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Atlas Culinaire · Pérou · Amériques
La confiture de lait dorée de la capitale laitiÚre du Pérou, réduite pendant plus d'une heure à la seule force du poignet.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Tout se joue d'abord sur la matiĂšre : prends un lait entier le plus frais et le plus gras possible, idĂ©alement un lait cru d'altitude comme celui de Cajamarca, car c'est la matiĂšre grasse qui donne l'onctuositĂ© au manjar. Sors une grande casserole Ă fond Ă©pais, large plutĂŽt que haute pour offrir une belle surface d'Ă©vaporation, et une cuillĂšre de bois Ă long manche. PrĂ©vois de la place et du temps devant toi : la rĂ©duction demande de rester postĂ© aux fourneaux plus d'une heure. Ăcarte le lait Ă©crĂ©mĂ©, qui donnerait une pĂąte maigre et grise.
Verse le lait frais dans une grande casserole à fond épais, ajoute le bùton de cannelle et les clous de girofle, et porte doucement à frémissement sur feu moyen. Le fond épais est ta meilleure assurance contre le brûlé ; une casserole fine condamne la fournée. Surveille pour que le lait ne déborde pas dÚs qu'il monte. Vise un lait chaud et parfumé, pas une ébullition violente. Si une peau se forme, retire-la ou fouette-la, ce n'est pas grave.
Ajoute le sucre en pluie tout en remuant à la cuillÚre de bois, puis la pincée de bicarbonate : la surface va mousser légÚrement, c'est normal, c'est le bicarbonate qui réagit avec l'acidité du lait. Remue jusqu'à dissolution complÚte du sucre, sans grains crissant au fond. Baisse ensuite sur feu doux. La couleur est encore blanche laiteuse à ce stade, le brunissement viendra avec le temps. Si tu utilises du chuño ou de la fécule, délaie-le d'abord dans un peu de lait froid puis incorpore-le ici.
VoilĂ le cĆur du manjar : sur feu doux, tu remues en huit, en raclant bien le fond et les bords, pendant une bonne heure Ă une heure et demie. Le volume diminue, la couleur passe du blanc au beige, puis Ă un dorĂ© ambrĂ© ; l'odeur devient franchement caramel-lait. C'est un travail de patience, pas de force : ne t'Ă©loigne jamais plus de quelques secondes. Si des grumeaux apparaissent, un coup de fouet ou de mixeur plongeant rattrape la texture. La rĂ©ussite, c'est une pĂąte nappante d'un brun dorĂ© uniforme.
Pour tester le point du manjar, dépose une goutte sur une assiette froide : elle ne doit pas s'étaler mais tenir en petit dÎme brillant. Sur la cuillÚre, la pùte nappe et coule en ruban épais. N'attends pas qu'elle soit dure dans la casserole : le manjar épaissit encore en refroidissant. Un manjar de tartine reste souple ; pour fourrer alfajores ou King Kong, pousse la cuisson un peu plus loin pour une pùte plus ferme.
Coupe le feu, retire le bĂąton de cannelle et les clous de girofle, puis incorpore l'extrait de vanille en remuant : hors du feu, l'arĂŽme reste vif au lieu de s'Ă©vaporer. La pĂąte est brillante, d'un dorĂ© profond, elle sent le caramel, le lait et la cannelle. GoĂ»te : elle doit ĂȘtre franchement sucrĂ©e mais jamais amĂšre. Si tu perçois une pointe de brĂ»lĂ©, transvase aussitĂŽt dans un autre rĂ©cipient sans racler le fond de la casserole.
Verse le manjar encore chaud dans des pots propres et laisse-le tiédir à température ambiante avant de le fermer, sinon la condensation gùche la surface. Il finit d'épaissir en refroidissant pour atteindre sa texture crémeuse définitive. Au réfrigérateur, il se garde plusieurs semaines. Sers-le tartiné sur du pain, en fourrage d'alfajores, de tejas ou de King Kong, ou simplement à la cuillÚre.
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Sourcer ou se taire
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