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Atlas Culinaire · Mexique · Guerrero
Le pozole blanc du Guerrero — maïs cacahuazintle ouvert « en fleur » et bouillon de porc clair, sans piment : chacun l'assaisonne à table
De toutes les robes du pozole, la blanche est la plus ancienne. Le pozole blanco du Guerrero est le plat dépouillé de tout artifice : pas de chile dans le bouillon, rien qu'un grand maïs cacahuazintle ouvert « en fleur », une viande de porc fondante et un bouillon clair et profond. C'est le pozole le plus proche de son ancêtre préhispanique.
LE BOUILLON RESTE BLANC.
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Si vous partez de maïs cru, faites-le tremper 24 heures, puis cuisez-le avec un peu de chaux culinaire une heure environ et rincez-le abondamment pour ôter la pellicule jaune. Avec du maïs précuit, passez directement à la cuisson finale.
Le pourquoiLa nixtamalisation à la chaux détache la peau du grain et libère l'arôme et les nutriments du maïs. [Tradition guerrerense ; gob.mx]
Mettez la tête, les pieds et l'épaule de porc dans une grande marmite d'eau froide. Ajoutez un oignon clouté, de l'ail, du laurier et du sel. Portez à ébullition, écumez une dizaine de minutes la mousse grise, puis laissez mijoter à couvert deux heures, tout doucement.
Le pourquoiLa tête et les pieds regorgent de collagène ; à feu doux, il fond en gélatine et donne au bouillon blanc tout son corps. [Tradition guerrerense ; McGee (collagène)]
Versez le maïs dans le bouillon de viande et poursuivez la cuisson, une heure et demie à deux heures, jusqu'à ce que les grains s'ouvrent en florecida.
Sortez la viande, retirez os et couennes, effilochez l'épaule en gros morceaux et remettez-la dans la marmite. Ôtez l'oignon, l'ail et le laurier, puis goûtez et salez : un pozole sous-salé est fade.
Disposez en coupelles séparées la laitue émincée, les radis en rondelles, l'oignon haché, l'origan mexicain, le piment piquín écrasé, les quartiers de citron vert et les tostadas.
Servez le pozole très chaud dans de grands bols profonds, viande effilochée et grains de maïs ensemble, et posez les garnitures au centre de la table.
Chacun réveille alors son pozole à sa main : laitue, radis, oignon, une pincée d'origan frotté entre les paumes pour en libérer le parfum, du piment piquín selon son courage, et un trait de citron vert.
Le pourquoiLe bouillon neutre du blanco est une toile blanche : c'est l'assaisonnement à table qui le personnalise, bol par bol. [Tradition guerrerense]
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Au Guerrero, le pozole a son jour : le jeudi. « Los jueves son de pozole » — chaque jeudi, les familles et les pozolerías de Chilpancingo et d'Acapulco sortent les grandes marmites. Une habitude si ancrée que l'enquête nationale des ménages (INEGI) la relève comme un marqueur de la région.
Sans chile dans le bouillon, le blanco est la robe la plus dépouillée — et la plus proche du pozole préhispanique décrit par Sahagún : du maïs sacré, de la viande, de l'eau. Le rouge et le vert sont des habillages plus tardifs ; le blanc, lui, montre l'os du plat.
En 2018, la Secretaría de Cultura del Estado de Guerrero a officiellement inscrit le pozole au patrimoine gastronomique de l'État — reconnaissance d'un plat qui, d'Acapulco à Chilpancingo, structure la semaine et la fête.
Rojo, blanco, verde : les trois pozoles portent, à eux trois, les couleurs du drapeau mexicain. C'est pourquoi on les retrouve côte à côte sur les tables des fiestas patrias du 16 septembre, soir du Grito de l'Indépendance.
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