Chargement de lâatlas
Atlas Culinaire · Canada · PremiÚres Nations & Arctique
Le Manomin (manoomin, « la bonne graine » en anishinaabemowin) est une graminée aquatique indigÚne (Zizania palustris) qui pousse à l'état sauvage dans les lacs peu profonds du bouclier canadien, du Manitoba à l'Ontario, et jusqu'au Minnesota. Aliment cérémoniel des nations Anishinaabe depuis des siÚcles, récolté en canot à l'automne au moyen de bùtons de cÚdre, puis séché, grillé et vanné selon un savoir transmis oralement.
Pour les peuples Anishinaabe, le Manomin n'est pas un simple grain : c'est un ĂȘtre vivant, un don, la mĂ©moire d'une migration. Les histoires orales racontent qu'une prophĂ©tie enjoignit aux ancĂȘtres de quitter la cĂŽte atlantique et de marcher vers l'ouest jusqu'Ă l'endroit « oĂč la nourriture pousse sur l'eau ». Ils s'arrĂȘtĂšrent lorsqu'ils trouvĂšrent le manoomin ondulant Ă la surface des lacs des Grands Lacs et du bouclier canadien. Le mot lui-mĂȘme, souvent traduit par « la bonne graine » ou « la bonne baie », dit dĂ©jĂ l'estime dans laquelle on le tient.
Le mot « riz sauvage » recouvre aujourd'hui deux réalités trÚs différentes, ce qui nourrit un débat vif et légitime.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Placer le Manomin dans une passoire Ă mailles fines et rincer abondamment sous l'eau froide courante, en remuant avec les mains, jusqu'Ă ce que l'eau de rinçage soit claire. Cette Ă©tape Ă©limine la fine couche d'amidon de surface et les Ă©ventuelles Ă©corces rĂ©siduelles du pilage traditionnel. Laisser Ă©goutter 5 minutes. Certains cuisiniers Anishinaabe recommandent un trempage de 30 minutes dans l'eau froide avant cuisson pour rĂ©duire le temps de cuisson et amĂ©liorer la texture â mais les grains rĂ©coltĂ©s fraĂźchement sĂ©chĂ©s en automne cuisent aussi bien sans trempage.
Le pourquoiLe rinçage emporte la fine poussiĂšre d'amidon et les dĂ©bris d'enveloppe laissĂ©s par le grillage et le foulage traditionnels ; sans lui, l'eau de cuisson mousse et devient trouble, et le grain garde un arriĂšre-goĂ»t poussiĂ©reux. Un trempage facultatif hydrate le cĆur du grain et raccourcit la cuisson.
Dans une casserole Ă fond Ă©pais, porter Ă Ă©bullition l'eau (ou le bouillon) salĂ©e. Ajouter le Manomin rincĂ©, mĂ©langer une fois, couvrir hermĂ©tiquement et rĂ©duire immĂ©diatement Ă frĂ©missement trĂšs doux. Cuire sans soulever le couvercle pendant 35 minutes. VĂ©rifier Ă 35 minutes : les grains doivent ĂȘtre tendres mais lĂ©gĂšrement croquants, certains s'ouvrant pour rĂ©vĂ©ler un intĂ©rieur laiteux. Si trop croquants, couvrir et continuer 5-10 minutes. Ăgoutter l'excĂ©dent d'eau si nĂ©cessaire â contrairement au riz blanc, le Manomin n'absorbe pas entiĂšrement l'eau de cuisson.
Le pourquoiContrairement au riz blanc, le Manomin n'absorbe pas toute son eau : on le cuit plutĂŽt comme des pĂątes, dans un bain qu'on Ă©goutte. Un frĂ©missement doux et un couvercle hermĂ©tique cuisent le grain Ă la vapeur autant qu'Ă l'eau, jusqu'Ă ce que l'enveloppe cĂšde et laisse voir le cĆur pĂąle.
Retirer la casserole du feu et laisser reposer couvert 5 minutes sans ouvrir le couvercle â la vapeur rĂ©siduelle termine le gonflement des grains sans risque de surcuisson. Cette Ă©tape est identique Ă la mĂ©thode de cuisson du riz blanc japonais (mushiage) et produit un rĂ©sultat similaire : des grains sĂ©parĂ©s, lĂ©gĂšrement fermes, qui ne collent pas.
Le pourquoiLe repos hors du feu laisse la vapeur emprisonnĂ©e finir le travail en douceur : le cĆur des grains achĂšve de gonfler, l'humiditĂ© se rĂ©partit, et la texture se raffermit sans risque de surcuisson au contact du fond brĂ»lant.
Incorporer dĂ©licatement le beurre (ou la graisse d'ours si disponible) en tournant le Manomin avec une fourchette â jamais remuer, qui Ă©craserait les grains. Ajouter les baies de sureau sĂ©chĂ©es, les champignons sautĂ©s (si utilisĂ©s) et les noix de pin. GoĂ»ter et ajuster le sel. Servir dans des bols en bois (bol traditionnel en Ă©corce de bouleau ou bol en bois sculptĂ©) si l'occasion le permet â la prĂ©sentation en bois est en accord avec l'esthĂ©tique Anishinaabe. Accompagner de gibier rĂŽti, de truite fumĂ©e ou de saumon du lac.
Le pourquoiOn lie le grain en le soulevant à la fourchette plutÎt qu'en le remuant à la cuillÚre : le geste enrobe chaque grain de gras et d'arÎmes sans écraser ceux qui se sont fleuris, ce qui préserve la texture aérée. Le corps gras (beurre, graisse de gibier) porte le parfum de noisette et arrondit l'amertume boisée du grain.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
â Cette recette n'a jamais Ă©tĂ© testĂ©e par la communautĂ©. Soyez le premier Ă fermer la couronne.
Seul membre asiatique du genre Zizania, proche cousin botanique du Manomin nord-américain (les deux sont congénÚres). En Asie de l'Est, on ne consomme pas son grain mais la base de la tige, gonflée par un champignon en un légume charnu (le « water bamboo », jiaobai en Chine, makomo au Japon).
Pas encore dans l'AtlasMĂȘme espĂšce ou proche parent (Zizania palustris) mais domestiquĂ©e : cultivĂ©e en riziĂšres inondĂ©es et rĂ©coltĂ©e Ă la machine dans le Minnesota et en Californie depuis les annĂ©es 1950-1970. Grains plus rĂ©guliers, plus noirs et en aiguille, Ă la cuisson bien plus longue. Vendue sous le mĂȘme nom que le Manomin de lac, d'oĂč la confusion et l'obligation lĂ©gale d'Ă©tiquetage « paddy » au Minnesota et au Wisconsin.
Pas encore dans l'AtlasPrĂ©paration rĂ©gionale des Grands Lacs qui met le mĂȘme grain en vedette dans un potage crĂ©meux ; elle illustre le passage du grain cĂ©rĂ©moniel autochtone Ă la cuisine rĂ©gionale nord-amĂ©ricaine partagĂ©e.
Pas encore dans l'AtlasSourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier Ă cuisiner cette recette.