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Atlas Culinaire · République dominicaine · Amériques
Le fromage à pâte pressée né en 1941 dans la coopérative laitière de réfugiés juifs allemands et autrichiens de Sosúa, devenu depuis la marque de queso la plus vendue de République Dominicaine.
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Versez le lait entier dans une grande marmite en inox et réchauffez-le doucement sur feu moyen jusqu'à atteindre 30-32°C, en remuant de temps en temps pour éviter qu'il n'accroche au fond. Saupoudrez les ferments mésophiles à la surface, laissez-les réhydrater une minute puis incorporez-les en remuant de haut en bas pendant deux minutes, avant de couvrir la marmite et de laisser mûrir 45 minutes à température stable. Si le lait est pasteurisé, ajoutez le chlorure de calcium dilué dans un peu d'eau juste avant la présure de l'étape suivante, pour restaurer la structure minérale perdue au traitement thermique. C'est cette maturation silencieuse qui installe la population bactérienne qui développera, des semaines plus tard, les arômes lactés et légèrement noisette caractéristiques du fromage affiné. Un lait de qualité, non trafiqué, est le socle de toute la recette : un lait UHT ne mûrira jamais correctement, quelle que soit la patience apportée.
Diluez la présure liquide dans un peu d'eau non chlorée puis incorporez-la au lait mûri en remuant vers le haut pendant une trentaine de secondes, pas plus. Couvrez aussitôt la marmite et laissez reposer sans y toucher pendant 45 à 60 minutes, à l'abri de tout courant d'air froid qui ferait chuter la température. Le lait se transforme peu à peu en un flan blanc, ferme et légèrement élastique, qui se détache proprement des parois de la marmite lorsqu'il est prêt. Le test de la fente propre confirme la prise : un couteau plongé dans le caillé et légèrement soulevé doit ouvrir une fissure nette, avec un petit-lait jaune clair qui perle à la surface. Si le caillé reste mou et laiteux après une heure, la faute vient presque toujours du lait ou d'une présure trop ancienne, plus rarement d'un temps de repos insuffisant.
À l'aide d'un long couteau, tranchez le caillé en lignes parallèles puis perpendiculaires jusqu'au fond de la marmite, pour obtenir une grille de petits cubes d'environ un centimètre de côté — plus petits que pour un fromage frais, car c'est la surface d'échange qui commande l'égouttage d'un fromage à pâte pressée. Laissez reposer cinq minutes pour que les cubes raffermissent légèrement, puis remuez très doucement avec le dos d'une cuillère en bois pendant dix minutes, en remontant progressivement la température à 35°C. Les cubes se rétractent lentement et expulsent leur petit-lait, passant d'un blanc mat et fragile à un blanc nacré, plus ferme sous la cuillère. L'objectif est un grain qui tient sans se briser en poussière, la base indispensable pour le lavage qui commande toute la texture finale du gouda. Si les cubes se délitent en miettes, cessez de remuer quelques minutes : le caillé a besoin de repos, pas de mouvement, pour se raffermir.
Retirez environ un tiers du petit-lait de la marmite à l'aide d'une louche, puis remplacez-le en filet régulier par de l'eau chaude à 60°C, tout en remuant doucement, jusqu'à ce que la température du mélange atteigne 38°C. C'est le geste qui distingue le gouda des fromages plus acides comme le cheddar ou le queso de hoja : en diluant le petit-lait au lieu de le laisser fermenter pleinement, on retire une partie du lactose disponible pour les bactéries, ce qui donne au fromage sa douceur caractéristique et sa mie souple plutôt qu'une pâte cassante. Maintenez cette température vingt minutes en remuant par intermittence, le temps que les cubes de caillé se raffermissent encore et perdent leur aspect collant. Le petit-lait doit rester clair et à peine trouble ; s'il reste laiteux et opaque, prolongez le brassage quelques minutes de plus avant de passer à l'égouttage. C'est un héritage direct du savoir-faire fromager centre-européen que les colons de Sosúa ont adapté au climat tropical, où une pâte trop acide tourne vite en cave humide.
