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Atlas Culinaire · Jamaïque · Amériques
Le jus de corossol jamaïcain : la chair blanche et parfumée du fruit malaxée à la main pour libérer sa pulpe sans jamais broyer les graines, puis allongée de lait et de lait concentré, poudrée de muscade et parfumée de vanille — une boisson crémeuse au goût étonnant, entre fraise, ananas et agrume.
Sur les étals des marchés jamaïcains, le corossol se reconnaît de loin : un gros fruit vert hérissé de piquants souples, lourd dans la main, à la chair d'un blanc laiteux qui embaume dès qu'on l'ouvre. Botaniquement, c'est l'Annona muricata, cousin de la pomme-cannelle, originaire du Mexique, d'Amérique centrale et des basses terres tropicales d'Amérique du Sud, acclimaté depuis longtemps dans toutes les Caraïbes. En Jamaïque, on le presse en une boisson que beaucoup de familles préparent le dimanche, comme un petit rituel de fin de semaine.
Le corossol suscite plusieurs débats.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Choisir un fruit bien mûr, qui cède sous une légère pression. Le couper en deux, retirer la peau verte hérissée et prélever la chair blanche. Déposer la chair dans un grand saladier et couvrir d'eau fraîche.
Le pourquoiUn corossol mûr a une chair fondante qui se délite dans l'eau : les fibres se relâchent et la pulpe se sépare facilement des graines, sans forcer. Un fruit ferme reste acide et rétif.
Malaxer la chair à pleines mains dans l'eau pour la défaire et faire remonter les graines noires. Les retirer et les jeter au fur et à mesure. Poursuivre jusqu'à ne garder que pulpe et jus, sans une seule graine.
Le pourquoiLes graines du corossol sont toxiques : le malaxage à la main les libère intactes, alors qu'un blender les broierait et disperserait leurs composés dans le jus. Le geste manuel n'est pas folklorique, il est de sécurité.
Verser le mélange dans un tamis fin ou une étamine posée sur un saladier propre. Presser et racler pour extraire le maximum de jus et de pulpe fine, en retenant les fibres et toute graine oubliée.
Le pourquoiLe tamisage retient les filaments qui rendent la boisson râpeuse et sert de dernier filet de sécurité contre une graine échappée. On garde le velouté, on jette le grossier.
Version crémeuse : incorporer au jus le lait concentré sucré, le lait évaporé, une râpée de muscade et un trait de vanille ; mélanger. Version claire : allonger d'eau, ajouter du jus de citron vert et un peu de sucre. Goûter et ajuster.
Le pourquoiLe lait concentré apporte à la fois le sucre et le gras qui arrondissent l'acidité du corossol ; la muscade et la vanille prolongent son parfum floral. Dans la version claire, le citron vert relève la fraîcheur sans masquer le fruit.
Réfrigérer, puis servir très froid sur glaçons, coiffé d'une pincée de muscade fraîchement râpée. Consommer le jour même.
Le pourquoiLe froid resserre les arômes et masque la légère amertume qui pointe si le jus attend ; le corossol s'oxyde et brunit vite, son parfum délicat se ternit en quelques heures.
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Cousin lointain au sein de la famille des boissons caribéennes à base de fruits tropicaux : le planteur mêle jus de fruits et rhum là où le corossol reste un jus de fruit lacté. Même culture de la boisson fruitée, deux registres (alcoolisé / non alcoolisé).
Voir la recette →CousineAutre pilier du répertoire des boissons caribéennes, à base de rhum et de citron vert. Le lien est celui de la table antillaise plutôt que de la recette : parenté d'usage et de terroir, pas de technique.
Voir la recette →Sous d'autres drapeaux hispanophones des Caraïbes, la même boisson existe : la chair de corossol (guanábana) battue avec du lait et du sucre, parfois glacée. C'est le jus de corossol crémeux jamaïcain sous un autre nom.
Pas encore dans l'AtlasDans les Antilles françaises, le corossol se presse exactement de la même façon, souvent avec lait concentré, muscade et vanille ou citron vert : c'est le même plat sous drapeau français, d'où le nom déjà bilingue de la fiche.
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