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Atlas Culinaire · Bonaire · Amériques
La soupe-réconfort des îles ABC — haricots rouges fondants, bœuf salé et queue de porc fumée mijotés en une soupe épaisse et légèrement sucrée, servie sur un lit de riz
La **sòpi di bonchi kòrá** (papiamentu : « soupe de haricots rouges ») est, selon antilliaans-eten.nl, « le comfort food ultime des Antillais » — populaire sur les trois îles ABC (Aruba, Bonaire, Curaçao). Plusieurs points la distinguent et divisent les familles. **Premier point tranché par le chef Jurino Ignacio** (*De Complete Antilliaanse Keuken*, ISBN 9789082438246) et antilliaans-eten.nl : les viandes salées sont la signature — **bœuf salé (karni salu) et queue de porc fumée (rabu di porko)** trempés une nuit pour les dessaler, puis mijotés pour parfumer le bouillon ; la queue de porc reste « optionnelle » mais traditionnelle. **Deuxième point, le sucre** : la soupe est « légèrement sucrée grâce à l'ajout de sucre » (1 c.à.s. de sucre cristal) — un trait caractéristique antillais qui surprend les non-initiés mais qui équilibre le salé des viandes. **Troisième point, la cannelle** : certaines versions (deliciouscaribbean.com, boondockingrecipes) ajoutent un bâton de cannelle et de la muscade en cours de cuisson, alors que la recette d'Ignacio sur antilliaans-eten.nl ne la met qu'en garniture finale — la cannelle dans le corps de la soupe divise donc les cuisiniers. **Quatrième point, le service** : la soupe se sert traditionnellement « dans un bol avec un peu de riz cuit ajouté », et antilliaans-eten.nl rappelle une vieille tradition — « ce repas se cuisinait le lundi, pour qu'il y ait de quoi manger le reste de la semaine », la soupe épaississant en refroidissant grâce aux haricots qui se délitent. C'est une soupe-repas complète, pas une entrée.
Awa di lamunchi (limonade citron vert) — Amstel Bright — eau fraîche ; la soupe se suffit à elle-même comme plat unique
La **sòpi di bonchi kòrá** est, selon antilliaans-eten.nl, « le comfort food ultime des Antillais » — soupe-repas populaire sur les trois îles ABC, Bonaire compris. À Bonaire, elle fait partie de la grande famille des **sopi** (soupes) que l'office du tourisme InfoBonaire (infobonaire.com) classe parmi les piliers de la kuminda kriyòyo, aux côtés des stoba (mijotés) et des plats hasá (frits). Plat domestique et nourrissant, lié à une vieille tradition de cuisine du lundi — « on la cuisinait le lundi pour avoir de quoi manger le reste de la semaine ». Servie dans les warungs et les cuisines familiales, c'est le réconfort des journées de travail. Note 8/10 — moins iconique touristique que le kabritu stoba, mais profondément ancrée dans le quotidien bonarien.
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La veille, mettre les haricots rouges secs à tremper dans un grand volume d'eau froide, ils doubleront de taille. Dans des récipients séparés, mettre le bœuf salé et la queue de porc fumée à tremper toute la nuit dans beaucoup d'eau pour les dessaler. Cette étape est NON négociable : sans dessalage, la soupe serait immangeable de sel. Le lendemain, égoutter les haricots et jeter l'eau de trempage des viandes.
Couper le bœuf salé et la queue de porc en petits morceaux. Les mettre dans une grande marmite avec de l'eau fraîche et l'ail haché, porter à ébullition puis baisser et laisser mijoter environ 60 minutes jusqu'à ce que les viandes soient presque tendres. Écumer la surface. Goûter le bouillon : s'il est encore trop salé, remplacer une partie de l'eau par de l'eau fraîche. Retirer les viandes et les réserver, en gardant le bouillon.
Ajouter les haricots rouges égouttés dans le bouillon de viande. Si on aime la cannelle en corps de soupe, ajouter le bâton à ce stade. Porter à ébullition puis cuire à découvert environ 45 minutes à feu moyen, jusqu'à ce que les haricots commencent à devenir tendres. Compléter avec de l'eau chaude si le niveau baisse trop — les haricots doivent toujours être couverts de liquide.
Remettre les viandes réservées dans la marmite. Ajouter l'oignon haché, le céleri, la carotte, la tomate en dés et la saucisse fumée tranchée si on en met. Mélanger et poursuivre la cuisson à feu doux 30 à 40 minutes, jusqu'à ce que les haricots soient complètement fondants et commencent à se déliter, ce qui épaissit naturellement la soupe. C'est cette texture épaisse qui définit la sòpi di bonchi.
En fin de cuisson, ajouter la cuillère à soupe de sucre cristal — la signature antillaise qui arrondit le salé — et la noix de beurre pour lier et lustrer le bouillon. Goûter ENFIN et rectifier en sel seulement maintenant, en sachant que les viandes en ont déjà apporté. La soupe doit être épaisse, savoureuse, équilibrée entre le salé des viandes et la pointe sucrée. Retirer le bâton de cannelle s'il a cuit dedans.
Couper le feu et laisser la soupe reposer 10 à 15 minutes hors du feu : les haricots continuent d'absorber le liquide et la soupe épaissit encore. C'est la raison de la vieille tradition antillaise de la cuisiner le lundi pour la semaine — elle est meilleure réchauffée le lendemain, une fois bien liée. Réchauffer doucement si besoin en ajoutant un filet d'eau si elle a trop épaissi.
Déposer une portion de riz blanc cuit au fond de chaque bol et verser la soupe chaude par-dessus — c'est le service traditionnel des îles ABC qui fait de la sòpi di bonchi un plat-repas complet. Râper une pincée de muscade et saupoudrer un peu de cannelle moulue à la surface pour le parfum. Servir bien chaud, avec du pain ou du johnny cake à côté pour saucer.
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Sourcer ou se taire
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