Égouttez le caillé lavé dans une passoire tapissée d'une étamine, puis transférez-le encore chaud dans un moule à fromage cylindrique également chemisé d'étamine, en tassant fermement avec les mains pour chasser les poches d'air. Repliez le tissu par-dessus, posez le couvercle du moule et laissez le fromage se pré-presser sous son propre poids pendant vingt minutes, le temps que les cubes commencent à se souder entre eux en une masse continue. Démoulez, retournez le fromage et remoulez-le dans un tissu propre et sec : ce premier retournement évite que les plis de l'étamine ne s'impriment de façon permanente dans la croûte. La masse doit déjà tenir une forme grossière de meule, encore tiède et légèrement humide au toucher, avant de passer sous la presse proprement dite. Un moulage bâclé à cette étape se traduit toujours par des fissures ou des poches d'air visibles une fois le fromage affiné.
Placez le moule sous une presse à fromage (ou improvisez avec une planche et des poids empilés) et commencez avec une pression légère, l'équivalent de cinq kilos, pendant trente minutes, puis démoulez et retournez le fromage avant de remouler. Augmentez ensuite progressivement la pression toutes les heures — dix kilos, puis quinze — en retournant le fromage à chaque palier, pour un total de quatre à six heures de pressage. Ce geste répété est ce qui referme définitivement la structure en une pâte dense et homogène, sans laisser de petit-lait emprisonné qui ferait tourner le fromage en cave. La meule doit devenir de plus en plus ferme sous la pression des doigts, avec une croûte qui commence à se dessiner nettement, lisse et sans fissures. Un pressage trop bref ou trop léger laisse des poches d'humidité internes qui deviendront des foyers de moisissure indésirable pendant les semaines d'affinage.
Préparez une saumure saturée en dissolvant le sel gros dans l'eau froide jusqu'à ce qu'un œuf frais y flotte à la surface, puis ajoutez le vinaigre blanc pour stabiliser son acidité. Démoulez le fromage pressé et immergez-le entièrement dans la saumure, dans un contenant non métallique, pendant douze à vingt-quatre heures selon le poids de la meule, en le retournant à mi-parcours pour un salage homogène. Le sel pénètre lentement depuis la surface vers le cœur, formant en parallèle la fine pellicule qui deviendra la croûte du fromage affiné. La meule doit rester immergée aux trois quarts au moins, la partie émergée étant salée à la main deux fois pendant le bain pour compenser. Un fromage sorti trop tôt de la saumure reste fade et se conserve mal ; sorti trop tard, il devient désagréablement salé en surface tout en restant fade au cœur.
Sortez le fromage de la saumure, séchez-le soigneusement avec un linge propre puis posez-le sur une grille, dans un endroit frais et aéré, pendant deux à trois jours en le retournant matin et soir pour un séchage uniforme. La croûte doit passer d'un aspect humide et luisant à une surface mate, sèche au toucher et légèrement collante — jamais détrempée ni poudreuse. Faites ensuite fondre la cire à fromage au bain-marie et appliquez-la au pinceau en deux couches croisées sur toute la surface, en laissant durcir la première couche avant d'appliquer la seconde. La cire scelle le fromage sans l'étouffer complètement, contrairement à un film plastique, et le protège des moisissures indésirables tout en le laissant respirer très légèrement pendant les semaines d'affinage. Cirer une croûte encore humide emprisonne l'humidité résiduelle sous la cire, condition presque garantie pour un moisissement interne invisible depuis l'extérieur.
Placez le fromage ciré dans un endroit frais et stable, entre 10 et 13°C avec une hygrométrie modérée — une cave, un cellier ou, à défaut, le bac à légumes du réfrigérateur légèrement entrouvert — pour un affinage de quatre à huit semaines selon la fermeté recherchée. Retournez la meule une à deux fois par semaine pour répartir uniformément l'humidité résiduelle et éviter qu'elle ne s'affaisse d'un seul côté sous son propre poids. Plus l'affinage se prolonge, plus la pâte se resserre et développe des arômes de noisette et de beurre fondu, en gagnant en caractère ce qu'elle perd en souplesse jeune. À quatre semaines, le fromage reste doux et souple, proche du gouda jeune vendu en grande surface ; à huit semaines et au-delà, il se rapproche d'un gouda vieux, plus cassant et plus corsé en bouche. Un fromage affiné trop près d'une source de chaleur ou d'humidité excessive développe des poches de moisissure sous la cire, signe qu'il faut réduire la durée d'affinage pour les lots suivants.
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Sourcer ou se taire
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