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Atlas Culinaire · Indonésie · Java
Les lĂ©gumes blanchis â kangkung, germes de soja, haricots longs, feuilles de manioc â nappĂ©s du sambal pecel, sauce de cacahuĂšte au piment, tamarin et feuille de kaffir ; l'Ăąme culinaire de Madiun, servie avec rempeyek croustillant
Le pecel est revendiquĂ© par presque toute l'Ăźle de Java, ce qui oblige Ă prĂ©ciser sa ville d'origine â pecel Madiun, pecel Solo, pecel Ponorogo, pecel Blitar â chaque rĂ©gion ajustant le profil de la sauce. Le pecel Madiun (Java Est) fait figure de rĂ©fĂ©rence : sa sauce est plus salĂ©e, plus Ă©picĂ©e et moins sucrĂ©e que les versions de Java Centre, et la ville se prĂ©sente volontiers comme la capitale du pecel (le Jakarta Post parle du pecel comme de l'esprit culinaire de Madiun). Le sambal pecel y est mĂȘme un produit d'exportation, vendu en blocs sĂ©chĂ©s Ă reconstituer. DeuxiĂšme ligne de dĂ©bat, la confusion frĂ©quente avec le gado-gado : tous deux sont des lĂ©gumes Ă la sauce cacahuĂšte, mais le pecel utilise un sambal pecel parfumĂ© Ă la feuille de kaffir, au tamarin et au galanga, plus rustique et plus piquant, tandis que le gado-gado (d'origine Jakarta/betawi) a une sauce plus douce et inclut souvent pommes de terre et Ćuf. Enfin, le pecel a des racines anciennes : on le rattache Ă l'Ăšre du royaume de Mataram (IXe siĂšcle). La marque rituelle est le nasi pecel servi en pincuk de feuille de bananier avec un rempeyek (galette frite aux arachides ou anchois). Sources validantes : The Jakarta Post (2015) et Wikipedia EN.
Es teh (thĂ© glacĂ©) ou thĂ© chaud, et accompagnement quasi obligatoire de rempeyek (peyek) â fine galette frite croustillante aux cacahuĂštes ou aux petits poissons (teri) â dont le croquant contraste avec les lĂ©gumes tendres. Le pecel se mange traditionnellement avec du riz (nasi pecel) ou du lontong, en pincuk de feuille de bananier. On y ajoute souvent du tempe ou tofu frit, parfois un Ćuf. Cuisine populaire de chaleur diurne ; pas d'alcool.
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Laver et tailler les lĂ©gumes : kangkung en tronçons, haricots longs en bĂątonnets de 4 cm, feuilles de manioc grossiĂšrement. Blanchir chaque lĂ©gume SĂPARĂMENT dans l'eau bouillante salĂ©e (les temps diffĂšrent : germes 30 s, kangkung 1 min, haricots 2 min, feuilles de manioc plus longtemps), puis rafraĂźchir et bien Ă©goutter. Garder le concombre et le basilic crus.
TorrĂ©fier les cacahuĂštes Ă sec dans une poĂȘle (ou les frire briĂšvement) jusqu'Ă coloration dorĂ©e et parfum grillĂ©, en remuant pour ne pas brĂ»ler. Laisser tiĂ©dir lĂ©gĂšrement. Cette torrĂ©faction est la clĂ© du goĂ»t du sambal pecel : des cacahuĂštes bouillies ne donneraient jamais la mĂȘme profondeur grillĂ©e.
Au mortier ou au robot, piler les cacahuÚtes torréfiées avec les piments, l'ail, le kencur (galanga aromatique), la terasi grillée, les feuilles de kaffir émincées, le sucre de palme et le sel, jusqu'à une pùte épaisse et grumeleuse. Le trio kaffir-galanga-tamarin est ce qui signe le pecel et le distingue du gado-gado. Incorporer le tamarin délayé.
GoĂ»ter et rĂ©gler vers le profil Madiun : plus salĂ©, plus piquant, moins sucrĂ© que les versions de Java Centre. La sauce doit ĂȘtre franche, relevĂ©e et acidulĂ©e, avec la cacahuĂšte grillĂ©e en fond et le piment en avant. Ă ce stade, le sambal pecel peut se conserver plusieurs jours en pĂąte Ă©paisse (il se vend mĂȘme en blocs sĂ©chĂ©s Ă Madiun).
PrĂ©parer une pĂąte fine de farine de riz, eau, ail et coriandre, y mĂȘler des cacahuĂštes (ou petits anchois teri), et frire en fines galettes dans l'huile chaude jusqu'Ă ce qu'elles soient dorĂ©es et trĂšs croustillantes. Le rempeyek (peyek) est l'accompagnement quasi obligatoire du pecel : son croquant contraste avec les lĂ©gumes tendres et la sauce onctueuse.
Juste avant de servir, prélever la quantité de sambal pecel voulue et la détendre avec de l'eau chaude (ou bouillante) jusqu'à une sauce nappante mais pas liquide. C'est le geste essentiel : on ne délaie qu'au moment de servir pour garder une sauce vive, ni trop épaisse (ne nappe pas) ni trop fluide (sans tenue).
Disposer les légumes blanchis et crus dans une assiette ou un pincuk de feuille de bananier, ajouter le tempe ou tofu frit. Napper généreusement de sambal pecel délayé. Le pecel se sert tiÚde ou à température ambiante, les légumes restant croquants sous la sauce de cacahuÚte relevée. Pour le nasi pecel, déposer le tout sur du riz chaud.
Accompagner chaque portion d'un ou deux rempeyek croustillants posĂ©s sur le cĂŽtĂ© ou Ă©miettĂ©s au-dessus. Servir avec du riz ou du lontong pour un repas complet. Le contraste des lĂ©gumes tendres, de la sauce de cacahuĂšte piquante-acidulĂ©e et du croquant du rempeyek est tout l'art du pecel â un plat populaire, frais et roboratif Ă la fois.
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