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Atlas Culinaire · Brésil · Amériques
La 'soupe' qui se dĂ©coupe au couteau â gĂąteau salĂ© dorĂ© de maĂŻs, fromage frais et oignon, paradoxe culinaire guarani-paraguayen devenu signature du lanche sul-mato-grossense, nĂ© (dit la lĂ©gende) d'un excĂšs de farine de maĂŻs dans la soupe d'un prĂ©sident paraguayen
La Sopa Paraguaia cristallise QUATRE controverses. UNE 'SOUPE' QUI EST UN GĂTEAU â paradoxe assumĂ© : malgrĂ© son nom, ce n'est PAS une soupe mais un bolo salgado de maĂŻs cuit au four et dĂ©coupĂ© en parts (Wikipedia, Correio Braziliense, TudoGostoso) ; le terme 'sopa' relĂšverait d'un autre sens dans le contexte guarani liĂ© Ă la prĂ©paration cuite au four. LĂGENDES D'ORIGINE CONCURRENTES â deux rĂ©cits dominent : (1) un cuisinier paraguayen aurait, entre 1841 et 1862, ajoutĂ© trop de farine de maĂŻs Ă la 'sopa branca'/Tykueti et dĂ©cidĂ© de la cuire au four, le prĂ©sident Carlos Antonio LĂłpez approuvant la nouvelle texture et la baptisant 'sopa paraguaia' (Correio Braziliense, RCN67) ; (2) une version situe l'invention pendant la Guerre du Paraguai sous Solano LĂłpez, cherchant un mets transportable au front. RACINES GUARANI VS HĂRITAGE ESPAGNOL â pour Wikipedia, l'ancĂȘtre est le 'mbujapĂ©' guarani (pain de farine de maĂŻs ou d'amidon de manioc + graisse animale documentĂ© par Ulrich Schmidl), 'abrasileirĂ©'/hispanisĂ© par l'apport europĂ©en (fromage, lait, Ćufs, oignon aprĂšs l'introduction du bĂ©tail en 1556) ; d'autres y voient une dĂ©rivation de l'ensopado espagnol (pain trempĂ©) adaptĂ© au maĂŻs faute de blĂ© (RCN67). FUBĂ VS CANJICA/MILHO VERDE â dĂ©bat de texture : certaines Ă©coles partent de fubĂĄ/farinha de milho sec, d'autres de maĂŻs vert frais mixĂ© (milho verde) pour une mie plus humide. Acteurs : tradition guarani-paraguayenne, frontiĂšre du Mato Grosso do Sul, prĂ©sident Carlos Antonio LĂłpez. URL adossĂ©e : https://en.wikipedia.org/wiki/Sopa_paraguaya
La Sopa Paraguaia se sert tiĂšde ou Ă tempĂ©rature ambiante, en parts gĂ©nĂ©reuses, comme plat du lanche da tarde (goĂ»ter/repas lĂ©ger de l'aprĂšs-midi) â c'est le mets salĂ© phare de ce moment dans le Mato Grosso do Sul. Elle accompagne aussi le dĂ©jeuner ou un asado/churrasco comme fĂ©culent salĂ©. Accord traditionnel frontalier : tererĂ© (yerba matĂ© glacĂ©e, boisson-rituel partagĂ©e du Mato Grosso do Sul et du Paraguai) ou mate chaud â l'accord le plus identitaire. Variante non-alcoolisĂ©e signature (dĂ©jĂ couverte par le tererĂ© et le mate) : un cafĂ© com leite pour le goĂ»ter, ou un suco de maracujĂĄ frais. Pour un repas, une biĂšre brĂ©silienne lĂ©gĂšre et glacĂ©e. ĂVITER les vins puissants (le plat est rustique et lactĂ©). DĂ©licieuse aussi en accompagnement d'un puchero ou d'un ragoĂ»t de la rĂ©gion.
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Hacher finement 2 gros oignons. Dans une poĂȘle, faire fondre 80 g de banha (saindoux) ou de beurre, puis faire suer les oignons LONGUEMENT Ă feu doux (5-7 min) jusqu'Ă transparence totale et douceur, sans coloration forte. C'est l'aromate central de la sopa paraguaia : un oignon mal cuit rend la mie agressive et humide. RĂ©server avec tout le gras de cuisson.
ĂCOLE FUBĂ : peser 300 g de fubĂĄ/farinha de milho. ĂCOLE MILHO VERDE (plus moelleuse) : mixer grossiĂšrement 200 g de grains de maĂŻs frais (ou conserve Ă©gouttĂ©e) et rĂ©duire le fubĂĄ Ă â 200 g. On peut combiner les deux pour croĂ»te dorĂ©e + mie humide. PrĂ©chauffer le four Ă 180°C. Beurrer un moule rectangulaire ou rond et le fariner au fubĂĄ (hauteur de pĂąte visĂ©e 4-5 cm).
Dans un grand saladier, battre 5 Ćufs. Ajouter 300 g de fromage frais salĂ© Ă©miettĂ© (queijo fresco/paraguai/minas frescal) et 250 mL de lait entier. Bien mĂ©langer. Si version aĂ©rĂ©e, incorporer 1 c.Ă .c. de levure chimique. Saler avec MESURE (le fromage sale dĂ©jĂ ). C'est la liaison lactĂ©e qui donne la texture cornbread moelleuse.
Incorporer progressivement le fubĂĄ (et/ou le milho verde mixĂ©) Ă l'appareil Ćufs-fromage-lait en mĂ©langeant pour Ă©viter les grumeaux. Ajouter ensuite l'oignon fondu avec TOUT son gras de cuisson. MĂ©langer jusqu'Ă une pĂąte Ă©paisse mais encore coulante (consistance entre pĂąte Ă cake et appareil Ă clafoutis). Ajuster : trop Ă©paisse = un filet de lait ; trop liquide = un peu de fubĂĄ.
Verser la pùte dans le moule beurré-fariné, lisser le dessus. Enfourner à 180°C pendant 40-45 minutes, jusqu'à ce que le dessus soit BIEN DORà et qu'un cure-dent planté au centre ressorte propre. Si le dessus dore trop vite, couvrir d'aluminium aux 30 min. La croûte dorée et la mie prise sont les marqueurs de cuisson.
Sortir du four et laisser TIĂDIR dans le moule 15-20 minutes avant de dĂ©mouler/dĂ©couper. C'est une Ă©tape clĂ© : chaude, la sopa paraguaia s'effrite et colle ; tiĂšde, elle se raffermit et se dĂ©coupe en parts nettes qui se tiennent. La mie finit de prendre en refroidissant lĂ©gĂšrement.
DĂ©mouler dĂ©licatement (ou dĂ©couper dans le moule). Couper en carrĂ©s ou en parts gĂ©nĂ©reuses au couteau â voilĂ pourquoi cette 'soupe' se mange Ă la fourchette ou Ă la main, pas Ă la cuillĂšre. La tranche rĂ©vĂšle une croĂ»te dorĂ©e, une mie moelleuse humide piquetĂ©e de fromage et d'oignon, couleur jaune maĂŻs.
Servir tiÚde ou à température ambiante, en parts, comme mets salé phare du lanche da tarde sul-mato-grossense, accompagné OBLIGATOIREMENT de tereré (yerba maté glacée partagée) ou de mate chaud. En repas, servir en accompagnement d'un churrasco/asado ou d'un ragoût. Se conserve bien et se réchauffe légÚrement au four. Plat de partage et de convivialité frontaliÚre.
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