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Atlas Culinaire · Ouzbékistan · Asie
Le roi du dastarkhan ouzbek — riz devzira ambré, agneau gras, carottes jaunes-orange et zirvak parfumé au cumin et coing
Le Plov ouzbek est-il LE plov originel alors que tout le monde nomade en revendique la paternité ? UNESCO a tranché en 2016 (décision 11.COM 10.b.35) en inscrivant 'Palov culture and tradition' SÉPARÉMENT au nom de l'Ouzbékistan — la même année que l'Oshi Palav tadjik, dans une rare double inscription pacifiée. Première controverse de cuisine : TASHKENT vs SAMARCANDE — deux écoles violemment opposées. Le plov de Tashkent (Toy Palov) est tout-en-un : tout mijote ensemble dans le zirvak avant d'être recouvert par le riz, on obtient un riz teinté brun-orangé profond. Le plov de Samarcande, lui, est strictement TRICOUCHE et les ingrédients ne sont JAMAIS mélangés à la cuillère — riz blanc-jaune par-dessus, carottes au milieu, viande au fond, on sert en retournant le tout sur le lyagan. Mélanger un plov de Samarcande comme un risotto = sacrilège. Deuxième controverse : DEVZIRA ou rien — le riz devzira de la vallée de Ferghana (rouge-ambré, vieilli 2-3 ans) absorbe 2,5x son volume sans coller, et c'est lui qui donne la signature texture grain-par-grain. Troisième controverse : les chefs-plov masculins (oshpaz) sont une caste à part en Ouzbékistan — Bakhtiyor Khakimov de Tashkent peut servir 800 personnes en une fournée. UNESCO 2016 cite explicitement : 'guests can only leave their host's house after palov has been offered'.
Thé vert kok choy bouillant — Vodka russe glacée (héritage soviétique) — Ayran salé en alternative
10/10 en Ouzbékistan — plat-totem absolu, plus encore qu'en Tadjikistan. Servi à TOUS les mariages (toy), funérailles (yet kun), naissances et fêtes religieuses. Le 'plov center' Besh Qozon de Tashkent (Bakhtiyor Khakimov, oshpaz légendaire) sert 1000 portions/jour ouvert depuis 2007. Diaspora ouzbèke en Russie (Moscou, Saint-Pétersbourg) et en Turquie maintient le plov hebdomadaire dans les choykhana (maisons de thé). Mardi et jeudi = jours traditionnels du plov dans tout le pays.
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Verser le riz devzira dans un grand saladier. Le couvrir d'eau froide et le frotter délicatement entre les paumes — l'eau se trouble. Égoutter, recommencer 8 à 10 fois jusqu'à eau parfaitement claire. Couvrir d'eau tiède (40°C) salée (1 c.à.s.), laisser tremper 30 min minimum. Égoutter au moment de cuire.
Dans un kazon de 6L (ou cocotte en fonte épaisse à fond bombé), faire fondre la graisse de queue de mouton coupée en dés à feu moyen. Quand les morceaux sont dorés et fondus, retirer les rillons (à grignoter avec sel). Ajouter les 100ml d'huile de tournesol. Chauffer jusqu'à fumant léger.
Plonger les os à moelle dans l'huile fumante — saisir 2 min en remuant pour libérer le goût. Ajouter les morceaux d'agneau (cubes de 4 cm). Saisir à feu vif jusqu'à dorure profonde sur toutes les faces (5-6 min). Ne pas surcharger — la viande doit colorer, pas bouillir.
Ajouter les oignons émincés en demi-lunes sur la viande. Cuire 5 min en remuant — ils doivent dorer franchement. Ajouter les carottes en julienne épaisse (5x5 mm minimum, JAMAIS à la râpe). Mélanger délicatement avec une écumoire à long manche. Laisser cuire 8-10 min sans remuer trop souvent — les carottes doivent ramollir et s'imprégner de la graisse, prendre une teinte orange profond.
Saupoudrer le cumin entier en l'écrasant entre les paumes (libère l'huile essentielle), les baies d'épine-vinette, la coriandre, le gros sel. Enfoncer les 2 têtes d'ail entières (et les pois chiches trempés si version Samarcande, et le coing si saison) dans la masse. Verser 1.2L d'eau bouillante — elle doit affleurer la viande. Baisser à feu moyen, mijoter à découvert 25-30 min — le zirvak doit RÉDUIRE et concentrer.
Goûter le zirvak — il doit être TRÈS salé (le riz va absorber). Ajuster. Étaler le riz devzira égoutté délicatement en couche égale sur toute la surface du zirvak — JAMAIS mélanger. Tasser légèrement avec le dos de l'écumoire. Verser doucement de l'eau bouillante (à hauteur de 1.5 cm au-dessus du riz, soit ~500ml supplémentaire selon évaporation).
Faire cuire à feu vif à découvert jusqu'à ce que toute l'eau de surface s'évapore (10-15 min) — surveiller. Quand le riz commence à 'siffler' et qu'on voit des trous (cratères) à la surface, percer avec le manche d'une cuillère 4-5 trous jusqu'au fond pour évacuer la vapeur. Baisser le feu au minimum, couvrir hermétiquement (avec un torchon entre couvercle et kazon pour étanchéifier), cuire 25 min à la vapeur sans toucher.
Couper le feu. Laisser reposer 10 min couvert (le riz finit de gonfler). Retirer les têtes d'ail (les réserver pour décor). Pour la version Samarcande : avec une grande écumoire, soulever le riz de surface puis les couches inférieures séparément. Sur un grand plat communal (lyagan), disposer en monticule : riz au fond, carottes au milieu, viande déchirée à la fourchette par-dessus, têtes d'ail au sommet. Pour Tashkent : tout mélanger délicatement dans le kazon avant de transférer.
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