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Atlas Culinaire · Pérou · Costa & Lima
La bouillabaisse péruvienne née entre les pêcheurs du Callao — le « levanta muertos » qui ressuscite
NÉE DE LA MISÈRE DES PÊCHEURS DU CALLAO. La parihuela est une soupe née entre les XIXe et début XXe siècles dans le port du Callao, préparée par les pêcheurs avec les invendus : têtes, arêtes, petits crustacés et mollusques restants. Son nom vient du « parihuela », le brancard de bois à deux barres servant à transporter les prises ; ces armatures, récupérées sur les rives, servaient de foyers où l'on cuisait la soupe. La controverse porte sur le BOUILLON : faut-il le faire avec des têtes et carcasses de poisson + carapaces de crevettes longuement mijotées (école orthodoxe, fond marin profond), ou se contenter d'un fumet rapide (école pressée) ? Wikipédia et l'APEGA (association gastronomique péruvienne) tranchent pour le fond corsé — c'est ce qui fait du plat un « LEVANTA MUERTOS » (lève-morts), réputé tonifiant, énergisant et anti-gueule de bois, consommé surtout en hiver. Autre point : l'ACIDE. Citron, bière, chicha de jora ou vin ? Tous valides selon les familles, mais l'ají panca et l'ají amarillo sont obligatoires, et le cochayuyo (algue) + culantro signent l'authenticité. Erreur capitale : sur-cuire les fruits de mer qui deviennent caoutchouteux.
Bière péruvienne bien fraîche (Cusqueña, Pilsen Callao) — vin blanc sec — la parihuela se suffit à elle-même comme plat unique
8/10 — Soupe emblématique de la côte péruvienne, icône du port du Callao. Surnommée « levanta muertos » (lève-morts) pour ses vertus reconstituantes et anti-gueule de bois, consommée surtout en hiver. Plat de cevichería et de fête, considéré comme la « bouillabaisse péruvienne ». Documentée par l'APEGA (Sociedad Peruana de Gastronomía) et Wikipédia comme née entre pêcheurs aux XIXe-XXe siècles.
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Dans une grande marmite, faire revenir les têtes et arêtes de poisson ainsi que les carapaces de crevettes (décortiquer les crevettes, réserver la chair) 3-4 min dans un filet d'huile. Mouiller avec 1,5 l d'eau, ajouter le céleri, porter à frémissement et laisser cuire 20 min. Filtrer ce fond à travers une passoire fine et réserver — c'est l'âme du plat.
Si le poulpe est cru, le faire cuire séparément 30-40 min dans l'eau bouillante (le « plonger trois fois » d'abord pour attendrir), puis couper en morceaux. Décortiquer les crevettes, nettoyer et ébarber les moules, couper le calmar en anneaux, réhydrater le cochayuyo 10 min à l'eau tiède. Ciseler le culantro.
Dans la marmite nettoyée, chauffer 3 c.à.s. d'huile. Faire revenir l'ail et l'oignon haché 2 min. Ajouter les pâtes d'ají panca et d'ají amarillo, cuire 4-5 min en remuant jusqu'à parfum profond. Incorporer la tomate concassée et le cumin, laisser fondre 3 min.
Déglacer le sofrito avec la bière (ou chicha/vin) et laisser évaporer 2 min. Verser le fumet filtré, ajouter le cochayuyo, saler et poivrer. Porter à frémissement. Ajouter d'abord les darnes de poisson et le poulpe, cuire 3 min. Puis ajouter crevettes, moules et calmar ; couvrir et cuire 3-4 min jusqu'à ce que les moules s'ouvrent.
Ajouter les coquilles Saint-Jacques à la toute fin (1 min, elles cuisent en un éclair). Retirer du feu. Parsemer de culantro ciselé et de rondelles d'ají limo, ajouter un trait de jus de citron. Goûter et ajuster le sel.
Répartir la parihuela dans de grands bols creux, en veillant à distribuer équitablement poisson, crevettes, moules et coquillages dans chaque part. Napper de bouillon corsé. Servir IMMÉDIATEMENT, brûlant, avec du citron à part. C'est un plat unique, copieux et réconfortant.
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