Chargement de l'atlas
Atlas Culinaire · CÎte d'Ivoire · Sud lagunaire & cÎte
L'Ăąme du sud ivoirien â pulpe rouge orangĂ© du palmiste pilĂ©e Ă l'eau, viande boucanĂ©e + poisson fumĂ© en symbiose, plat dimanche akan absolu.
L'une des grandes sauces nationales ivoiriennes, fiertĂ© akan-baoulĂ©-lagunaire â multiples controverses techniques et identitaires. (1) PALMISTE â HUILE DE PALME : confusion frĂ©quente. La sauce graine est faite avec la PULPE des fruits du palmier Ă huile (Elaeis guineensis), bouillis et pilĂ©s pour extraire le jus rouge orangĂ©. PAS l'huile de palme raffinĂ©e (qui est l'extraction industrielle). La pulpe traditionnelle se prĂ©pare en pilant 2-3 kg de fruits frais dans un mortier, puis en dĂ©layant Ă l'eau chaude. Ă l'export : conserve 'TrofaĂŻ' (pĂąte de palmiste prĂȘte Ă l'emploi, 500 g) â qualitĂ© OK, pas trahison. (2) VIANDE BOUCANĂE OBLIGATOIRE : rĂšgle akan stricte â la viande doit ĂȘtre FUMĂE/BOUCANĂE avant cuisson. BĆuf boucanĂ© (kobi), porc boucanĂ©, ou agouti (Thryonomys swinderianus, gros rongeur de brousse) traditionnellement. Sans fumĂ©e, la sauce graine est plate. Ă l'export : utiliser Ă©paule de porc fumĂ©e europĂ©enne (jambonneau, kassler) ou poulet fumĂ©. (3) POISSON FUMĂ EN SYMBIOSE : second pilier â poisson fumĂ© sĂ©chĂ© (machoiron, hareng saur, capitaine fumĂ©). Apporte umami marin profond. La rĂšgle : 1 part viande / 0,5 part poisson fumĂ©. Sans poisson fumĂ© : sauce orpheline. (4) SAUCE GRAINE vs MAFĂ : les non-Ivoiriens confondent souvent. Le mafĂ© (SĂ©nĂ©gal/Mali) est Ă base d'ARACHIDE (peanut). La sauce graine (CI) est Ă base de PALMISTE. Couleurs et goĂ»ts radicalement diffĂ©rents. Ne JAMAIS appeler 'sauce arachide' la sauce graine â humiliation gastronomique en CĂŽte d'Ivoire. (5) ACCOMPAGNEMENT FOUTOU : rĂšgle absolue dans le sud forestier â sauce graine se mange OBLIGATOIREMENT avec foutou (pĂąte Ă©paisse de banane plantain pilĂ©e Ă l'igname ou au manioc), placali (pĂąte de manioc fermentĂ©), ou attiĂ©kĂ© (semoule de manioc fermentĂ©e du peuple ĂbriĂ©). Riz blanc acceptĂ© Ă la maison mais hĂ©rĂ©sie en restaurant traditionnel akan. (6) AUBERGINE AFRICAINE & GOMBO : lĂ©gumes signatures : gboma (aubergine africaine, Solanum aethiopicum), aubergine violette, gombos (okra), tomates fraĂźches. Le gboma se cuit ENTIER, retirĂ©, Ă©crasĂ© puis remis. (7) HUILE QUI MONTE EN SURFACE : indicateur de cuisson â la sauce est prĂȘte quand l'huile rouge orangĂ© du palmiste 'monte' Ă la surface en couche distincte. Cette huile est SCROUĂE avant service par les puristes (anti-cholestĂ©rol moderne). Tradition akan : on la garde, c'est l'Ăąme. (8) KABLĂ (HERBE AROMATIQUE) : herbe locale (Lippia multiflora ou Hyptis suaveolens) qui parfume traditionnellement. Ă dĂ©faut : feuilles de basilic africain ou laurier sec (Ă minima).
Bissap rouge frais (jus d'hibiscus glacé sucré) ou jus de gingembre maison (trÚs épicé) en boisson familiale ivoirienne. Pour les adultes : Castel ivoirienne (lager brassée à Abidjan depuis 1950) ou rouge léger souple (Beaujolais, CÎtes-du-RhÎne) qui supporte le gras du palmiste. Bandji (vin de palme frais fermenté du jour) pour la version village.
10/10 â l'une des trois grandes sauces nationales de CĂŽte d'Ivoire (avec la sauce arachide ivoirienne et le kedjenou). Plat dimanche absolu dans les familles akan, baoulĂ©, Ă©briĂ©, agni du sud forestier. Star des maquis (gargotes) d'Abidjan : Treichville, AdjamĂ©, Yopougon. Restaurants emblĂ©matiques : Chez Maman (Treichville), Allocodrome de Cocody (street food), Chez Tantie Marie (Bonoua). Plat star du restaurant 'Saakan' Ă Abidjan (chef Mama Esther). Ă l'export : Casa Fabio (Paris), Chez Tantie Awa (Lyon), Bistrot des Lagunes (Bruxelles). PrĂ©sent dans le programme TV 'Cuisine d'Afrique' RTI 1 (1Ăšre chaĂźne ivoirienne). RĂ©fĂ©rence dans les ouvrages d'Alexandre Bella Ola ('Saveurs d'Afrique', 2011).
