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Boulette géante de pomme de terre râpée (mi-crue, mi-cuite) enveloppant une farce de porc salé — bouillie 90 minutes dans l'eau salée, mangée chaude avec de la mélasse ou du sucre. RIEN À VOIR avec la poutine québécoise.
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Peser les pommes de terre totales — vous avez besoin de 2 kg en tout. Cuire 500 g de pommes de terre pelées dans l'eau salée jusqu'à tendres (20-25 minutes). Égoutter, refroidir complètement, puis réfrigérer toute la nuit ou au moins 4 heures. Les pommes de terre cuites et froides se râpent ou s'écrasent en texture uniforme qui aide à lier la masse. Cette étape peut être faite la veille pour gagner du temps le jour J.
Rincer le porc salé à l'eau froide puis le tremper dans un bol d'eau froide 30 minutes pour dessaler partiellement (le porc reste salé mais pas excessivement). Égoutter et sécher. Dans une poêle, faire fondre le porc salé en dés à feu moyen — le gras se libère progressivement en 8-10 minutes jusqu'à ce que les morceaux soient dorés et croustillants. Ajouter l'oignon haché dans le gras rendu et cuire jusqu'à translucide et doré, 5-6 minutes. Ajouter poivre et sarriette si utilisée. La farce est prête quand l'oignon est fondu dans le gras de porc. Laisser tiédir.
Peler et râper les 1,5 kg de pommes de terre CRUES sur la grosse râpe (pas fine — les filaments fins se décomposent trop vite). Transférer immédiatement dans un grand linge de cuisine propre (pas une passoire — trop de pertes). Rassembler les quatre coins du linge et tordre énergiquement pour presser toute l'eau. Continuer à tordre jusqu'à ce qu'il ne sorte PLUS UNE GOUTTE d'eau — cela prend 2-3 minutes d'effort. L'eau extraite sera blanche d'amidon — c'est normal. Les pommes de terre râpées et essorées sont maintenant sèches et légèrement filandreuses.
Dans un grand bol, combiner les pommes de terre crues râpées et essorées avec les pommes de terre cuites (écrasées finement à la fourchette ou râpées sur la grosse râpe). Ajouter le sel. Mélanger intimement avec les mains jusqu'à obtenir une masse homogène — ni trop sèche (ajouter une c.à.s. d'eau si nécessaire) ni trop humide (essorer à nouveau si collante). La masse doit se tenir en boule dans la main sans couler ni s'effriter. C'est la texture de 'neige collante' décrite par Marielle Boudreau.
Avec les mains mouillées, prendre une portion généreuse de masse (environ 180-200 g par boulette — la taille d'une grosse orange). Aplatir en galette épaisse dans la paume. Déposer au centre une bonne cuillerée de farce au porc salé (30-40 g). Ramener les bords de la galette pour enfermer complètement la farce, en pressant et lissant la surface. La boulette doit être parfaitement ronde, sans fissure visible — une fissure = la farce s'échappe dans l'eau. Mouiller les mains entre chaque boulette. Préparer toutes les boulettes avant de commencer la cuisson.
Porter 4 litres d'eau salée à grande ébullition dans la plus grande marmite disponible. Baisser le feu pour maintenir un frémissement actif (pas une ébullition violente — les boulettes doivent frémir, pas tourbillonner). Glisser délicatement les boulettes dans l'eau une par une avec une cuillère percée. Les boulettes vont couler, puis remonter progressivement à la surface en 5-10 minutes à mesure que l'amidon extérieur gélatinise. Cuire 90 minutes à frémissement régulier sans couvercle. Retourner délicatement les boulettes à mi-cuisson (45 minutes) pour une cuisson uniforme.
Retirer les boulettes délicatement avec une grande cuillère percée ou un écumoire et déposer dans des assiettes profondes ou des bols. Servir IMMÉDIATEMENT avec la mélasse de fantaisie à côté — chaque convive verse généreusement la mélasse sur sa poutine chaude. L'association sucré (mélasse) / salé (porc salé) est la signature gustative de l'Acadie. Certains préfèrent le sucre blanc, le beurre fondu, ou tout simplement nature avec une pincée de sel supplémentaire. La tradition de la famille de Kent (NB) : on ouvre la boulette à la fourchette, on met le beurre et la mélasse dedans, et on mélange avec la farce chaude.
Dans certaines familles acadiennes du Nouveau-Brunswick, la poutine râpée était traditionnellement cuite non dans l'eau salée mais directement dans le bouillon du fricot — les deux plats se cuisaient ensemble, le bouillon de poulet enrichissait la poutine et la poutine épaississait le bouillon. Cette version 'tout-en-un' est plus ancienne et plus économique. La poutine absorbe les arômes du fricot (sarriette, poulet, légumes) et devient une pièce centrale du repas plutôt qu'un plat séparé. Marielle Boudreau mentionne cette pratique comme courante dans les années 1900-1930 avant que les deux recettes ne se dissocient.
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Sourcer ou se taire
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