Chargement de l'atlas
Atlas Culinaire · Dominique · Amériques
Le petit-dĂ©jeuner dominical de l'Ăźle Nature â morue dessalĂ©e effilochĂ©e, tomate, oignon et piment scotch bonnet, mariĂ©e aux bakes dorĂ©s croustillants dehors, moelleux dedans
Le **buljol** se cuit-il ou se mange-t-il cru ? La controverse oppose deux Ă©coles Ă travers la CaraĂŻbe crĂ©olophone, et la Dominique tranche du cĂŽtĂ© du cru. Le mot **buljol** vient du crĂ©ole français « **brĂ»le-gueule** » (bÊyl-gĆl â brule-jaule â buljol), dĂ©signant Ă l'origine la morsure du piment scotch bonnet. Pour les puristes â dont l'Ă©cole de rĂ©fĂ©rence du **Naparima Girls' High School Cookbook** (Polly Indar, Dorothy Ramesar, Sylvia Bissessar, 1Êłá” Ă©d. 1988, « one cookbook to rule them all » selon Uncommon Caribbean) â le buljol authentique est une **chiquetaille de morue dessalĂ©e mais NON cuite**, simplement effilochĂ©e et habillĂ©e Ă cru de tomate, d'oignon, de scotch bonnet et de jus de citron vert, le tout liĂ© Ă l'huile (jamais mayonnaise). C'est exactement le geste retenu Ă la Dominique. Ă l'inverse, la version « **sautĂ©ed buljol** » dĂ©fendue par Ria Sookhoo (cookingwithria.com, 2025) fait revenir l'ensemble Ă la poĂȘle â les puristes y voient une dĂ©rive vers le **saltfish sautĂ©** (« saltfish and bakes » cuit), plat distinct. Sur le dessalage, le consensus est net : la morue se trempe en deux bains de 15 minutes (eau jetĂ©e entre les deux) OU se bout en jetant la premiĂšre eau ; jamais on ne saute cette Ă©tape, sous peine d'un plat immangeable de sel. Ramin Ganeshram (*Sweet Hands: Island Cooking from Trinidad & Tobago*, Hippocrene, ISBN 9780781813693) confirme l'accord buljol cru + bake frit comme « the quintessential Caribbean breakfast ». Enfin, Ă la Dominique, le buljol fait partie du paysage des plats « saltfish » que l'office de tourisme et la cuisine crĂ©ole locale revendiquent comme hĂ©ritage mĂ©tissĂ© kalinago-africain-europĂ©en (cf. Dominica cuisine, Wikipedia).
Cocoa tea (chocolat chaud Ă©picĂ© dominicais Ă la cannelle et au laurier) â bush tea (infusion d'herbes locales) â jus de fruit de la passion frais ou ginger beer maison
Le **saltfish buljol & bakes** est l'un des **petits-dĂ©jeuners crĂ©oles emblĂ©matiques de la Dominique** et de toute la CaraĂŻbe anglophone et crĂ©olophone. Ă la Dominique â « l'Ăźle Nature » du Commonwealth â il appartient au registre des plats « saltfish » revendiquĂ©s comme patrimoine de la cuisine crĂ©ole locale, hĂ©ritage mĂ©tissĂ© kalinago, africain, français et anglais. C'est un plat de week-end et de jours de fĂȘte, vendu sur les Ă©tals du marchĂ© de Roseau le samedi matin, servi au brunch dominical en famille, et omniprĂ©sent pendant la saison de l'IndĂ©pendance et du World Creole Music Festival (novembre). La morue salĂ©e, hĂ©ritĂ©e de l'Ă©conomie atlantique coloniale, est devenue un pilier identitaire de la table caribĂ©enne. Note 9/10 â pilier du petit-dĂ©jeuner dominicais, juste derriĂšre la callaloo nationale.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Rincer la morue salĂ©e sous l'eau froide. La couvrir d'eau froide dans un grand bol et laisser tremper 15 minutes, puis jeter l'eau et recommencer avec de l'eau propre pendant 15 minutes. Pour un dessalage plus rapide, on peut aussi la plonger dans l'eau bouillante, jeter cette premiĂšre eau, puis bouillir 10 minutes dans de l'eau fraĂźche. GoĂ»ter un petit morceau pour valider â il doit rester savoureux mais plus agressivement salĂ©.
Ăgoutter soigneusement la morue dessalĂ©e et la presser entre les mains pour chasser l'eau. Retirer la peau et les Ă©ventuelles arĂȘtes. Effilocher la chair Ă LA MAIN en suivant le fil, en filaments souples â jamais au couteau qui Ă©crase. RĂ©server dans un saladier. C'est cette texture filandreuse moelleuse qui caractĂ©rise le vrai buljol dominicais.
Ajouter à la morue effilochée les dés de tomate (jus égoutté), l'oignon rouge émincé, le scotch bonnet haché trÚs fin, la cébette, le persil ou thym. Arroser du jus de citron vert et de l'huile d'olive, poivrer. Mélanger délicatement à la fourchette sans écraser. NE PAS cuire : la version dominicaise du buljol est une chiquetaille crue. Couvrir et laisser mariner 15 minutes au frais pour que les saveurs se lient.
Dans un grand bol, mĂ©langer la farine, la levure chimique, le sucre et le sel. Sabler le beurre du bout des doigts jusqu'Ă obtenir une texture de sable grossier. Verser l'eau tiĂšde petit Ă petit en travaillant juste assez pour former une pĂąte souple non collante â surtout NE PAS trop pĂ©trir, sinon les bakes seront durs. Couvrir d'un linge et laisser reposer 20 minutes.
Diviser la pùte en 8 boules égales. Sur un plan fariné, abaisser chaque boule au rouleau ou à la main en disques de 12-14 cm de diamÚtre et environ 0,5 cm d'épaisseur. Piquer légÚrement chaque disque à la fourchette pour éviter qu'ils ne gonflent en ballon. Réserver sous le linge le temps de chauffer l'huile.
Chauffer l'huile de friture Ă 180°C dans une poĂȘle profonde ou une bassine (un petit morceau de pĂąte doit grĂ©siller et remonter aussitĂŽt). Plonger les disques un ou deux Ă la fois ; ils gonflent et flottent. Frire 1,5 Ă 2 minutes par face jusqu'Ă une belle couleur dorĂ©e, en les retournant Ă la spatule. Ăgoutter sur papier absorbant. Les bakes doivent ĂȘtre croustillants dehors, moelleux et aĂ©rĂ©s dedans.
Fendre chaque bake encore tiÚde sur le cÎté comme une poche, ou le servir entier à cÎté. Garnir d'une généreuse cuillerée de buljol et accompagner de quelques tranches d'avocat. Servir aussitÎt, idéalement au petit-déjeuner ou au brunch dominical, avec un cocoa tea épicé ou un bush tea. La fraßcheur du buljol cru contraste avec le moelleux chaud du bake.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Sourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier Ă cuisiner cette recette.
Vous l'avez testée ? Notez-la et partagez votre version : vous aidez l'Atlas à grandir.