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Atlas Culinaire · Indonésie · Java
Le siomay de Bandung : quenelles de maquereau tenggiri et tapioca cuites vapeur, accompagnĂ©es de chou, pomme de terre, tofu, melon amer et Ćuf eux aussi vapeur, le tout noyĂ© d'une sauce cacahuĂšte chaude, kecap manis, sambal et citron vert â le shaomai chinois devenu halal sundanais
DU PORC AU POISSON : UNE ADAPTATION HALAL DEVENUE IDENTITĂ. (1) ORIGINE CHINOISE, RĂINVENTION SUNDANAISE. Le siomay descend du shaomai (çèłŁ) chinois, quenelle vapeur traditionnellement au porc apportĂ©e par les immigrants chinois dans l'archipel entre les XVIe et XIXe siĂšcles. L'IndonĂ©sie Ă©tant Ă majoritĂ© musulmane, la communautĂ© sino-indonĂ©sienne, particuliĂšrement Ă Bandung, a remplacĂ© le porc par du POISSON â le maquereau tenggiri (Spanish mackerel) â et ajoutĂ© des touches locales : sauce cacahuĂšte, lĂ©gumes vapeur, kecap manis. Le siomay bandung est ainsi un plat sino-indonĂ©sien pleinement intĂ©grĂ© Ă la cuisine sundanaise, dont la plupart des vendeurs sont aujourd'hui sundanais. (2) UN ASSORTIMENT, PAS SEULEMENT DES QUENELLES. Le « siomay » dĂ©signe tout un plateau vapeur : les quenelles de poisson, mais aussi du tofu farci (tahu), du chou roulĂ©, de la pomme de terre, du melon amer/pare (bitter gourd) et de l'Ćuf â tout cuit Ă la vapeur, dĂ©coupĂ© en bouchĂ©es et arrosĂ© de sauce cacahuĂšte. RĂ©duire le siomay aux seules boulettes est une vision incomplĂšte. (3) TENGGIRI NON NĂGOCIABLE POUR LE VRAI GOĂT. Le maquereau tenggiri donne la texture rebondissante (kenyal) et le goĂ»t marin caractĂ©ristiques ; cabillaud ou colin dĂ©pannent Ă l'Ă©tranger mais s'Ă©loignent du profil. Une variante FRITE, le batagor (baso tahu goreng), est nĂ©e Ă Bandung de la mĂȘme base. Acteurs et garants : communautĂ© sino-indonĂ©sienne de Bandung, vendeurs sundanais, place du siomay aux cĂŽtĂ©s du bakso et du lumpia dans le patrimoine sino-indonĂ©sien ; figures documentaires William Wongso et Petty Elliott.
Sauce cacahuÚte chaude versée généreusement, filet de kecap manis (soja sucré), sambal pour le piquant et trait de jus de citron vert (ou calamansi). Boisson : thé glacé sucré (es teh manis) ou eau. Le siomay se mange en street food, au goûter ou en repas léger ; c'est un grand classique des cours d'école indonésiennes, vendu par les marchands ambulants à vélo ou en kaki lima.
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Lever la chair de maquereau tenggiri sans peau ni arĂȘtes, bien l'essorer dans un linge (un poisson humide donne une pĂąte qui ne tient pas). Hacher finement au couteau ou passer briĂšvement au robot froid. RĂ©server au frais. La fraĂźcheur et la siccitĂ© de la chair conditionnent la texture rebondissante finale.
MĂ©langer la chair de poisson avec l'ail, la ciboule, le sel, le poivre, le sucre, le blanc d'Ćuf et l'huile de sĂ©same. Incorporer la fĂ©cule de tapioca progressivement, puis brasser Ă©nergiquement (Ă la main ou au robot) en ajoutant un peu d'eau glacĂ©e, jusqu'Ă obtenir une pĂąte COLLANTE et ĂLASTIQUE. Claquer la pĂąte plusieurs fois dans le bol pour dĂ©velopper son Ă©lasticitĂ© : c'est ce qui donne la texture kenyal rebondissante.
Fendre les tofu et les farcir de pĂąte. Ăvider le melon amer (pare) lĂ©gĂšrement blanchi et le farcir. Ătaler de la pĂąte sur les feuilles de chou et les rouler. Former le reste en quenelles/boulettes (siomay) Ă la cuillĂšre ou façonnĂ©es main. On utilise UNE seule pĂąte pour tout l'assortiment, signature du siomay de Bandung.
Disposer quenelles, tofu farcis, rouleaux de chou, melon amer farci, pommes de terre et Ćufs dans un cuit-vapeur sans les serrer. Cuire Ă la vapeur vive 20-25 minutes jusqu'Ă ce que les quenelles soient fermes et cuites Ă cĆur. Ne pas surcharger le panier : les piĂšces ont besoin d'espace pour cuire uniformĂ©ment. Tout est cuit VAPEUR (le frit serait du batagor).
Piler ou mixer les cacahuÚtes frites avec l'ail et les piments. Verser dans une casserole, ajouter le sucre de palme, le tamarin, le sel et l'eau chaude. Faire chauffer en remuant jusqu'à obtenir une sauce épaisse mais nappante et fluide. Goûter et équilibrer sucré-acide-salé-pimenté. Garder au chaud : la sauce se sert chaude sur le siomay.
Sortir l'assortiment du cuit-vapeur. DĂ©couper les quenelles, le tofu, le chou roulĂ©, les pommes de terre, le melon amer et les Ćufs en bouchĂ©es dans l'assiette ou le bol. Napper gĂ©nĂ©reusement de sauce cacahuĂšte chaude. Le siomay doit baigner dans la sauce nutty et chaude.
Arroser d'un filet de kecap manis (soja sucré), ajouter une pointe de sambal pour le piquant, et presser un quartier de citron vert (ou calamansi) par-dessus. Cet assaisonnement final donne l'équilibre nutty-sucré-acide-pimenté caractéristique du siomay bandung. Servir immédiatement, bien chaud.
Le siomay bandung se déguste immédiatement, en street food, au goûter ou en repas léger. C'est un grand classique des cours d'école et des marchands ambulants (à vélo, en kaki lima) de Bandung et de toute l'Indonésie. à distinguer de sa version frite, le batagor. Chacun ajuste sambal et citron à sa convenance.
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