Chargement de l'atlas
Atlas Culinaire · Indonésie · Java
Le mĂ©lange dĂ©routant et gĂ©nial de Surabaya : museau de bĆuf bouilli, fruits verts (mangue, ananas, jicama), lĂ©gumes blanchis, tofu et tempe, lontong, le tout liĂ© d'une sauce noire au petis udang (pĂąte de crevette fermentĂ©e) pilĂ©e avec arachides et banane Ă graines
Le rujak cingur intrigue par son ingrĂ©dient-signature, le cingur â qui signifie littĂ©ralement museau/bouche en javanais â c'est-Ă -dire le museau et les lĂšvres de bĆuf (parfois de buffle), bouillis longuement jusqu'Ă devenir tendres et gĂ©latineux. C'est ce qui en fait une variante carnĂ©e et umami du rujak, lĂ oĂč les autres rujak sont des salades de fruits. Sur l'origine, deux rĂ©cits coexistent : le plus rĂ©pandu situe sa naissance dans le Surabaya des annĂ©es 1930, oĂč des immigrĂ©s madurais vendant de la nourriture pour survivre auraient adaptĂ© leur petis (passant du petis ikan, Ă base de poisson madurais, au petis udang Ă base de crevette, plus riche, du goĂ»t javanais) ; l'autre rĂ©cit y voit une fusion culturelle sur les rives du fleuve Kalimas, oĂč Javanais, Chinois, Madurais et Arabes auraient mĂȘlĂ© leurs cuisines. La sauce noire tire sa couleur et son umami profond du petis udang (pĂąte de crevette fermentĂ©e), pilĂ© au mortier (cobek) avec arachides grillĂ©es, piment, sucre de palme, tamarin et, traditionnellement, de la banane Ă graines verte rĂąpĂ©e (pisang klutuk/batu) qui apporte astringence et liant. On distingue le rujak cingur matengan (tous les composants cuits) du rujak cingur biasa (avec fruits crus). Sources validantes : Wikipedia, indonesia.travel (office du tourisme), et Wikibooks Cookbook.
Es degan (eau de coco jeune) ou es teh (thé glacé) pour rafraßchir face à l'intensité du petis. Le rujak cingur se mange tel quel, parfois avec du riz ou du lontong (gùteau de riz) intégré, et toujours saupoudré de bawang goreng (oignons frits) et accompagné de kerupuk (crackers). C'est un plat-repas complet à lui seul. Cuisine de rue et domestique de Surabaya ; pas d'alcool.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Nettoyer soigneusement le cingur (museau/lĂšvres de bĆuf) : gratter, rincer, retirer les poils rĂ©siduels. Le mettre dans l'eau avec des aromates (feuilles de salam, galanga, sel) et le faire bouillir longuement, au moins 1 heure (souvent plus), jusqu'Ă ce qu'il soit tendre et gĂ©latineux. Ăgoutter et couper en morceaux Ă la bouchĂ©e. Une cuisson insuffisante laisse un cingur coriace au goĂ»t fort.
Couper le tofu ferme en cubes et le tempe en tranches, puis les frire dans l'huile chaude jusqu'à ce qu'ils soient dorés et croustillants à l'extérieur. Réserver sur papier absorbant. Trancher le lontong (gùteau de riz). Le tofu et le tempe frits apportent une texture moelleuse-croustillante et une note protéinée végétale qui équilibre le cingur.
Blanchir séparément le kangkung, les germes de soja et les haricots longs dans l'eau bouillante salée, briÚvement pour garder du croquant, puis rafraßchir et égoutter. Tailler la mangue verte, l'ananas, le jicama et le concombre crus. Les fruits VERTS et fermes apportent l'acidité et le croquant qui sont la marque du rujak.
Griller les arachides à sec jusqu'à coloration et parfum. Délayer le tamarin dans un peu d'eau tiÚde et filtrer. Rùper la banane à graines verte (pisang klutuk) si disponible. Réunir tous les éléments de la sauce prÚs du mortier : c'est l'assemblage au cobek qui fera la sauce signature, intense et noire grùce au petis udang.
Au mortier (cobek), piler d'abord les piments, puis ajouter les arachides grillĂ©es et les Ă©craser grossiĂšrement, puis le petis udang, le sucre de palme, le sel, la banane rĂąpĂ©e et enfin le tamarin dĂ©layĂ©. Travailler jusqu'Ă une pĂąte noire Ă©paisse, brillante et grumeleuse. GoĂ»ter et Ă©quilibrer : la sauce doit ĂȘtre salĂ©e-sucrĂ©e-acide-piquante-umami, intense mais ronde.
Détendre la sauce avec un peu d'eau tiÚde (ou l'eau de tamarin) jusqu'à une consistance nappante mais épaisse, capable d'enrober les ingrédients sans couler. Rectifier l'équilibre une derniÚre fois : plus de tamarin pour l'acidité, plus de sucre de palme pour arrondir, plus de piment pour le feu. La sauce doit pouvoir tapisser légumes et cingur d'un manteau noir savoureux.
Juste avant de servir, réunir dans un grand bol (ou directement dans le cobek) les légumes blanchis, les fruits verts, le tofu et tempe frits, les tranches de lontong et les morceaux de cingur. Verser la sauce petis-arachide et mélanger délicatement à la main ou à la cuillÚre pour enrober chaque élément sans écraser. Assembler à la commande évite que les légumes ne rendent de l'eau.
Dresser le rujak cingur dans une assiette, parsemer gĂ©nĂ©reusement d'oignons frits (bawang goreng) et accompagner de kerupuk (crackers). Servir immĂ©diatement, tiĂšde ou Ă tempĂ©rature ambiante. Le plat se dĂ©guste tel quel, repas complet Ă lui seul, mariage dĂ©routant et harmonieux de museau gĂ©latineux, de fruits acides, de lĂ©gumes croquants et de sauce noire profonde â l'Ăąme audacieuse de Surabaya.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Sourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier Ă cuisiner cette recette.
Vous l'avez testée ? Notez-la et partagez votre version : vous aidez l'Atlas à grandir.