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Atlas Culinaire · Brésil · São Paulo
La quenelle de blé concassé venue du Levant, abrasileirada par les immigrants sírio-libanais autour de la Rua 25 de Março — coque croustillante de trigo fino, cœur de viande hachée parfumé à la menthe, frit doré : le salgado arabe devenu aussi brésilien que la coxinha selon la formule populaire
Le quibe brésilien cristallise plusieurs débats. CARNE BOVINE VS CARNEIRO — le kibbeh levantin canonique (Liban, Syrie, Palestine, Irak, où il est plat national) se fait traditionnellement à l'agneau ou au mouton (carneiro) ; au Brésil, l'abondance et le prix du bœuf ont imposé la carne bovina moída comme norme, au point que le carneiro est devenu l'exception (Wikipedia pt-BR, Geonauta). Les puristes de la communauté sírio-libanaise (Rua 25 de Março, São Paulo) considèrent que le vrai quibe garde l'agneau ; la rue brésilienne a tranché pour le bœuf. CRU VS FRIT VS ASSADO — le quibe cru (kibbe nayyé), viande crue pétrie au trigo, reste la version festive et noble de la communauté, mais le quibe frito est devenu LE format boteco/padaria populaire, devant le quibe assado (au four, version 'santé'). PIMENT ET ABRASILEIRAMENTO — selon la lecture rapportée par Dona Manteiga et Geonauta, l'identité brésilienne s'est affirmée 'quand on a mis plus de viande et plus de piment' que dans la version originelle, plus austère. TRIGO FINO OBLIGATOIRE — le trigo para quibe (nº1 fin) est non-négociable : un blé trop gros (boulgour gros calibre) donne une coque cassante qui s'effrite à la friture. Acteurs : communauté sírio-libanaise de São Paulo (immigration encouragée par Dom Pedro II dès ~1870-1880), Rua 25 de Março comme épicentre identitaire (USP, icarabe.org). URL adossée : https://pt.wikipedia.org/wiki/Quibe
Le quibe frito se mange en pétisco de boteco, en entrée de churrasco, en salgado de padaria à toute heure, et aux fêtes de la communauté árabe. Accord boteco classique : chope bien glacée (Brahma, Original, Antarctica) qui rince le gras de friture. Accord communautaire plus typé : arak libanais glacé coupé d'eau (anisé, dialogue avec la menthe) pour les puristes, ou un vin rouge léger libanais (Château Musar jeune) en repas. Variante NON-ALCOOLISÉE signature : suco de hortelã com limão (citron-menthe) qui prolonge la menthe de la pâte, ou un coalhada batida / leben (yaourt liquide salé levantin) ultra-rafraîchissant. ÉVITER les sodas trop sucrés qui écrasent la menthe et la viande. Servir avec un quartier de citron à presser et un trait de molho de pimenta.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Rincer 250 g de trigo para quibe fin à l'eau froide. Le couvrir d'eau froide et laisser tremper 30 à 60 minutes, jusqu'à gonflement complet (le grain double de volume et devient tendre sous la dent). ESSORER ENSUITE À FOND : verser dans un torchon propre et presser fermement jusqu'à ce que le blé ne goutte plus du tout. Cette étape est décisive — un blé gorgé d'eau donne une pâte molle qui éclatera dans l'huile.
Dans un grand saladier, réunir le trigo essoré, 300 g de carne bovina moída crue très maigre (hachée deux fois), 1 oignon râpé, beaucoup de hortelã fraîche ciselée + une pincée de menthe séchée, ½ c.à.c. de cumin, sel et poivre. Pétrir LONGUEMENT, les mains mouillées, jusqu'à obtenir une pâte homogène, lisse et collante. Pour une texture très fine, passer la masse au processador (mixeur) par petites quantités. Réserver au frais.
Dans une poêle, chauffer 2 c.à.s. d'huile d'olive et suer 1 oignon haché 4 min. Ajouter 250 g de carne moída, faire dorer en l'émiettant, saler et poivrer. Ajouter 1 tomate concassée et, en option, 40 g de pignons ou noix concassées. Cuire jusqu'à ce que le jus soit évaporé (refogado sec — un recheio humide ramollirait la coque). Hors feu, ajouter la hortelã ciselée. REFROIDIR COMPLÈTEMENT avant le façonnage.
Les mains mouillées, prélever une portion de massa de la taille d'un gros œuf. La rouler en boule puis, avec l'index mouillé, creuser un trou profond en tournant pour amincir les parois sans percer. Garnir d'une cuillère de recheio froid. Refermer en pinçant l'ouverture et façonner en quenelle ovale, pointue aux deux bouts (forme de petit ballon de rugby), surface bien lisse. Réfrigérer les quibes façonnés 20 min pour qu'ils se raffermissent.
Disposer les quibes façonnés sur un plateau et les réfrigérer 20 à 30 minutes avant de les frire. Ce passage au froid raffermit la coque de trigo et la viande, soude la fermeture et évite que les quibes ne s'ouvrent ou n'éclatent dans l'huile. Profiter de ce temps pour vérifier une dernière fois qu'aucune fissure ne subsiste sur la surface, et lisser au doigt mouillé le cas échéant.
Chauffer un bain d'huile à 170-180°C (un morceau de pâte doit grésiller aussitôt sans brûler). Plonger les quibes par petites fournées de 3-4 (ne pas surcharger, la température chuterait). Frire 4 à 5 minutes en les retournant, jusqu'à une couleur brun doré PROFOND et uniforme. Égoutter sur grille ou papier absorbant. La coque doit être croustillante et le cœur chaud.
Servir les quibes fritos bien chauds, dès la sortie du bain, en pétisco de boteco ou en entrée. Accompagner de quartiers de citron (limão) à presser dessus et d'un molho de pimenta à part. Disposer sur un plat avec quelques feuilles de hortelã fraîche. Dans la tradition de la communauté sírio-libanaise, on les sert avec une coalhada (yaourt égoutté salé) en trempette et de la salade de tabule à côté.
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