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Atlas Culinaire · Martinique · Amériques
Le pain doux est le gateau des grandes occasions martiniquaises — communion, bapteme, mariage, dimanche en famille. Variante antillaise du gateau de Savoie, c'est un biscuit fouette SANS beurre, dont la legerete ne tient qu'aux blancs montes en neige, parfume vanille, cannelle, muscade et zeste de citron vert. C'est la base montee et fourree des fameux Mont-Blanc et gateaux de communion a etages.
Le pain doux est le gâteau des grandes occasions martiniquaises, communion, baptême, mariage, dimanche en famille, et la base montée des fameux Mont-Blanc et gâteaux de communion à étages. Son identité tient à une absence, sur laquelle les cuisinières martiniquaises font consensus : pas un gramme de beurre. Variante antillaise du gâteau de Savoie, importé entre le dix-huitième et le dix-neuvième siècle, il ne doit sa légèreté qu'aux blancs montés en neige, ce qui lui vaut d'ailleurs son autre nom, gâteau fouetté, en Guadeloupe. Les épices signent l'accent créole, vanille, cannelle, muscade, zeste de citron vert et un trait de rhum dans les blancs. La technique est celle des biscuits fouettés, où tout est fragilité : blancs sans trace de jaune, sucre serré en pluie jusqu'à la neige brillante, farine tamisée incorporée à la maryse en soulevant, jamais en tournant, moule rempli aux deux tiers car il gonfle beaucoup, et une porte de four qu'on n'ouvre sous aucun prétexte pendant les vingt premières minutes. Coupé froid en deux disques et fourré de confiture de goyave, il devient Mont-Blanc.
Le debat de nom et d'identite est tranche par les sources natives : ce que la Martinique appelle « pain doux » est nomme « gateau fouette » en Guadeloupe (le nom venant du long fouettage), et il derive du gateau de Savoie importe entre le XVIIIe et le XIXe siecle (Culture Crunch, Saveurs K).
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Prechauffez le four a 175 C. Beurrez et farinez un moule a manque ou a savarin. Le pain doux gonfle beaucoup : ne remplissez le moule qu'aux deux tiers.
Le pourquoiLe pain doux gonfle beaucoup : le moule aux deux tiers, pas davantage.
Separez soigneusement jaunes et blancs ; aucune trace de jaune ne doit tomber dans les blancs, sous peine qu'ils ne montent pas. Reservez les blancs dans un grand cul-de-poule propre et sec.
Le pourquoiUne trace de jaune et les blancs ne montent pas : tout le gâteau repose sur eux.
Melangez les jaunes avec la vanille, la muscade et la cannelle a la fourchette jusqu'a homogeneite. Cette base aromatique va diffuser dans toute la mie.
Le pourquoiLa base aromatique des jaunes diffusera dans toute la mie.
Tamisez ensemble la farine et la levure chimique. Le tamisage evite les grumeaux et allege la mie d'un gateau qui n'a que l'air des blancs pour le porter.
Le pourquoiSans beurre, la mie n'a que l'air des blancs pour la porter : le tamisage lui épargne tout grumeau.
Montez les blancs en neige ferme avec une pincee de sel, le rhum et le zeste de citron vert. Quand ils forment un bec d'oiseau, serrez-les en ajoutant le sucre en pluie, jusqu'a une neige brillante et tenue. C'est le coeur technique du pain doux.
Le pourquoiLe sucre en pluie serre les blancs en neige brillante : c'est l'armature du gâteau.
Incorporez a la maryse, en alternant et en plusieurs fois, le melange de jaunes puis la farine tamisee aux blancs montes. Travaillez en soulevant la masse de bas en haut, sans jamais tourner ni ecraser, pour preserver l'air.
Le pourquoiLa maryse soulève de bas en haut : chaque tour de fouet détruirait ce que les blancs ont bâti.
Versez aussitot dans le moule et enfournez a mi-hauteur, 175 C, environ 30 minutes. N'ouvrez pas la porte pendant les 20 premieres minutes : un choc thermique ferait retomber le gateau.
Le pourquoiLe choc thermique d'une porte ouverte ferait retomber le gâteau : vingt minutes de confiance aveugle.
Une lame plantee au centre doit ressortir seche. Laissez tiedir 10 min dans le moule, puis demoulez sur grille. Pour un Mont-Blanc, coupez le gateau froid en deux disques et fourrez de confiture de goyave.
Le pourquoiCoupé froid en deux disques et fourré de goyave, le pain doux devient Mont-Blanc : la base de toutes les fêtes.
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L'ancêtre déclaré : le biscuit fouetté savoyard, importé entre le XVIIIe et le XIXe siècle, créolisé aux épices et au rhum. L'absence de beurre est restée, l'accent a changé.
Pas encore dans l'AtlasLe même gâteau sous son nom guadeloupéen, hommage au long fouettage des blancs : deux îles, un seul biscuit de fête.
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