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Si viande boucanĂ©e fraĂźche : la rincer briĂšvement Ă l'eau tiĂšde pour enlever excĂšs de sel, sĂ©cher. Couper en gros morceaux (4-5 cm). Le poisson fumĂ© : le couper en morceaux de 4 cm, retirer arĂȘtes principales, vĂ©rifier qu'il n'y a pas de sable. Si trĂšs salĂ© : tremper 10 min dans l'eau tiĂšde, jeter. RĂ©server. Pour la pĂąte palmiste en conserve : ouvrir, rĂ©server Ă T° ambiante.
Dans une grande marmite à fond épais (cocotte 28 cm), chauffer 3 c.à .s. d'huile d'arachide à feu vif. Saisir les morceaux de viande boucanée 5-7 min jusqu'à coloration brune dorée. Ajouter les oignons émincés, faire suer 5 min. Ajouter l'ail haché et le gingembre rùpé, remuer 1 min. La cuisine commence à embaumer.
geste tantie Adjoua â RĂ©duire le feu Ă moyen. Ajouter directement dans la marmite la pĂąte de palmiste (TrofaĂŻ) en retournant 5 min : la pĂąte 'tofu' libĂšre ses arĂŽmes de fumĂ©e et de fruit cuit, l'huile rouge orangĂ© commence Ă se sĂ©parer. Ajouter ensuite la pĂąte de tomate, remuer 2 min. Les couleurs se confondent en rouge orangĂ© profond.
Verser 1,5 litre d'eau BOUILLANTE en pluie sur la pùte, louche par louche, en remuant énergiquement entre chaque ajout pour éviter les grumeaux. La sauce devient onctueuse rouge orangé. Ajouter les tomates concassées, le piment Scotch Bonnet entier, les feuilles de laurier, les cubes Maggi, le soumbala, le sel léger. Porter à frémissement, couvrir aux trois quarts.
Ajouter le poisson fumĂ© en morceaux et les aubergines africaines ENTIĂRES (juste piquĂ©es au couteau). Laisser mijoter Ă dĂ©couvert 30 min Ă feu moyen-doux. SANS REMUER en remuant juste de temps en temps avec une cuillĂšre en bois pour Ă©viter qu'attache. Au bout des 30 min : retirer dĂ©licatement les aubergines, les Ă©craser Ă la fourchette dans un bol, remettre la pulpe dans la sauce. Ajouter les gombos Ă©mincĂ©s (si utilisĂ©s) et les crabes (si utilisĂ©s).
Continuer la cuisson Ă DĂCOUVERT 30 min Ă feu doux pour Ă©vaporation et concentration. La sauce Ă©paissit. Indicateur de rĂ©ussite : l'huile rouge orangĂ© du palmiste 'monte' en surface en couche distincte de 0,5-1 cm â c'est le signe que la sauce graine est prĂȘte. GoĂ»ter, ajuster sel et piment. Retirer le piment Scotch Bonnet entier et les feuilles de laurier.
Pour un foutou simplifiĂ© : 500 g de banane plantain mĂ»re + 500 g d'igname (ou pomme de terre Ă dĂ©faut), pelĂ©es, coupĂ©es en morceaux. Cuire Ă l'eau bouillante salĂ©e 25 min jusqu'Ă tendretĂ© complĂšte. Ăgoutter. Piler IMMĂDIATEMENT Ă chaud au pilon en bois (ou robot puissant) jusqu'Ă pĂąte lisse, Ă©lastique, qui tient en boule. Si trop sec : 1 c.Ă .s. d'eau de cuisson. Façonner en boules de 100 g. RĂ©server au chaud sous torchon. Pour version simplissime : attiĂ©kĂ© rĂ©chauffĂ© Ă la vapeur (10 min).
boule de foutou + sauce graine en mer â Dans une grande assiette creuse : dĂ©poser 1-2 boules de foutou. Ă cĂŽtĂ© : 1-2 louches gĂ©nĂ©reuses de sauce graine avec viande, poisson fumĂ© et lĂ©gumes. PrĂ©sentation traditionnelle : la sauce DEBORDE et entoure la boule de foutou. Garnir d'un trait d'huile rouge en surface (pour les amateurs). Servir IMMĂDIATEMENT, trĂšs chaud. Ă table : on prend une bouchĂ©e de foutou avec les doigts, on la trempe dans la sauce, on porte Ă la bouche.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Sourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier Ă cuisiner cette recette.
Vous l'avez testée ? Notez-la et partagez votre version : vous aidez l'Atlas à grandir.