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Atlas Culinaire · Paraguay · Amériques
La soupe-mĂšre paraguayenne au bĆuf hachĂ©-pilĂ© au mortier façon guarani â sofrito de tomate-locote-oignon, grain de riz pour la liaison, persil frais en finition â servie avec tortillas paraguayennes ou chipa guazu pour saucer le bouillon
Le **Soyo** est-il une **SOUPE PILĂE AU MORTIER** ou une **SOUPE DE VIANDE COUPĂE AU COUTEAU** ? RĂ©ponse documentĂ©e. ĂTYMOLOGIE : 'soyo' est l'apocope guarani de **so'o josopy** â *so'o* = 'viande', *josopy* (de *josopyrĂ©*) = 'Ă©crasĂ©/pilĂ©' â c'est-Ă -dire littĂ©ralement 'soupe de viande pilĂ©e'. PremiĂšre controverse : **PILER AU MORTIER OU HACHER AU COUTEAU** ? La tradition rurale guarani impose le **MORTIER (angu'a)** â la viande est pilĂ©e jusqu'Ă pĂąte filamenteuse, parfois mĂ©langĂ©e au riz cru avant pilage (mĂ©thode 196 Flavors). En ville aujourd'hui, beaucoup de cuisiniĂšres paraguayennes hachent finement au couteau bien aiguisĂ© puis terminent au mortier ou la massent Ă la main 5 min â rĂ©sultat Ă©quivalent (mĂ©thode comidasparaguayas.com, recetasparaguay.com). DeuxiĂšme controverse : **VIANDE HACHĂE INDUSTRIELLE INTERDITE** â le soyo authentique exige la viande coupĂ©e/pilĂ©e minute, fibres longues qui se dĂ©litent dans le bouillon ; la viande hachĂ©e mĂ©canique donne un soyo granuleux qui ne lie pas. TroisiĂšme controverse : **SO'O JOSOPY vs SO'O JOSOPY ITA'Y** â quand la viande n'est pas pilĂ©e mais coupĂ©e en petits morceaux et bouillie tels quels, on parle de **so'o josopy ita'y** (litt. 'soupe caillĂ©e') â c'est une variante reconnue, pas le soyo canonique. QuatriĂšme controverse : **ORIGINE POST-GUERRE DE LA TRIPLE ALLIANCE** (1864-1870) â le soyo s'est ancrĂ© dans la culture culinaire paraguayenne **APRĂS** la guerre catastrophique contre Argentine/BrĂ©sil/Uruguay, pĂ©riode de pĂ©nurie oĂč le mortier permettait d'Ă©tirer une portion de bĆuf maigre en repas familial complet (4-6 personnes pour 500 g de viande). CinquiĂšme controverse : **LE GRAIN DE RIZ â 1 c.Ă .s. PAS PLUS** â le riz n'est pas un fĂ©culent dominant, il sert d'**agent de liaison** par libĂ©ration d'amidon : la pratique paysanne prĂ©cise 'una cucharada de arroz por medio kilo de carne' â au-delĂ , ce n'est plus un soyo mais une bouillie. SixiĂšme controverse : **TORTILLAS PARAGUAYENNES OBLIGATOIRES** â le soyo se mange avec des *tortillitas paraguayas* (galettes frites de farine de maĂŻs ou blĂ©) ou du *chipa guazu* (gratin de maĂŻs frais), JAMAIS du pain ordinaire â c'est la trempette qui fait le rite, et la chaleur du chipa guazu rĂ©chauffe la cuillĂšre.
BiĂšre paraguayenne Pilsen ou Brahma chopp â chicha de maĂz tradicionnelle (boisson fermentĂ©e de maĂŻs guarani) â Mate cocido (infusion locale) en accompagnement non-alcoolisĂ© â alternative : tererĂ© aux herbes pour les chaudes journĂ©es d'asunciĂłn
Plat-pilier de la cuisine criolla paraguayenne, prĂ©sent dans toutes les familles guaranĂ et mĂ©tisses du pays. Repas du quotidien et du dimanche en milieu rural, soupe d'hiver dans les hauts plateaux et l'Alto ParanĂĄ. PrĂ©sent dans les fondas (gargotes populaires), les comedores de marchĂ©, les cantines scolaires d'AsunciĂłn, EncarnaciĂłn, Ciudad del Este. Diaspora paraguayenne en Argentine (Buenos Aires, Misiones) et au BrĂ©sil (Mato Grosso do Sul) maintient le rite. RĂ©putation d'aliment rĂ©confortant, Ă©conomique, qui 'lĂšve les forces' â hĂ©ritage de la mĂ©moire de pĂ©nurie post-Guerre de la Triple Alliance.
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Nettoyer le bĆuf, retirer l'excĂšs de gras et les nerfs. Couper en trĂšs petits dĂ©s Ă la pointe du couteau bien aiguisĂ© jusqu'Ă texture proche de la viande hachĂ©e fine. TransfĂ©rer dans un mortier (angu'a) avec le riz cru et 1 c.Ă .c. de sel. Piler ensemble jusqu'Ă pĂąte filamenteuse compacte. Si pas de mortier, malaxer fortement Ă la main 5-7 min â l'amidon du riz se dĂ©veloppe.
Verser la pĂąte de viande+riz dans un grand bol. Ajouter 500 ml d'eau froide. Travailler Ă la main ou Ă la cuillĂšre en bois jusqu'Ă mĂ©lange homogĂšne â la pĂąte se dĂ©lite, le bouillon prend une couleur rosĂ© pĂąle. RĂ©server Ă tempĂ©rature ambiante pendant la prĂ©paration du sofrito.
Dans une grande cocotte, chauffer l'huile (ou saindoux) Ă feu moyen. Ajouter l'oignon en cubes, le locote (ou poivron vert) en cubes et l'ail Ă©mincĂ©. Faire revenir 5-7 min en remuant â l'oignon devient translucide, le locote ramollit, l'ensemble parfume.
Couper les tomates en deux, rĂąper la chair sur la grosse rĂąpe (technique paraguayenne â la peau reste dans la main). Ajouter la pulpe rĂąpĂ©e Ă la cocotte avec la carotte en cubes, le laurier, l'origan, le cumin, le poivre. Remuer et faire suer 5 min â la sauce Ă©paissit lĂ©gĂšrement.
Verser l'eau chaude (1 litre) dans la cocotte, monter à frémissement. Incorporer la pùte de viande+riz hydratée en remuant constamment à la cuillÚre en bois. La pùte se disperse, le bouillon prend une couleur ambrée. Continuer à remuer 2-3 min pour éviter que la viande ne fasse des grumeaux.
Baisser le feu, laisser mijoter doucement 15-20 min en remuant rĂ©guliĂšrement. La consistance doit ĂȘtre semi-liquide â entre soupe et veloutĂ©. Si trop Ă©pais, ajouter 200-300 ml d'eau chaude (jamais froide). GoĂ»ter, rectifier le sel.
ĂTEINDRE LE FEU. Ajouter le persil frais hachĂ© et la moitiĂ© de la ciboule, mĂ©langer une derniĂšre fois. Laisser reposer 2 min â les arĂŽmes infusent.
Servir le soyo bien chaud dans des bols larges. Saupoudrer le reste de ciboule fraĂźche au-dessus. Accompagner OBLIGATOIREMENT de tortillas paraguayennes chaudes ou de chipa guazu â pour saucer le bouillon. Ă dĂ©guster Ă la cuillĂšre en alternant avec les morceaux de tortilla trempĂ©s.
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