée du Sud · Asie
Les raviolis-mère de la Corée : farce porc-tofu-ciboule-kimchi enveloppée d'une feuille fine, pliée en demi-lune crénelée ou en bonnet de moine, cuite au choix poêlée (gun), vapeur (jjin) ou bouillie (mul) — comfort food domestique et plat-totem de Seollal.
Le mandu n''est PAS coréen "depuis toujours" : il arrive en Corée pendant la dynastie Goryeo (918-1392) via l''invasion mongole Yuan au 13e siècle, comme l''attestent le Goryeosa (sous le règne du roi Myeongjong) et le chant populaire Ssanghwajeom (쌍화점) qui décrit une échoppe à raviolis tenue par un étranger probablement centrasiatique. Le poète Yi Saek (이색, 1328-1396), figure majeure de la fin Goryeo, mentionne explicitement le mandu dans ses vers — l''importation mongole-Yuan est donc datée par sources écrites natives. Le nom même est cognat du mantou (饅頭) chinois et du mantı turc, traces de la route de la soie. Le second débat oppose les variantes régionales : le Gaeseong-mandu (개성만두, version nord, grands raviolis ronds en bonnet de moine, farce généreuse tofu-porc-courge) est la référence patrimoniale (cf. restaurant Gaeseong Mandu Koong à Insadong, gardien de la tradition depuis la diaspora 1953), tandis que le Pyongyang-mandu (평양만두) privilégie la forme rectangulaire plissée, et le Séoul-mandu la demi-lune fine. Troisième controverse : les 4 cuissons distinctes — gun-mandu (군만두, poêlés/frits), jjin-mandu (찐만두, vapeur), mul-mandu (물만두, bouillis) et gulim-mandu (굴림만두, poêlés-vapeur) — ne sont PAS interchangeables : Maangchi et Hooni Kim insistent sur le fait que la cuisson détermine l''épaisseur de la pâte et la texture de la farce. Quatrième débat (le plus vif sur 10000recipe.com) : kimchi obligatoire ou non — les Coréens domestiques en mettent quasi systématiquement (kimchi-mandu = standard maison depuis les années 1970), mais la version royale Joseon et le Gaeseong-mandu patrimonial s''en passent volontiers au profit d''une farce plus pâle (tofu-porc-ciboule). Sources adossées : Wikipedia Mandu citant Goryeosa + Yi Saek, Korean Bapsang, Maangchi, kimchimari.com (perspective Yibukshik North Korean style).
Makgeolli (막걸리) — vin de riz fermenté trouble qui tranche la richesse de la farce porc-kimchi. Variante haut de gamme : soju premium Hwayo 25°. Variante non-alcoolisée : sujeonggwa (수정과, infusion cannelle-gingembre-kaki) ou simple thé d'orge boricha (보리차) très chaud.
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Presser le tofu 15 minutes dans un torchon propre sous un poids (planche + boîte de conserve). Pendant ce temps, blanchir les germes de soja mungo 1 minute dans l''eau bouillante salée, rincer immédiatement à l''eau froide, essorer fortement à la main, puis hacher grossièrement. Hacher finement le kimchi et l''essorer à la main au-dessus de l''évier — il doit perdre 30 à 40 % de son poids en jus. Hacher très fin l''oignon, le saler 10 minutes dans un bol, puis essorer dans un torchon.
Tremper les nouilles d''amidon de patate douce (dangmyeon) 30 minutes dans l''eau tiède. Égoutter, hacher en segments de 1 cm. Hacher la buchu (ciboule asiatique) en tronçons de 5 mm. Écraser l''ail, râper le gingembre.
Dans un grand bol, réunir le porc haché, le tofu pressé émietté à la fourchette, le kimchi essoré, l''oignon essoré, les germes hachés, le dangmyeon, la buchu, l''ail, le gingembre. Ajouter sauce soja, huile de sésame, sel, poivre. Mélanger à la main 3-4 minutes en pétrissant légèrement — la farce doit devenir homogène et un peu collante (le porc libère ses protéines myofibrillaires, ça liera tout). Goûter en cuisant une mini-boulette à la poêle, rectifier l''assaisonnement.
Préparer un petit bol d''eau et un plateau légèrement fariné. Poser une feuille à mandu dans le creux de la main, déposer une cuillère à soupe BOMBÉE de farce au centre (15-18 g, ne pas surcharger). Humecter tout le bord avec le doigt mouillé. Replier en demi-lune, pincer le centre pour fermer. Puis, en partant d''une extrémité, faire 5 à 6 petits plis serrés sur UN SEUL bord (celui face à toi) pour créer la crête crénelée signature de Séoul. Poser sur le plateau fariné sans se toucher. Variante Gaeseong : ramener ensuite les deux pointes l''une vers l''autre et pincer pour le bonnet de moine arrondi.
Tapisser le panier vapeur en bambou d''une feuille de chou chinois ou d''un linge propre humide (pour empêcher le collage). Disposer les mandu sans se toucher ni toucher les parois. Faire bouillir 2 doigts d''eau dans le wok ou la marmite, déposer le panier au-dessus, couvrir. Cuire 10 minutes (12 si congelés). La pâte devient translucide quand c''est cuit.
Pour la version la plus populaire à la maison : chauffer 2 c.à.s. d''huile neutre dans une poêle antiadhésive à feu vif. Disposer les mandu côté plat dessous, serrés. Cuire 2 minutes sans bouger jusqu''à dorure du fond. Verser 50 ml d''eau bouillante, couvrir IMMÉDIATEMENT (gros nuage de vapeur), baisser à feu moyen, cuire 3 minutes à couvert. Retirer le couvercle, laisser évaporer toute l''eau, 1 minute supplémentaire pour re-croustiller le fond. Décoller à la spatule — le fond doit être doré-croustillant, le dessus moelleux.
Dans un petit bol, fouetter la sauce soja, le vinaigre de riz, l''huile de sésame, le gochugaru, les graines de sésame torréfiées et l''oignon vert émincé. La sauce doit être salée-acide-piquante équilibrée. Laisser reposer 5 minutes pour que les saveurs se développent.
Pour le service standard : dresser 6-8 mandu par convive sur une assiette plate, accompagner d''un petit bol de sauce trempette et de 2-3 banchan (kimchi, danmuji radis jaune, kongnamul germes assaisonnés). Pour Seollal (Nouvel An lunaire) : pocher 5-6 mandu par bol dans un bouillon de bœuf-anchois bouillant avec garaetteok (gâteau de riz blanc tranché ovale) 5 minutes, garnir d''œuf battu en filaments (jidan), oignon vert, lamelles de gim grillé → tteok-mandu-guk (떡만두국), plat obligatoire qui ajoute symboliquement un an à l''âge du convive.
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Sourcer ou se taire
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