vers 3 000 av. J.-C.
Culture du manioc par les peuples guaranis
Les peuples tupi-guaranis, Ă©tablis dans le bassin du RĂo de la Plata et de la forĂȘt atlantique, cultivent le manioc (Manihot esculenta) depuis plusieurs millĂ©naires avant notre Ăšre. Des donnĂ©es archĂ©obotaniques et linguistiques attestent que le manioc constitue la base alimentaire de ces sociĂ©tĂ©s, transformĂ© en farine, en boissons fermentĂ©es (chicha de mandioca) et en galettes cuites sur pierre. Cette relation fondatrice entre le peuple guarani et le manioc façonne encore aujourd'hui toute la gastronomie paraguayenne.
1537
Fondation d'Asunción, naissance de la cuisine métisse
La fondation d'AsunciĂłn par les conquistadors espagnols le 15 aoĂ»t 1537 marque le dĂ©but d'un mĂ©tissage culinaire profond entre les traditions guaranies et les apports europĂ©ens. Les Espagnols introduisent le bĆuf, le porc, le fromage, le blĂ© et les techniques de cuisson au four, qui se mĂȘlent aux prĂ©parations Ă base de manioc, de maĂŻs et de gibier local. Cette rencontre est Ă l'origine des plats hybrides qui dĂ©finissent encore aujourd'hui le patrimoine gastronomique national.
1609
Les Jésuites organisent la culture du maté
à partir de 1609, les missions jésuites (reducciones) établies au Paraguay développent une culture organisée et extensive de l'Ilex paraguariensis, la plante du maté, jusqu'alors consommée à l'état sauvage par les Guaranis. Les Jésuites domestiquent la plante, rationalisent sa récolte et sa transformation, et contribuent à diffuser sa consommation à travers tout le cÎne sud-américain. Cette période est fondatrice pour l'économie et la culture alimentaire du Paraguay moderne.
vers 1845
Invention de la sopa paraguaya, plat national
La tradition orale et plusieurs historiens paraguayens situent l'invention de la sopa paraguaya autour du milieu du XIXe siĂšcle, Ă l'Ă©poque du prĂ©sident Carlos Antonio LĂłpez. Selon la lĂ©gende la mieux documentĂ©e, une cuisiniĂšre de l'entourage prĂ©sidentiel aurait accidentellement ajoutĂ© trop de farine Ă une soupe de maĂŻs, obtenant ainsi une prĂ©paration solide cuite au four. Rapidement adoptĂ©e comme plat de fĂȘte et de quotidien, la sopa paraguaya devient le symbole culinaire de l'identitĂ© nationale.
2020
Le tereré classé patrimoine immatériel de l'UNESCO
En décembre 2020, l'UNESCO inscrit le 'Ritual y pråcticas tradicionales del tereré en la cultura del pohã ñana' (le tereré et ses pratiques de médecine herboriste) sur la Liste représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l'Humanité. Cette reconnaissance internationale consacre le rÎle central du tereré comme vecteur de lien social, de savoir ethnobotanique et d'identité culturelle paraguayenne. L'inscription souligne également la transmission intergénérationnelle des connaissances sur les plantes médicinales utilisées dans sa préparation.