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Atlas Culinaire · El Salvador · Amériques
Le bizcocho sec de la cuisine guanaca : six Ćufs battus en neige ferme jusqu'au punto de nieve, sucre incorporĂ© en pluie, farine tamisĂ©e pliĂ©e Ă la main avec une pointe de cannelle et d'anis, puis cuit jusqu'Ă une mie blonde, sĂšche dehors et aĂ©rĂ©e dedans â un gĂąteau-Ă©ponge sans levure ni beurre, qu'on coupe en losanges et qu'on trempe dans le cafĂ© noir ou le chocolat chaud, hĂ©ritier crĂ©ole du pan di Spagna.
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PrĂ©chauffe le four Ă cent quatre-vingts degrĂ©s (350 °F) au moins dix Ă quinze minutes avant d'enfourner, et graisse gĂ©nĂ©reusement un moule rectangulaire d'environ vingt-huit sur vingt centimĂštres au beurre, Ă la margarine ou Ă l'huile, puis farine-le en tapotant pour couvrir toute la surface. On chauffe le four Ă l'avance et on prĂ©pare le moule en premier parce que le marquesote, une fois montĂ©, doit partir IMMĂDIATEMENT Ă la cuisson sans attendre que l'air des blancs retombe. Tu sauras que le moule est prĂȘt quand un voile blanc de farine recouvre uniformĂ©ment le beurre, sans amas. Tape l'excĂ©dent de farine en retournant le moule. RĂ©serve-le Ă portĂ©e de main, Ă cĂŽtĂ© du four dĂ©jĂ chaud, avant mĂȘme de toucher aux Ćufs.
SĂ©pare soigneusement les blancs des jaunes â sans la moindre trace de jaune dans les blancs â et bats les blancs jusqu'Ă ce qu'ils commencent Ă mousser, puis ajoute la moitiĂ© du sucre en pluie en continuant de fouetter jusqu'au punto de nieve firme, des pics fermes qui tiennent droit au fouet. On monte d'abord les blancs seuls puis on serre au sucre parce que c'est tout l'air emprisonnĂ© ici, et lui seul, qui fera lever le marquesote : il n'y a ni levure ni beurre pour rattraper une meringue ratĂ©e. Tu sauras que c'est Ă point quand tu peux retourner le bol sans que la mousse glisse, brillante et serrĂ©e. Si les blancs grainent ou retombent, c'est qu'une goutte de jaune ou de gras a souillĂ© le bol â recommence avec un bol parfaitement propre. Ă l'origine, les cuisiniĂšres montaient cela Ă la main, sans batteur Ă©lectrique : la fermetĂ© de la neige est non nĂ©gociable.
Ajoute les jaunes un Ă un dans la neige sans cesser de fouetter, puis le reste du sucre en pluie, jusqu'Ă un appareil mousseux, pĂąle et homogĂšne. On incorpore les jaunes seulement maintenant, aprĂšs les blancs, parce que l'ordre claras-azĂșcar-yemas est ce qui donne au marquesote son volume maximal et sa mie aĂ©rĂ©e â l'inverse, fouetter l'Ćuf entier d'un coup, donne un gĂąteau plat et compact. Tu sauras que l'appareil est prĂȘt quand il a doublĂ© de volume, qu'il est jaune pĂąle et qu'il forme un ruban qui retombe lentement en se dissolvant Ă la surface. Travaille sans traĂźner pour ne pas faire retomber l'air. Si tu vois la mousse se liquĂ©fier, c'est que tu as trop battu aprĂšs l'ajout des jaunes â arrĂȘte immĂ©diatement et passe Ă la farine.
Tamise la farine avec la cannelle et l'anis, puis incorpore-la Ă l'appareil en trois fois, en mouvements lents et enveloppants Ă la spatule, en soulevant la masse du bas vers le haut plutĂŽt qu'en remuant. On plie au lieu de battre parce que chaque tour de spatule brutal chasse l'air patiemment montĂ© dans les blancs, et c'est cet air qui tient lieu de levure. Tu sauras que c'est juste mĂ©langĂ© quand tu ne vois plus de traĂźnĂ©es blanches de farine mais que l'appareil reste gonflĂ© et mousseux, pas liquide. Ajoute la vanille Ă ce moment si tu en mets. Si la pĂąte retombe et devient coulante, tu as trop mĂ©langĂ© â verse-la quand mĂȘme vite au four, elle lĂšvera moins mais cuira. Surtout, ne t'arrĂȘte pas pour goĂ»ter ou nettoyer : la suite est une course contre la montre.
Verse la pĂąte IMMĂDIATEMENT dans le moule farinĂ©, lisse Ă peine la surface et enfourne aussitĂŽt Ă cent quatre-vingts degrĂ©s pour vingt-cinq Ă trente minutes, sans jamais ouvrir le four pendant les vingt premiĂšres minutes. On enfourne sans attendre et on garde la porte close parce que le moindre courant d'air ou la moindre minute perdue fait retomber la mie d'un gĂąteau qui ne tient que par l'air de ses blancs. Tu sauras qu'il est cuit quand la lame d'un couteau plantĂ©e au centre ressort propre et sĂšche, et que le dessus est blond dorĂ© et ferme au toucher. DĂ©moule tiĂšde, laisse refroidir, puis coupe en losanges ou en rectangles. Le marquesote est volontairement sec dehors et aĂ©rĂ© dedans : sers-le avec un cafĂ© noir ou un chocolat chaud dans lequel on le trempe, en goĂ»ter familial. Il se garde plusieurs jours dans une boĂźte hermĂ©tique et n'en devient que meilleur Ă tremper.
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