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Atlas Culinaire · Indonésie · Java
Le riz au lait de coco du petit-dĂ©jeuner de Jakarta : grains parfumĂ©s au pandan, Ă la citronnelle, au salam et au galanga, cuits en deux temps (absorption puis vapeur), servis avec Ćuf, tempe, poulet frit, sambal et oignons frits â le riz-doudou des Betawi
L'ĂTYMOLOGIE ET LA CUISSON FONT DĂBAT. (1) D'OĂ VIENT LE MOT « UDUK » ? Trois pistes coexistent dans la documentation : certains le rattachent Ă un mot signifiant « peiner / lutter », Ă©voquant le riz roboratif des paysans et journaliers ; d'autres au javanais « wuduk », lui-mĂȘme rapprochĂ© de l'arabe « tawadhu' » (humilitĂ© devant Dieu) ; d'autres encore à « aduk » (mĂ©langer). Les historiens font remonter le plat Ă un mĂ©tissage des traditions malaise et javanaise, certains Ă©voquant le sultan Agung de Mataram inspirĂ© par le riz kebuli. (2) PARENTĂ AVEC LE NASI LEMAK ET PAS UN PILAF. Le nasi uduk partage la base riz-lait-de-coco avec le nasi lemak malais et le nasi gurih, mais c'est un plat betawi Ă part entiĂšre, dĂ©fini par son bouquet d'aromates (pandan, serai, salam, lengkuas) â pas un simple riz cuit au lait de coco. Le santan ne doit ni dĂ©tremper ni rendre collant : c'est un riz fluffy, grain Ă grain. (3) LA CUISSON EN DEUX TEMPS EST CANONIQUE. La mĂ©thode betawi traditionnelle (aron) consiste Ă faire absorber le lait de coco et les aromates au riz d'abord, puis Ă le finir Ă la VAPEUR â c'est ce qui donne le grain fleuri sans bouillie. Le rice-cooker tout-en-un est tolĂ©rĂ©, mais les puristes tiennent Ă l'Ă©tape vapeur. Acteurs et garants : peuple Betawi de Jakarta ; figures documentaires Sri Owen et Petty Elliott (Jakarta Bites, 2016) ; ubiquitĂ© moderne attestĂ©e jusque dans les McDonald's d'IndonĂ©sie qui le proposent au petit-dĂ©jeuner.
ThĂ© chaud sucrĂ© ou cafĂ© noir betawi au petit-dĂ©jeuner. Le nasi uduk est une BASE : on l'entoure de lauk-pauk (accompagnements) â telur dadar (omelette Ă©mincĂ©e), ayam goreng (poulet frit) ou semur, tempe et tahu goreng (tempe et tofu frits), bihun goreng (vermicelles), sambal kacang ou sambal terasi, kerupuk, concombre, et impĂ©rativement bawang goreng (oignons frits) sur le dessus. Le tout sert classiquement sur une feuille de bananier.
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Rincer le riz plusieurs fois jusqu'Ă ce que l'eau ressorte claire, pour ĂŽter l'excĂšs d'amidon de surface (gage d'un grain non collant). Ăgoutter. Nouer les feuilles de pandan en petits nĆuds, Ă©craser les tiges de citronnelle au plat du couteau (geprek), Ă©craser le galanga, froisser les feuilles de salam et de citron. Cette prĂ©paration libĂšre les huiles aromatiques qui parfumeront le riz.
Dans une casserole à fond épais, réunir le riz égoutté, le lait de coco, l'eau, le sel et tous les aromates (pandan, citronnelle, salam, galanga, feuilles de citron). Porter à frémissement doux à découvert en remuant de temps en temps pour que le lait de coco ne graine pas au fond. Laisser cuire jusqu'à absorption complÚte du liquide, quand de petits cratÚres se forment en surface (environ 12-15 min). Le riz est alors mi-cuit, humide mais sans liquide libre.
TransfĂ©rer le riz mi-cuit dans un cuit-vapeur (panier vapeur, kukusan) chemisĂ© d'un linge ou de feuille de bananier, en laissant les aromates. Cuire Ă la vapeur 18-20 minutes jusqu'Ă ce que les grains soient tendres, sĂ©parĂ©s et fleuris. Cette seconde cuisson douce est ce qui distingue le vrai nasi uduk betawi du riz au lait de coco ordinaire : le grain reste entier et parfumĂ© sans ĂȘtre dĂ©trempĂ©.
Pendant la cuisson du riz, battre les Ćufs et cuire une omelette fine (telur dadar), puis l'Ă©mincer en laniĂšres. Frire les lamelles de tempe et les cubes de tofu jusqu'Ă dorĂ© (tempe et tahu goreng). Frire les oignons Ă©mincĂ©s lentement jusqu'Ă dorĂ© croustillant (bawang goreng) si non achetĂ©s tout prĂȘts. Trancher le concombre. PrĂ©parer les kerupuk.
Frire les cacahuÚtes puis les piler grossiÚrement. Piler les piments rouges, ajouter le sucre de palme, le sel et un peu d'eau chaude ; mélanger aux cacahuÚtes pilées jusqu'à obtenir une sauce épaisse mais nappante. Goûter et ajuster sucré-salé-pimenté. Ce sambal kacang accompagne classiquement le nasi uduk (à distinguer du sambal terasi, autre option).
Retirer du riz cuit les feuilles de pandan, de salam, les tiges de citronnelle et le galanga. AĂ©rer dĂ©licatement les grains Ă la fourchette ou Ă la spatule de bois pour les sĂ©parer sans les Ă©craser. Le riz doit ĂȘtre brillant, parfumĂ©, grain Ă grain. GoĂ»ter et rectifier le sel si besoin.
Disposer un dĂŽme de nasi uduk sur une assiette ou une feuille de bananier. Entourer des garnitures : omelette Ă©mincĂ©e, tempe et tofu frits, tranches de concombre, kerupuk, une cuillĂšre de sambal kacang. Couronner GĂNĂREUSEMENT d'oignons frits. PrĂ©sentation libre, chacun composant son assiette autour du riz.
Le nasi uduk se mange traditionnellement le matin, tiÚde à chaud, comme petit-déjeuner consistant des Betawi, vendu dÚs l'aube par les vendeurs de rue et sur les marchés de Jakarta. Il peut aussi se servir en repas complet à toute heure. Ne pas le servir froid : le lait de coco figerait et masquerait les arÎmes.
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