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Atlas Culinaire · Indonésie · Java
Le sate sundanais de Purwakarta : cubes de bœuf marinés dans le kecap manis, le tamarin, la coriandre et le kencur, grillés au feu vif jusqu'au caramélisé fumé — servis SANS sauce cacahuète, avec sambal oncom-tomate, riz ou ketan bakar : tout l'inverse du sate au cacahuète
LE SATE QUI REFUSE LA CACAHUÈTE. (1) NI BUMBU KACANG — LA MARINADE EST TOUT. C'est la rupture qui définit le sate maranggi : contrairement au sate ayam ou au sate Madura noyés de sauce cacahuète, le sate maranggi ne se sert PAS avec du bumbu kacang. Sa saveur vient entièrement de la MARINADE — kecap manis (soja sucré), tamarin (asam), coriandre (ketumbar), ail, échalote, sucre de palme et, à Purwakarta, le KENCUR (galanga des sables) — qui imprègne la viande avant la grille. On l'accompagne au plus d'un sambal tomate ou d'un sambal oncom, et de kecap manis frais aux piments, jamais d'une sauce cacahuète. (2) PURWAKARTA vs CIANJUR : LA QUERELLE DU KENCUR. Les deux berceaux sundanais revendiquent le plat. La version de Purwakarta inclut le kencur dans la marinade et se sert avec kecap manis et acar/sambal tomat ; la version de Cianjur N'A PAS de kencur. C'est le marqueur qui sépare les deux écoles. (3) ÉTYMOLOGIE ET ORIGINE DÉBATTUES. Une lecture rattache « maranggi » à un terme sundanais désignant l'artisan fabricant de fourreaux de keris ; une autre, populaire, fait venir le nom de « Mak Anggi », une vendeuse de sate (le « r » ajouté pour la prononciation), première à le confectionner à Plered, le plat étant attesté depuis les années 1960 selon le chercheur Irvan Setiawan (Balai Pelestarian Budaya Jawa Barat). Le chef Haryo Pramoe évoque par ailleurs un apport de migrants chinois installés au pays sundanais, parenté avec des marinades de viande séchée chinoises. Traditionnellement, trois morceaux de viande par brochette renvoient à la philosophie sundanaise du Tri Tangtu. Acteurs et garants : ville de Purwakarta (Java Ouest), Plered ; chercheur Irvan Setiawan ; chef Haryo Pramoe ; figures documentaires William Wongso et Sri Owen.
Sambal tomate (sambal tomat) ou sambal oncom, kecap manis frais agrémenté de piment et d'échalote émincée, acar (concombre-carotte au vinaigre). Servir avec du riz blanc chaud (nasi) ou, très typiquement à Purwakarta, du ketan bakar (riz gluant grillé) ou du nasi timbel. Boisson : thé glacé sucré (es teh) ou eau de coco. Trois morceaux par brochette selon la tradition (Tri Tangtu).
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Piler au mortier les échalotes, l'ail, le kencur et le gingembre jusqu'à pâte. Griller à sec la coriandre puis la moudre. Mélanger cette pâte avec le kecap manis, le jus de tamarin, la coriandre moulue, le sucre de palme, le poivre, le sel et l'huile pour obtenir une marinade homogène, sombre et parfumée. Le kencur est la signature de la version Purwakarta (la version Cianjur ne l'inclut pas).
Couper le bœuf en cubes réguliers de 2-3 cm. Les enrober soigneusement de marinade dans un saladier, couvrir et laisser mariner au frais au minimum 2-4 heures, idéalement une nuit. La marinade attendrit la viande (tamarin) et la parfume en profondeur (kecap, coriandre, kencur) : c'est elle, et non une sauce cacahuète, qui porte tout le goût du plat.
Pendant la marinade, préparer le sambal tomat : faire revenir ou griller légèrement tomates, piments, échalotes et ail, puis les piler ensemble avec le sucre de palme et le sel jusqu'à un sambal grossier et vif. Goûter et ajuster piquant-sucré-salé. Préparer aussi le kecap manis aux piments et échalotes émincés pour le dip, et l'acar.
Faire tremper les pics en bambou dans l'eau 30 minutes (ils ne brûleront pas). Enfiler les cubes de bœuf marinés sur les pics, traditionnellement TROIS morceaux par brochette (référence à la philosophie sundanaise du Tri Tangtu). Ne pas trop serrer les morceaux pour une cuisson homogène. Réserver la marinade restante pour badigeonner.
Préparer un feu de braises vif (ou un gril/plancha bien chaud). Griller les brochettes à feu vif, en les retournant souvent et en les badigeonnant régulièrement de marinade restante. Le kecap manis et le sucre de palme caramélisent en une croûte fumée brillante en 10-15 minutes. Surveiller : le sucre fait brunir vite, viser le caramélisé sans brûler. Le bœuf reste juteux à cœur.
Disposer les brochettes grillées sur un plat. NE PAS les napper de sauce cacahuète : présenter à côté le sambal tomate, le kecap manis aux piments-échalotes pour tremper, et l'acar. C'est l'accompagnement sundanais de Purwakarta. Servir avec du riz blanc chaud ou, idéalement, du ketan bakar (riz gluant grillé) ou du nasi timbel.
Le sate maranggi se déguste immédiatement, les brochettes encore fumantes, en plat de partage convivial. Plat-fierté de Purwakarta et de Plered, on le trouve dans les warung sate spécialisés du pays sundanais. Chacun trempe ses morceaux dans le kecap aux piments ou ajoute du sambal tomate à sa convenance. Le ketan bakar grillé est l'accord local par excellence.
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