Chargement de lâatlas
Atlas Culinaire · Pérou · Costa & Lima
Le cocktail national du PĂ©rou. Trois thĂšses se disputent le blanc d'Ćuf, et un document de 1903 leur donne tort Ă toutes.
Il y a un moment, dans la fabrication d'un pisco sour, oĂč l'on comprend si le cocktail sera rĂ©ussi. C'est quand on ouvre le shaker aprĂšs l'avoir agitĂ© sans glace : le blanc d'Ćuf a pris, le liquide est devenu pĂąle et Ă©pais, et il tient Ă la paroi. Tout le reste n'est plus que du refroidissement. Servi, le verre porte une collerette blanche, dense, sur laquelle trois gouttes d'amer se posent sans couler.
QUI A MIS LE BLANC D'ĆUF ? Trois thĂšses s'affrontent, et aucune n'a gagnĂ©.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Prenez un pisco péruvien de cépage quebranta. Si vous n'avez qu'un acholado ou un italia, ce n'est pas une faute, mais vous obtiendrez un autre cocktail, plus floral.
Le pourquoiLe quebranta est un cépage non aromatique. Il apporte la charpente alcoolique et la longueur sans imposer de parfum, ce qui laisse le citron et le sucre dessiner l'équilibre. Un cépage aromatique prend le dessus et transforme le sour en cocktail parfumé. [dénomination d'origine Pisco, huit cépages autorisés répartis en aromatiques et non aromatiques]
Faites dissoudre le sucre dans l'eau chaude sans faire bouillir. Délayez la gomme arabique dans un peu d'eau tiÚde jusqu'à disparition des grumeaux, incorporez-la au sirop, laissez refroidir complÚtement. à défaut, un sirop de sucre à deux parts de sucre pour une d'eau dépanne.
Le pourquoiLa gomme arabique est un Ă©paississant naturel. Elle donne au sirop une viscositĂ© qui stabilise la mousse de blanc d'Ćuf et arrondit la morsure de l'alcool. C'est ce qui sĂ©pare un pisco sour de bar d'un pisco sour de maison. [Eloy Cuadros CĂłrdova, barman de l'Hotel Maury : « preparamos nuestro propio jarabe de goma »]
Pressez les citrons verts juste avant de préparer le cocktail, sans écraser l'écorce, et filtrez le jus.
Le pourquoiLe jus de citron vert s'oxyde en quelques minutes. Il perd son tranchant, développe une amertume plate, et l'équilibre entre l'alcool, l'acide et le sucre s'effondre.
Versez dans le shaker le pisco, le jus de citron, le jarabe de goma et le blanc d'Ćuf. Fermez et agitez Ă©nergiquement pendant une quinzaine de secondes, sans aucune glace.
Le pourquoiSans glace, le mĂ©lange reste assez chaud et assez concentrĂ© pour que les protĂ©ines du blanc d'Ćuf se dĂ©plient et emprisonnent l'air. C'est lĂ , et seulement lĂ , que naĂźt la mousse. Avec de la glace, le froid raidit les protĂ©ines et la collerette ne monte jamais.
Ajoutez les glaçons dans le shaker et agitez de nouveau, une dizaine de secondes, jusqu'à ce que le métal devienne glacé sous les doigts.
Le pourquoiCe second passage refroidit et dilue trÚs légÚrement le cocktail. Cette dilution n'est pas un défaut, elle fait partie de la recette : elle adoucit l'alcool et allonge la texture.
Versez à travers la passoire du shaker dans un verre préalablement placé au froid. Attendez quelques secondes sans y toucher.
Le pourquoiEn sortant du shaker, la mousse et le liquide sont encore mĂȘlĂ©s. Le repos les sĂ©pare : la mousse remonte et forme une couche nette, assez ferme pour porter les gouttes d'amer.
Déposez trois gouttes d'amargo de Angostura à la surface de la mousse de chaque verre. Ne remuez pas.
Le pourquoiL'amer ne sert pas à parfumer la boisson mais à parfumer l'air au-dessus. Le nez le rencontre avant la premiÚre gorgée, ce qui prépare le palais à l'acidité qui suit.
Servez immédiatement, sans paille, et buvez au bord du verre pour traverser la mousse.
Le pourquoiLa collerette est vivante. Elle tient quelques minutes, puis retombe et se mĂȘle au liquide. PassĂ© ce moment, le cocktail reste bon mais il a perdu ce qui le rend reconnaissable entre tous.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
â Cette recette n'a jamais Ă©tĂ© testĂ©e par la communautĂ©. Soyez le premier Ă fermer la couronne.
L'autre grand cocktail pĂ©ruvien au pisco. LĂ oĂč le sour est court, montĂ© au shaker et coiffĂ© de mousse, le chilcano est un long drink servi au verre haut, allongĂ© de ginger ale et relevĂ© d'un trait d'amer. MĂȘme eau-de-vie, philosophie inverse.
Voir la recette âLe rival, et surtout un autre cocktail : pisco chilien, jus de limĂłn de Pica, sucre glace, ni blanc d'Ćuf ni Angostura. Il ne porte donc ni la collerette ni les trois gouttes d'amer qui signent la version pĂ©ruvienne.
Pas encore dans l'AtlasL'ancĂȘtre documentĂ©, dĂ©crit dans un catalogue gastronomique pĂ©ruvien de 1903 : une coupe de pisco, une cuillerĂ©e de sucre, un blanc d'Ćuf, du citron Ă discrĂ©tion. Treize ans avant l'ouverture du Morris Bar, la formule existe dĂ©jĂ , blanc d'Ćuf compris.
Pas encore dans l'AtlasLa matrice de toute la famille des sours : une eau-de-vie, un acide, un sucre. Le livre d'or du Morris Bar le montre bien, les clients y louaient d'abord les whiskey sours de la maison en 1924, avant que le pisco sour ne prenne le dessus dans leurs commentaires.
Pas encore dans l'AtlasSourcer ou se taire
â COURONNE â ENLUMINURE V4 · or en attente du test
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier Ă cuisiner cette recette.