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Atlas Culinaire · Pérou · Andes péruviennes
La grande soupe de maïs mote 'éclaté' des hauts plateaux — viandes, mondongo et trigo mijotés des heures, plat de fête communautaire andin
Sur les hauts plateaux andins, à plus de 3 800 mètres d'altitude où l'air raréfié ne laisse guère bouillir l'eau à plus de 85 degrés, il existe une soupe qui ne demande rien d'autre que du temps et du feu : la patasca. Son nom vient du quechua patasqa, qui signifie littéralement « ce qui a éclaté », en référence aux grains de maïs hominy qui, après des heures de cuisson lente, s'ouvrent en larges fleurs blanches comme des corolles d'hiver. Ce geste, le grain qui s'épanouit dans le bouillon, est le cœur de toute la recette.
LA VÉRITABLE PATASCA UTILISE DU MOTE PELADO (MAÍZ MOROCHO OU CHOCLO SECO PELÉ), JAMAIS DU MAÏS EN BOÎTE NI DU MAÏS SOUFFLÉ — L'OUVERTURE NATURELLE DU GRAIN APRÈS CUISSON LONGUE EST L'ÂME DU PLAT.
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La veille, mettre le maïs mote et le blé pelé à tremper séparément dans de grands volumes d'eau froide, 8 à 12 heures. Cette étape réhydrate les grains secs et raccourcit (un peu) la cuisson. Le lendemain, les égoutter et les rincer.
Nettoyer soigneusement le mondongo (panza de res), le frotter au citron et au sel, bien rincer. Le couper en lanières et le faire bouillir 30 à 40 minutes dans une première eau, écumer, puis jeter cette eau. C'est l'étape qui ôte l'odeur et amorce l'attendrissement des tripes.
Dans une très grande marmite, faire revenir l'oignon ciselé et l'ail écrasé, ajouter l'ají panca et le cumin, torréfier 5 minutes. Cette base donne couleur et profondeur au bouillon. Saler.
Ajouter au sofrito le mouton, le bœuf, la couenne de porc et le mondongo pré-cuit. Couvrir de 4 litres d'eau ou de bouillon, porter à ébullition puis baisser à frémissement. Cuire à couvert 1h30, en écumant régulièrement, jusqu'à ce que les viandes commencent à s'attendrir.
Incorporer le maïs mote et le blé trempés et égouttés. Poursuivre la cuisson à frémissement encore 60 à 90 minutes, en remuant de temps en temps et en complétant l'eau si la soupe épaissit trop, jusqu'à ce que les grains de maïs ÉCLATENT (phatasqa) et que tout soit tendre.
Goûter et rectifier le sel. La patasca doit être une soupe nourrissante et épaisse, ni claire comme un bouillon ni compacte comme un ragoût. Sortir éventuellement les os, désosser les viandes et les remettre en morceaux dans la marmite.
En fin de cuisson, ajouter la menthe fraîche (hierba buena) et l'origan séché. Laisser infuser 5 minutes hors du feu. C'est la signature aromatique qui distingue la patasca andine d'une simple soupe de mote.
Servir très chaud dans de grands bols, parsemer de persil ciselé et proposer du piment rocoto molido à part. Plat unique communautaire des fêtes andines (mariages, baptêmes, faenas), il se partage en grande marmite et nourrit tout le village.
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Soupes andines réconfortantes au mote (maïs cacahuète) : la patasca ressemble au chairo, son parent altiplanique au chuño et à la chalona.
Voir la recette →CousineSoupes de maïs nixtamalisé/mote du continent : la patasca andine fait écho au pozole mexicain, autre grande soupe de gros grains de maïs.
Voir la recette →CousineLe dictionnaire de 1608 les range dans la même famille de mots : Holguín donne « rocro ppatasca » pour le locro ainsi éclaté, et rocro pour le potage à l'ají. La patasca est le versant soupe et maïs éclaté de cette parenté lexicale, la carapulcra le versant ragoût et tubercule séché.
Voir la recette →Sourcer ou se taire
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