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Atlas Culinaire · Russie · Europe
La grande soupe acidulée russe : cornichons salés (solenye ogurtsy) et leur saumure (rassol) donnent l'acidité, l'orge perlé la consistance, les rognons de bœuf la profondeur — l'une des trois soupes-piliers russes avec le bortsch et le chtchi
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Bouillon — Monter un bouillon corsé et l'écumer — Mettre le bœuf avec os (ou les rognons dégorgés pour la version Moscou) dans 2,5 l d'eau froide, porter doucement à frémissement. Écumer soigneusement toute la mousse grise qui remonte — c'est ce qui fait un bouillon clair et propre. Ajouter laurier et poivre en grains, et laisser frémir à petit feu 1h30. Sortir la viande, la détacher de l'os, la couper en bouchées et la réserver ; filtrer le bouillon. Ce socle neutre, NON acide, est volontaire : c'est dedans qu'on pourra cuire l'orge et la pomme de terre sans que l'acidité les bloque.
Préparation — Tremper et pré-cuire l'orge perlé (perlovka) — Rincer l'orge perlé à l'eau claire jusqu'à ce qu'elle soit limpide, puis le faire tremper 1h. L'égoutter et le pré-cuire à part dans de l'eau (ou un peu de bouillon) 40 à 50 min, jusqu'à ce qu'il soit tendre mais encore un peu ferme. Cette pré-cuisson séparée est non négociable dans la version Leningrad : cuit directement dans la soupe, l'orge la rendrait grise, trouble et gluante par excès d'amidon. On l'ajoutera tendre et rincé.
Préparation — Préparer le trio acide (cornichons et rassol) — Peler les cornichons salés s'ils ont une grosse peau, les épépiner si nécessaire, puis les couper en petits dés ou bâtonnets. Les faire suer à part 10 min dans une petite louche de bouillon ou un peu de beurre, à feu doux : ils fondent et libèrent leur acidité sans durcir le reste de la soupe. Pendant ce temps, filtrer la saumure (rassol) au tamis fin et la porter à ébullition dans une petite casserole — cette ébullition lui retire son amertume crue. Réserver les deux séparément.
Préparation — Faire revenir la zazharka (oignon-carotte-racines) — Émincer l'oignon, couper la carotte en petits dés (et la racine de persil ou le panais pour une version plus raffinée). Faire fondre le beurre ou chauffer l'huile dans une poêle et faire revenir le tout 8-10 min à feu moyen, jusqu'à ce que l'oignon soit translucide et la carotte tendre. Cette zazharka apporte le fond doux et sucré qui équilibrera l'acidité de la saumure. Ne pas brûler — on veut du fondant, pas du grillé.
Cuisson — Cuire les pommes de terre dans le bouillon neutre — Remettre le bouillon filtré sur le feu, le porter à frémissement. Ajouter les pommes de terre en cubes (version Leningrad) et les laisser cuire 12-15 min, jusqu'à ce qu'elles soient presque tendres. On les cuit AVANT toute acidité : dans un bouillon encore neutre, l'amidon de la pomme de terre s'attendrit normalement. Si l'on jetait le rassol maintenant, elles resteraient dures à jamais. La version Moscou saute cette étape — pas de pomme de terre.
Assemblage — Réunir orge, viande, cornichons et zazharka — Quand les pommes de terre sont presque cuites, ajouter dans la marmite l'orge pré-cuit, la viande détaillée (ou les rognons), les dés de cornichon sués et la zazharka. Mélanger doucement et laisser mijoter 10 min à petit feu pour que tous les goûts se marient. La soupe prend alors sa texture caractéristique : dense, pleine, légèrement trouble par l'orge — mais pas gluante si l'orge a été cuit à part. Goûter avant d'acidifier.
Finition — Régler l'acidité au rassol, puis seulement saler — Verser la saumure bouillie (rassol) par petites doses, en goûtant entre chaque ajout, jusqu'à obtenir l'acidité franche mais équilibrée qui définit le rassolnik. C'est seulement MAINTENANT, le rassol incorporé, qu'on rectifie en sel et poivre — car la saumure a déjà beaucoup salé. Pour la version Moscou, on peut lier hors du feu avec un lezon (jaune d'œuf battu + un peu de smetana) versé en filet sans faire rebouillir. Couper le feu.
Service — Reposer et servir avec smetana et aneth — Couper le feu et laisser la soupe reposer 10 à 15 min couverte : les saveurs se fondent et l'acidité s'arrondit. Servir bien chaud dans des assiettes creuses, déposer une grosse cuillère de smetana au centre de chaque (que le convive délaye lui-même) et parsemer généreusement d'aneth frais ciselé. Un quignon de pain de seigle noir à côté complète le tableau. Le rassolnik est, comme le bortsch, meilleur réchauffé le lendemain.
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Sourcer ou se taire
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