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Atlas Culinaire · Ăles Salomon · OcĂ©anie
Sur Rennell â que ses habitants appellent Munggava, "la grande Ăźle", par opposition Ă Bellona/Mungiki, "la petite Ăźle" â le taro pilĂ© et liĂ© au lait de coco frais reste l'aliment vivrier central documentĂ© depuis 1975 par l'ethnographe danois Sofus Christiansen, autrefois offert cru aux dieux du ciel et cuit aux ancĂȘtres lors des cycles rituels de rĂ©colte.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Ăplucher le taro cru puis le rĂąper finement Ă la main ou sur une rĂąpe traditionnelle en fibre de coco, en travaillant rapidement pour Ă©viter l'oxydation de la chair. La pulpe doit devenir une pĂąte homogĂšne, sans gros morceaux. Ce geste, documentĂ© comme central dans l'Ă©conomie vivriĂšre de Rennell, prĂ©cĂšde directement l'enveloppement rituel.
Répartir la pùte de taro rùpé en portions égales au centre de feuilles de bananier ou de taro assouplies au-dessus d'une flamme. Refermer chaque paquet fermement en repliant les bords, pour éviter toute perte de pùte à la cuisson. Cette technique d'enveloppement se retrouve dans tout le Pacifique polynésien pour la cuisson au four de terre.
Chauffer un lit de pierres volcaniques sur un grand feu de bois jusqu'à ce qu'elles soient incandescentes, technique commune à toute la cuisson au four de terre du Pacifique. Retirer les braises et niveler les pierres chaudes pour former une surface de cuisson homogÚne. C'est l'étape la plus physique et la plus surveillée de toute la préparation.
DĂ©poser les paquets de taro sur le lit de pierres chaudes, couvrir de feuilles supplĂ©mentaires puis de terre ou de nattes pour emprisonner la chaleur et la vapeur. Laisser cuire sans ouvrir entre une heure et deux heures selon la taille des paquets. Cette cuisson lente et couverte est celle qui, historiquement, distinguait la nourriture "cuite" offerte aux ancĂȘtres de la nourriture "crue" offerte aux dieux du ciel.
Sortir les paquets du four, les dĂ©baller avec prĂ©caution car ils sont brĂ»lants, et presser la pulpe cuite dans un grand rĂ©cipent en bois ou une bassine. Ăcraser Ă la cuillĂšre ou au pilon pour homogĂ©nĂ©iser la texture avant l'ajout du lait de coco. La pulpe doit ĂȘtre souple et lĂ©gĂšrement collante.
Verser le lait de coco fraĂźchement pressĂ© sur la pulpe de taro chaude et mĂ©langer vigoureusement jusqu'Ă obtenir une consistance de pudding Ă©pais et lisse. Ajouter l'eau progressivement si la texture est trop compacte. C'est le geste qui transforme la pulpe de taro en un plat consistant, apte Ă ĂȘtre servi lors des grands rassemblements.
Servir le pudding tiÚde, en général dans un grand récipent commun partagé entre convives, comme il était d'usage lors des cycles rituels de récolte. Ce plat accompagne traditionnellement d'autres mets festifs comme le poisson mariné ou le crabe de cocotier lors des grandes occasions.
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