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Atlas Culinaire · Ghana · Afrique
Le riz rituel offert au Ya-Naa de Yendi, du tri sacré des grains au partage communautaire du festival Damba.
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La veille du Somo Damba, les mallams du palais Gbewaa Ă©talent le riz fraĂźchement rĂ©coltĂ© sur de grands plateaux et retirent Ă la main la balle, les brisures et les cailloux tout en rĂ©citant des versets. Ce geste purifie symboliquement le grain destinĂ© au Ya-Naa, condition de lĂ©gitimitĂ© de toute la fĂȘte qui suit. Le bruissement sec des grains, l'odeur de poussiĂšre et de paille remplissent la cour du palais pendant que les anciens supervisent le tri. Ă la maison, ce rituel se traduit simplement par un tri minutieux puis trois rinçages Ă l'eau froide jusqu'Ă ce que l'eau reste claire.
Coupez le boeuf en gros morceaux et faites-le saisir à feu vif dans un fond d'huile de palme jusqu'à ce qu'il soit doré sur toutes ses faces. Ce geste rappelle la vache sacrifiée par le Ya-Naa le jour du Somo Damba pour implorer la protection d'Allah sur son rÚgne, une viande que l'on ne gaspille jamais et dont chaque morceau est destiné au partage. Le grésillement du gras et l'odeur riche et fumée annoncent le repas collectif qui suivra pour les invités du palais. Si la viande accroche et brûle, baissez immédiatement le feu et déglacez avec un peu d'eau chaude.
Faites revenir les oignons dans l'huile de palme rouge jusqu'Ă ce qu'ils deviennent translucides, puis ajoutez les tomates mixĂ©es, le gingembre rĂąpĂ© et le dawadawa Ă©crasĂ© entre les doigts. La sauce prend une teinte rouge profonde et libĂšre un parfum fermentĂ© puissant, signature aromatique du Nord Ghana qui distingue ce riz du jollof cĂŽtier plus sucrĂ©. Laissez mijoter jusqu'Ă ce que l'huile remonte en petites gouttes Ă la surface, signe que la sauce est prĂȘte Ă recevoir la viande. Si la sauce se dessĂšche ou attache, ajoutez un filet d'eau chaude et poursuivez Ă feu doux.
Plongez le boeuf saisi et le poulet dans la sauce tomate-dawadawa, couvrez Ă moitiĂ© et laissez mijoter longuement jusqu'Ă ce que la viande devienne fondante. Ce sont traditionnellement les Ă©pouses du Ya-Naa qui cuisinent ce riz au palais de Gbewaa pour l'ouverture du Somo Damba, l'odeur se rĂ©pandant dans toute la cour royale et attirant les enfants curieux. La viande doit s'effilocher facilement sous une fourchette, preuve qu'elle sera assez tendre pour ĂȘtre partagĂ©e en grande quantitĂ©. Si le liquide rĂ©duit trop vite avant que la viande ne soit tendre, ajoutez du bouillon chaud plutĂŽt que de l'eau froide.
Retirez la viande, versez le riz trié dans le bouillon de cuisson filtré et laissez cuire à couvert jusqu'à absorption complÚte du liquide. Les grains prennent une teinte orangée et gorgent toute la saveur de la viande et des épices, pendant que la vapeur épicée s'échappe par les bords du couvercle. Le riz doit rester tendre mais non collant, capable de nourrir une foule sans se transformer en bouillie. Si le fond attache avant absorption complÚte, ajoutez un peu d'eau chaude, couvrez et baissez encore le feu.
Dressez le riz en dÎme dans de grands plats ou calebasses communes, surmonté des morceaux de viande, en quantité volontairement généreuse. Cette abondance symbolise l'hospitalité du Ya-Naa envers son peuple et ses hÎtes de marque venus assister aux festivités de Yendi. La vapeur qui s'échappe encore du riz empilé, la couleur ambrée et l'odeur de dawadawa signalent aux invités que le repas collectif peut commencer. Si le service est retardé par les cérémonies, couvrez le plat d'un linge propre pour garder la chaleur sans assécher le riz.
Le riz se dĂ©guste au son des tambours lunsi qui rythment la soirĂ©e, tandis que la danse Zaawuni du Ya-Naa se poursuit jusqu'Ă ce que plus personne ne soit autorisĂ© Ă danser aprĂšs lui. Selon l'ethnographie du Nord Ghana, les tambourinaires mangent une fois le riz partagĂ© puis rentrent chez eux, clĂŽturant ainsi la veillĂ©e rituelle. Le service continue tant que des invitĂ©s, danseurs ou tambourinaires n'ont pas Ă©tĂ© nourris, dans le respect de l'hospitalitĂ© Dagomba. Les restes sont traditionnellement redistribuĂ©s en aumĂŽne Ă ceux qui n'ont pas pu assister Ă la fĂȘte.
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Sourcer ou se taire
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